L'éfrit est une puissante catégorie de djinns dans la tradition islamique, créée de feu sans fumée. Réputé pour sa ruse et sa dangerosité, il apparaît dans le Coran et les Mille et Une Nuits. Ces êtres surnaturels occupent une place centrale dans le folklore et la cosmologie musulmane médiévale.
Ifrit
Éfrit
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Mentionné dans le Coran (sourate An-Naml, verset 39) : un éfrit propose à Salomon de lui apporter le trône de la reine de Saba.
- Dans la tradition islamique, les djinns sont créés de feu sans fumée, contrairement aux humains (argile) et aux anges (lumière).
- Les éfrits sont décrits comme la classe la plus puissante et la plus malveillante des djinns dans le folklore islamique.
- Ils apparaissent abondamment dans Les Mille et Une Nuits (compilées entre le VIIIe et le XIVe siècle), souvent comme antagonistes redoutables.
- La croyance aux djinns et éfrits est théologiquement reconnue en islam, distinguant êtres visibles (humains) et invisibles (djinns, anges, démons).
Œuvres & réalisations
Texte fondateur qui mentionne explicitement les éfrits et les djinns comme créatures réelles. Ces passages constituent la source primaire de toute théologie islamique concernant les êtres de feu.
Première encyclopédie savante arabe à tenter une classification philosophique des êtres vivants, incluant les djinns et éfrits dans un cadre aristotélicien adapté au contexte islamique.
Corpus littéraire majeur qui popularise les éfrits dans la culture mondiale ; des dizaines de récits mettent en scène ces êtres de feu aux pouvoirs extraordinaires, entre menace et merveilleux.
Grande encyclopédie géographique et historique du monde islamique médiéval, qui intègre les éfrits dans une cosmologie comparée reliant traditions arabe, perse et grecque.
Somme mystique soufie qui offre une lecture ésotérique des éfrits comme forces spirituelles intermédiaires ; influence durable sur la mystique islamique orientale et occidentale.
Traité théologique affirmant la réalité des djinns et éfrits, distinguant ceux qui obéissent à la loi islamique de ceux qui s'y opposent ; référence normative dans le sunnisme médiéval.
Anecdotes
Dans la sourate An-Naml du Coran (verset 39), un éfrit propose au prophète Salomon (Sulayman) de lui apporter le trône de Bilqîs, la reine de Saba, avant même qu'il se lève de sa place. Cet épisode illustre la puissance extraordinaire prêtée à ces êtres, capables d'accomplir en un instant des tâches impossibles pour les humains.
Selon la cosmologie islamique médiévale, les djinns — dont les éfrits sont la classe la plus redoutable — ont été créés de 'feu sans fumée' (nâr al-samûm), tandis que les anges étaient faits de lumière et les humains d'argile. Cette hiérarchie des créatures est exposée dans plusieurs hadiths et commentaires coraniques et structura profondément la pensée théologique médiévale.
Dans les Mille et Une Nuits, l'histoire du 'Pêcheur et du Génie' met en scène un éfrit emprisonné dans une jarre de cuivre scellée du sceau de Salomon. Enfermé depuis des siècles, il avait d'abord promis des trésors à qui le libérerait, puis, rongé par la colère, avait résolu de tuer son libérateur — avant d'être finalement vaincu par la ruse du pêcheur.
Le théologien et philosophe Al-Jahiz (776–869), dans son encyclopédie Kitâb al-Hayawân, consacre plusieurs passages aux djinns et éfrits, tentant de réconcilier leurs descriptions coraniques avec la philosophie naturelle grecque. Il les classe parmi les êtres de feu doués de raison, distincts des animaux et des hommes, ce qui reflète l'intérêt savant du monde abbasside pour ces entités.
Le terme 'éfrit' finit par désigner, dans l'usage populaire médiéval, tout être particulièrement rusé ou malveillant, humain ou non. Des chroniqueurs comme Al-Masudi rapportent que l'expression 'c'est un éfrit' était utilisée pour décrire un homme d'une habileté ou d'une malignité extraordinaire, témoignant de l'ancrage profond de ces créatures dans l'imaginaire quotidien.
Sources primaires
Un éfrit parmi les djinns dit : 'Moi, je t'apporterai son trône avant que tu te lèves de ta place. Je suis certes fort et digne de confiance pour cela.'
Dis : 'Il m'a été révélé qu'un groupe de djinns a écouté [le Coran] et a dit : Nous avons entendu une récitation merveilleuse qui guide vers la droiture.'
Les djinns sont des êtres de feu aérien dotés d'intelligence et de volonté ; les plus puissants d'entre eux, les éfrits, peuvent revêtir toutes formes et traverser les espaces en un clin d'œil.
Il y avait dans la jarre un génie de la race des éfrits rebelles, que le roi Salomon, fils de David, avait enfermé là pour avoir refusé de se soumettre à ses ordres.
Les Arabes classent parmi les éfrits ceux des djinns qui ont choisi la rébellion et l'orgueil, refusant de se soumettre ni à Dieu ni aux prophètes ; leur puissance surpasse celle de tous les autres djinns.
Lieux clés
Berceau de l'islam et lieu où furent révélées les premières mentions des djinns dans le Coran. Les éfrits s'inscrivent dans la cosmologie islamique née dans ce contexte arabique pré-médiéval.
Capitale du califat abbasside et centre de la culture savante médiévale où les récits des Mille et Une Nuits se développèrent ; les histoires d'éfrits y furent collectées, enrichies et mises par écrit.
Région associée à la reine de Saba (Bilqis) dont le trône fut offert à Salomon par un éfrit selon le Coran. Ce lieu ancre la figure de l'éfrit dans une géographie réelle et un épisode scripturaire précis.
Principal centre de transmission et de copie des manuscrits des Mille et Une Nuits à partir du XIIIe siècle ; c'est là que le corpus fut largement enrichi de récits d'éfrits marins et urbains.
Foyer de la tradition théologique sunnite où Ibn Taymiyya rédige ses traités sur les djinns et éfrits, cherchant à encadrer la croyance populaire dans un cadre orthodoxe.
Objets typiques

Récipient traditionnel servant à emprisonner les éfrits rebelles, scellé du sceau de Salomon. Dans les Mille et Une Nuits, cette jarre symbolise à la fois la puissance du prophète et la menace que représente l'éfrit enchaîné.

Anneau magique gravé du nom de Dieu, attribué au prophète Salomon, seul capable de soumettre les éfrits et les djinns les plus puissants. Sa possession confère une autorité absolue sur les êtres de feu.

Symbole de la matière dont sont faits les éfrits selon le Coran — le 'feu sans fumée' (nâr al-samûm). Les miniaturistes médiévaux représentaient souvent les éfrits entourés de braises rougeoyantes.

Objet fréquemment associé aux djinns et éfrits dans la littérature médiévale arabe, servant de demeure ou de prison ; la lampe d'Aladin, bien que tardive, s'inscrit dans cette tradition séculaire.

Texte magique utilisé par les sorciers et magiciens médiévaux pour tenter d'invoquer ou de contrôler les éfrits. Ces talismans combinaient versets coraniques et formules ésotériques héritées des traditions pré-islamiques.

Forme que prend l'éfrit pour se manifester aux humains selon de nombreux récits médiévaux. Cette apparition spectaculaire traduisait la nature ignée de l'être et sa capacité à se transformer à volonté.

Dans le Coran, l'éfrit propose à Salomon de transporter instantanément ce trône monumental depuis le Yémen jusqu'en Palestine, illustrant concrètement la puissance surnaturelle de ces êtres.
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Vie quotidienne
Matin
L'éfrit, être non soumis au cycle solaire humain, passe les heures diurnes dans les lieux désertés par les hommes : ruines, grottes profondes, fonds marins ou espaces interstitiels entre le monde visible et invisible. Selon la tradition, les djinns se retirent à l'aube dans leurs demeures propres, situées dans les lieux sauvages et impurs.
Après-midi
Selon les récits médiévaux, les éfrits peuvent traverser d'immenses distances en un instant grâce à leur nature ignée. Ils observent le monde humain, parfois invisibles, parfois déguisés en animaux ou en humains, toujours guidés par leur ruse et leur volonté propre — qu'elle soit bienveillante envers leurs alliés ou hostile envers leurs ennemis.
Soir
C'est à la tombée de la nuit que les éfrits sont supposés être les plus actifs et dangereux, selon le folklore islamique médiéval. Les croyants récitaient alors des versets coraniques protecteurs (ayas de protection, notamment l'Ayat al-Kursi) pour se prémunir de leurs apparitions. L'éfrit se manifeste alors sous forme de colonne de feu ou d'être gigantesque.
Alimentation
En tant qu'être de feu et non de chair, l'éfrit ne se nourrit pas au sens humain. Selon certains hadiths et commentaires théologiques médiévaux, les djinns se nourrissent de fumée, d'os brûlés, d'excréments ou de ce que les humains laissent sans prononcer le nom de Dieu — ce qui expliquait certaines règles rituelles de purification.
Vêtements
Les éfrits n'ont pas de vêtements au sens propre, mais les miniaturistes et conteurs médiévaux les représentent souvent drapés de voiles de flamme ou portant des armures sombres forgées dans un métal inconnu des humains. Quand ils prennent forme humaine pour tromper les mortels, ils revêtent des habits correspondant à leur déguisement.
Habitat
Les éfrits habitent des palais souterrains ou sous-marins selon les Mille et Une Nuits, parfois d'une splendeur dépassant les plus belles constructions humaines. Dans la théologie plus stricte, ils résident dans des lieux liminaux — déserts, ruines, latrines, carrefours — tous espaces que la civilisation humaine n'a pas sanctifiés par la prière.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Un style inspiré des enluminures de manuscrits abbassides du XIIIe siècle, dominé par le rouge braise, le noir profond et l'or, avec une figure de feu monumentale surgissant d'ornements calligraphiques arabesques.
Ambiance sonore
Une atmosphère sonore entre désert nocturne et caverne souterraine, dominée par le crépitement du feu sans fumée et des vents surnaturels évoquant la puissance invisible des êtres de feu.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le Coran — Sourate An-Naml et Sourate Al-Jinn
Vers 610–632
Kitâb al-Hayawân (Le Livre des Animaux), Al-Jahiz
Vers 847–868
Alf Layla wa-Layla (Les Mille et Une Nuits)
IXe–XIIIe siècle (compilation progressive)
Murûj al-Dhahab (Les Prairies d'Or), Al-Masudi
Vers 947
Futûhât al-Makkiyya (Les Révélations mecquoises), Ibn Arabi
XIIIe siècle
Îqâz al-Wahân fî Amr al-Djinn, Ibn Taymiyya
Début XIVe siècle





