Biographie

Camille Pissarro est un peintre franco-danois, figure majeure et fondatrice de l'impressionnisme. Seul artiste à avoir participé aux huit expositions impressionnistes, il fut un mentor pour Cézanne, Gauguin et Van Gogh.

Camille Pissarro(1830 — 1903)

Camille Pissarro

France, Royaume de Danemark

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleSecond Empire et Troisième République française, période de l'essor de l'impressionnisme dans la seconde moitié du XIXe siècle
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Questions fréquentes

Camille Pissarro (1830-1903) est un peintre franco-danois, souvent appelé le « père de l'impressionnisme ». Ce qui le rend unique, c'est qu'il est le seul artiste à avoir participé aux huit expositions impressionnistes de 1874 à 1886, fidèle au mouvement du début à la fin. Il ne se contentait pas de peindre : il était un véritable mentor pour des artistes comme Cézanne, Gauguin et Van Gogh. Cézanne lui-même se présentait humblement comme « élève de Pissarro ». Pour comprendre son rôle, il faut imaginer un groupe d'artistes rejetés par le Salon officiel, qui inventent une nouvelle manière de peindre la lumière et la vie moderne – Pissarro en était le pilier rassembleur.

Citations célèbres

« Heureux ceux qui voient de belles choses dans des endroits modestes où les autres ne voient rien.»
« Peignez l'essentiel du caractère des choses.»

Faits marquants

  • Né en 1830 à Saint-Thomas (Antilles danoises), mort en 1903 à Paris
  • Participe à la première exposition impressionniste de 1874
  • Seul peintre présent aux huit expositions impressionnistes (1874-1886)
  • Se tourne vers le néo-impressionnisme (pointillisme) vers 1885-1890 sous l'influence de Seurat
  • Réfugié à Londres pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871, où nombre de ses toiles sont détruites

Œuvres & réalisations

La Route de Versailles à Louveciennes (1870)

Paysage de campagne enneigée qui illustre l'attention de Pissarro aux effets atmosphériques et à la lumière changeante.

Les Toits rouges, coin de village, effet d'hiver (1877)

Vue de Pontoise où la touche fragmentée et les couleurs vibrantes incarnent l'impressionnisme rural de Pissarro.

Le Jardin potager à l'Hermitage, Pontoise (1879)

Scène de jardin paysan qui témoigne de son intérêt pour la vie rurale et le travail de la terre.

La Bergère (Jeune fille à la baguette) (1881)

Figure de paysanne traitée avec dignité, reflet de l'engagement social et humaniste du peintre.

L'Île Lacroix, Rouen, effet de brouillard (1888)

Œuvre de la période néo-impressionniste où Pissarro applique brièvement la technique pointilliste de Seurat.

Boulevard Montmartre, matinée de printemps (1897)

Vue plongeante d'un grand boulevard parisien, issue de ses séries urbaines peintes depuis des fenêtres d'hôtel.

Turpitudes sociales (1889)

Album de dessins satiriques dénonçant les injustices sociales, témoignant de ses convictions anarchistes.

Anecdotes

Camille Pissarro est le seul peintre à avoir participé aux huit expositions impressionnistes, de 1874 à 1886. Aucun autre membre du groupe, pas même Monet ou Renoir, n'a montré une telle fidélité au mouvement.

Pendant la guerre franco-prussienne de 1870, Pissarro se réfugie à Londres. À son retour dans sa maison de Louveciennes, il découvre que les soldats prussiens l'avaient occupée : sur près de 1 500 toiles entreposées, la grande majorité avait été détruite, certaines ayant servi de tapis dans le jardin boueux.

Considéré comme un véritable mentor, Pissarro a guidé des artistes plus jeunes comme Paul Cézanne, qu'il invita à peindre à ses côtés à Pontoise, mais aussi Paul Gauguin et Vincent van Gogh. Cézanne lui-même se présentait avec humilité comme « élève de Pissarro ».

Vers la fin de sa vie, souffrant d'une infection chronique à l'œil, Pissarro ne pouvait plus peindre en plein air sans risque. Il loua alors des chambres d'hôtel et des appartements donnant sur les grands boulevards de Paris ou les ports de Rouen et du Havre, peignant les villes vues d'en haut à travers la fenêtre.

Pissarro était profondément engagé dans les idées anarchistes de son temps. Il réalisa une série de dessins, « Turpitudes sociales », destinée à ses nièces, pour dénoncer les injustices de la société capitaliste.

Sources primaires

Lettre de Camille Pissarro à son fils Lucien (1883)
Travaille beaucoup et constamment, ne va pas d'après des principes et des règles, mais peins ce que tu observes et ce que tu ressens.
Conseils de Pissarro à un jeune peintre (rapportés par Louis Le Bail) (vers 1896-1897)
Ne procédez pas suivant des règles et des principes, mais peignez ce que vous observez et ressentez. Peignez généreusement et sans hésitation, car il vaut mieux ne pas perdre la première impression.
Catalogue de la Première exposition de la Société anonyme des artistes (1874)
Camille Pissarro figure parmi les exposants de la première manifestation collective tenue chez le photographe Nadar, boulevard des Capucines.
Lettre de Pissarro sur l'anarchisme et l'art (années 1890)
Il faut avoir foi dans une société nouvelle où l'art ne sera plus un luxe réservé à quelques-uns.

Lieux clés

Charlotte-Amalie (Saint-Thomas, Antilles danoises)

Ville natale de Pissarro, alors colonie danoise des Caraïbes, qui explique sa double nationalité franco-danoise.

Pontoise

Ville du Val-d'Oise où Pissarro vécut et peignit longuement les paysages ruraux. Il y travailla aux côtés de Cézanne.

Louveciennes

Village où Pissarro habitait en 1870 ; sa maison fut occupée par les Prussiens et la plupart de ses toiles détruites.

Éragny-sur-Epte

Dernière demeure de Pissarro à partir de 1884 ; il y installa son atelier et y peignit jardins et campagnes normandes.

Londres

Refuge de Pissarro pendant la guerre de 1870 ; il y découvrit les paysagistes anglais Turner et Constable.

Paris

Centre de la vie artistique où Pissarro exposa et où il mourut en 1903. Il y peignit ses séries de grands boulevards.

Voir aussi