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Panade au pain et au fromage de l'atelier
Pourquoi ce plat ? Camille, absorbée par la glaise, négligeait ses repas et vivait de pain, de soupes et de fromage. La panade — pain rassis fondu dans un bouillon — était le plat des soirs de bourse vide quai de Bourbon : long à mijoter mais bon marché, on le laissait sur le coin du fourneau pendant qu'on modelait.
Une soupe épaisse et réconfortante où le pain dur se défait dans un bouillon, lié au fromage râpé et à un jaune d'œuf. Le plat du dénuement digne, qui tient au corps un soir d'hiver dans un atelier mal chauffé.
Ne crois pas qu'il faille être riche pour manger chaud. Mon quignon de la veille est dur comme l'onyx que je taille ? Je le casse, je le noie dans un bouillon de légumes, je laisse fondre une heure sur le fourneau pendant que mes doigts sont dans la terre. Au dernier moment, un jaune d'œuf battu et une poignée de fromage râpé, et voilà une soupe qui vous remet d'aplomb. J'ai dîné de cela bien des soirs, seule avec mes plâtres, et je ne m'en suis jamais plainte.
- •Pain rassis — un bon quignon (socle, liant)
- •Bouillon de légumes ou de pot-au-feu — une grande louchée par bol (base)
- •Fromage à pâte dure râpé (gruyère) — une poignée (umami, liant)
- •Jaune d'œuf — un (liaison)
- •Beurre — une noix (rondeur)
- •Sel, poivre — selon le goût (assaisonnement)
Panade au pain et au fromage de l'atelier
Une soupe épaisse et réconfortante où le pain dur se défait dans un bouillon, lié au fromage râpé et à un jaune d'œuf. Le plat du dénuement digne, qui tient au corps un soir d'hiver dans un atelier mal chauffé.
Pourquoi ce plat ? Camille, absorbée par la glaise, négligeait ses repas et vivait de pain, de soupes et de fromage. La panade — pain rassis fondu dans un bouillon — était le plat des soirs de bourse vide quai de Bourbon : long à mijoter mais bon marché, on le laissait sur le coin du fourneau pendant qu'on modelait.
Ne crois pas qu'il faille être riche pour manger chaud. Mon quignon de la veille est dur comme l'onyx que je taille ? Je le casse, je le noie dans un bouillon de légumes, je laisse fondre une heure sur le fourneau pendant que mes doigts sont dans la terre. Au dernier moment, un jaune d'œuf battu et une poignée de fromage râpé, et voilà une soupe qui vous remet d'aplomb. J'ai dîné de cela bien des soirs, seule avec mes plâtres, et je ne m'en suis jamais plainte.
Ingrédients (version d’époque)
- Pain rassis — un bon quignon (socle, liant)
- Bouillon de légumes ou de pot-au-feu — une grande louchée par bol (base)
- Fromage à pâte dure râpé (gruyère) — une poignée (umami, liant)
- Jaune d'œuf — un (liaison)
- Beurre — une noix (rondeur)
- Sel, poivre — selon le goût (assaisonnement)
Ingrédients
- Pain rassis (campagne) — 200 g (socle, liant)
- Bouillon de légumes — 1 litre (base)
- Gruyère râpé — 60 g (umami, liant)
- Jaune d'œuf — 1 (liaison)
- Beurre — 20 g (rondeur)
- Sel, poivre — selon le goût (assaisonnement)
Préparation
- Coupez le pain rassis en morceaux et déposez-le dans une casserole avec le bouillon chaud.
- Laissez mijoter à feu doux 30 à 40 min en remuant : le pain doit se défaire complètement en une bouillie épaisse.
- Ajoutez le beurre, salez, poivrez. Hors du feu, incorporez le gruyère râpé.
- Battez le jaune d'œuf, délayez-le avec une louche de soupe tiède, puis reversez le tout dans la casserole sans laisser bouillir.
- Servez bien chaud, éventuellement avec un filet de fromage râpé par-dessus.
Comment on faisait : La panade est l'une des plus vieilles soupes de la cuisine française populaire. Avant les fourneaux à gaz, on la laissait des heures au coin de l'âtre ou sur la cuisinière à charbon. C'était le plat anti-gaspillage par excellence dans les foyers modestes parisiens : le pain dur ne se jetait jamais.
Le twist contemporain : Une râpée de noix de muscade et quelques croûtons poêlés au beurre pour la texture — ou, clin d'œil d'atelier, un bol en grès brut posé sur une planche grise comme un socle de sculpture.
Camille Claudel · Charactorium





