Retour à Camille Claudel
Le rythme des repas de l'atelier parisien (fin XIXe)
Dans le Paris modeste de Camille Claudel, on ne parle pas d'entrée-plat-dessert mais d'un rythme dicté par le travail : la soupe du soir qui réchauffe pour trois sous, le déjeuner avalé sur le pouce entre deux coups d'ébauchoir, le café au lait du matin qui tient lieu de repas quand l'œuvre presse, les conserves de poisson gardées dans le placard de l'atelier, et le goûter sucré du dimanche, vestige des dimanches d'enfance en Tardenois. Le pain est le socle de tout : frais on le mange, rassis on le ressuscite.
Signature : Le pain rassis ressuscité
Geste central de la cuisine frugale de Camille : rien ne se jette. Le quignon durci redevient soupe épaisse (panade) ou douceur dorée (pain perdu). Une économie de pauvre devenue art du peu, à l'image d'une sculptrice qui tirait des merveilles d'un simple bloc.

Camille Claudel à table

1864 — 1943

5 recettes d’époque