Écrivain et poète russe soviétique, Boris Pasternak est l'auteur du roman *Le Docteur Jivago*, fresque de la Russie traversée par la révolution de 1917 et la guerre civile. Couronné par le prix Nobel de littérature en 1958, il fut contraint par le pouvoir soviétique de le refuser.
Boris Pasternak(1890 — 1960)
Boris Pasternak
Union soviétique, Empire russe
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1890 à Moscou dans une famille d'artistes juifs cultivés (père peintre, mère pianiste)
- Publie en 1922 le recueil de poèmes *Ma sœur la vie*, qui le révèle comme grand poète
- *Le Docteur Jivago*, refusé en URSS, paraît en Italie en 1957 grâce à l'éditeur Feltrinelli
- Reçoit le prix Nobel de littérature en 1958 mais doit le refuser sous la pression du régime soviétique
- Meurt en 1960 à Peredelkino, près de Moscou, marginalisé par les autorités
Œuvres & réalisations
Recueil de poèmes écrit pendant l'été 1917 qui imposa Pasternak comme une voix majeure de la poésie russe moderne.
Récit autobiographique en prose où il évoque ses années de formation, la musique, Marburg et le poète Maïakovski.
Recueil poétique marquant un tournant vers un langage plus clair et plus accessible.
Pour survivre quand ses œuvres personnelles étaient mal vues, Pasternak réalisa des traductions devenues classiques en Russie, notamment Hamlet et Faust.
Vaste roman sur un médecin-poète emporté par la révolution et la guerre civile ; chef-d'œuvre interdit en URSS et publié en Italie.
Court récit de sa vie et de son art, écrit vers la fin de sa vie, longtemps publié seulement à l'étranger.
Anecdotes
En 1912, le jeune Pasternak part étudier la philosophie à Marburg, en Allemagne, auprès du célèbre professeur Hermann Cohen. Mais après l'échec d'une demande en mariage, il abandonne brusquement la philosophie pour se consacrer à la poésie : il dira plus tard qu'il avait « congédié » la philosophie comme on quitte une maison.
Fils d'un peintre et d'une pianiste de concert, Pasternak fut d'abord destiné à la musique. Fasciné par le compositeur Scriabine, ami de la famille, il composa lui-même pendant des années avant d'y renoncer, estimant ne pas avoir l'oreille absolue qu'il jugeait indispensable.
En 1934, Pasternak reçut un coup de téléphone de Staline en personne, qui voulait connaître son avis sur le poète Ossip Mandelstam, alors arrêté. Pris au dépourvu, Pasternak resta évasif et regretta longtemps de ne pas avoir su mieux défendre son confrère, finalement mort en déportation.
En 1958, le prix Nobel de littérature lui fut décerné. Il télégraphia d'abord sa joie à Stockholm, puis, sous la pression du pouvoir soviétique qui menaçait de l'exiler, dut envoyer quatre jours plus tard un télégramme de refus. Une violente campagne de presse le traita de « cochon » et il fut exclu de l'Union des écrivains.
Quand il mourut en 1960 dans sa datcha de Peredelkino, aucun journal officiel n'annonça la date des obsèques. Pourtant, prévenue de bouche à oreille, une foule de milliers d'admirateurs vint l'accompagner, et des jeunes gens récitèrent ses poèmes interdits au-dessus de sa tombe.
Sources primaires
Infiniment reconnaissant, touché, fier, étonné, confus.
Étant donné la signification que cette distinction a prise dans la société à laquelle j'appartiens, je dois renoncer à ce prix immérité qui m'a été décerné. Ne prenez pas en mauvaise part mon refus volontaire.
Quitter ma patrie équivaudrait pour moi à la mort. Je suis lié à la Russie par ma naissance, par ma vie et par mon travail.
Le murmure s'est tu. Je suis entré en scène. […] Vivre une vie n'est pas traverser un champ.
Lieux clés
Ville natale de Pasternak, où il grandit dans un milieu d'artistes et où il passa l'essentiel de sa vie.
Ville universitaire où le jeune Pasternak étudia la philosophie en 1912 avant de se tourner définitivement vers la poésie.
Village de datchas d'écrivains près de Moscou où Pasternak rédigea le Docteur Jivago, vécut ses dernières années et fut enterré.
Ville de la région de Kazan où Pasternak fut évacué pendant la Seconde Guerre mondiale et où il travailla à ses traductions de Shakespeare.
Objets typiques

Le long roman, écrit pendant des années à la main puis dactylographié, dut être sorti clandestinement d'URSS pour être publié à l'étranger.

Outil quotidien de l'écrivain soviétique pour mettre au propre ses textes ; les copies dactylographiées circulaient ensuite de main en main.

Instrument central de sa jeunesse, héritage de sa mère pianiste et de son admiration pour le compositeur Scriabine, avant qu'il ne choisisse la littérature.

Distinction d'or remise par l'Académie suédoise en 1958 ; Pasternak fut forcé de la refuser, et sa famille ne la reçut qu'en 1989, après sa mort.

Objet rare et redouté à l'époque stalinienne : c'est par téléphone que Staline appela personnellement Pasternak en 1934 au sujet du poète Mandelstam.

Livre de poésie de 1922 qui révéla Pasternak comme l'une des grandes voix lyriques russes de sa génération.
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Vie quotidienne
Matin
Dans sa datcha de Peredelkino, Pasternak se levait tôt et consacrait ses matinées à l'écriture, debout à sa table de travail. Il aimait le calme et la lumière de la campagne pour composer ses vers et avancer sur son roman.
Après-midi
L'après-midi, il jardinait, bêchait son potager et faisait de longues promenades dans les bois et le long de la rivière. Le travail manuel et la nature nourrissaient son inspiration de poète.
Soir
Le soir, il recevait des amis écrivains, lisait à voix haute ses textes nouveaux et discutait de littérature. Pendant les années difficiles, il se consacrait aussi à ses traductions de Shakespeare pour gagner sa vie.
Alimentation
Sa nourriture était simple et typiquement russe : soupes, pommes de terre, pain noir, légumes du jardin et thé bu au samovar. Les repas à la datcha étaient conviviaux mais sans luxe.
Vêtements
Il s'habillait sobrement, vêtements de ville durant les séjours à Moscou, tenues plus rustiques de campagne à Peredelkino. Sa mise restait celle d'un intellectuel discret de l'époque soviétique.
Habitat
Il vivait surtout dans une datcha en bois du village d'écrivains de Peredelkino, près de Moscou. Cette maison entourée de jardins et de forêts fut le cadre de la rédaction du Docteur Jivago et de ses dernières années.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Ma sœur la vie
1922
Sauf-conduit
1931
Seconde naissance
1932
Traductions de Shakespeare et du Faust de Goethe
années 1940-1950
Le Docteur Jivago
1957
Essai d'autobiographie
1957






