Carlos Fuentes(1928 — 2012)

Carlos Fuentes

Mexique

5 min de lecture

LettresÉcrivain(e)PolitiqueXXe siècleXXe siècle — Mexique post-révolutionnaire et essor de la littérature latino-américaine durant la guerre froide

Carlos Fuentes (1928-2012) est un romancier, essayiste et diplomate mexicain, figure majeure du « boom » de la littérature latino-américaine. Son œuvre interroge l'identité mexicaine et l'héritage de la conquête à travers une écriture moderne et foisonnante.

Questions fréquentes

Pour comprendre qui est Carlos Fuentes, il faut le replacer dans le contexte du « boom » latino-américain des années 1960-1970, où une génération d'écrivains a conquis le monde. Ce qui rend Fuentes singulier, c'est moins son rôle de romancier que sa double vie d'écrivain et de diplomate, qui lui a donné une perspective unique sur l'identité mexicaine. Son premier roman, La Plus Limpide Région (1958), fait de Mexico un personnage central, et son chef-d'œuvre La Mort d'Artemio Cruz (1962) est une critique féroce des compromissions de la Révolution mexicaine. Ce qu'il faut retenir, c'est que Fuentes a su mêler modernité narrative et questionnements historiques pour devenir une voix majeure du continent.

Faits marquants

  • Naît le 11 novembre 1928 à Panama dans une famille de diplomates mexicains
  • Publie « La plus limpide région » (La región más transparente) en 1958, fresque de Mexico
  • Fait paraître « La Mort d'Artemio Cruz » en 1962, bilan critique de la Révolution mexicaine
  • Reçoit le prix Cervantes en 1987, plus haute distinction des lettres hispaniques
  • Meurt le 15 mai 2012 à Mexico

Œuvres & réalisations

La Plus Limpide Région (La región más transparente) (1958)

Premier roman, fresque ambitieuse de Mexico moderne qui révèle Fuentes comme une voix majeure de la littérature mexicaine.

La Mort d'Artemio Cruz (1962)

Chef-d'œuvre où un homme mourant revit sa vie ; portrait critique des compromissions de la Révolution mexicaine.

Aura (1962)

Court roman fantastique écrit à la deuxième personne, devenu un classique étudié pour son audace narrative.

Terra Nostra (1975)

Vaste roman total sur l'histoire du monde hispanique, qui lui vaut le prix Rómulo Gallegos en 1977.

Le Vieux Gringo (Gringo viejo) (1985)

Roman inspiré de la disparition de l'écrivain Ambrose Bierce pendant la Révolution mexicaine, adapté au cinéma en 1989.

Le Miroir enterré (El espejo enterrado) (1992)

Essai sur l'identité hispanique et le métissage, accompagné d'une série documentaire à l'occasion du cinquième centenaire de 1492.

Anecdotes

Carlos Fuentes naît à Panama en 1928 parce que son père est diplomate mexicain. Enfant, il suit ses parents de capitale en capitale et apprend l'anglais à Washington. Quand le Mexique nationalise son pétrole en 1938, ses camarades américains lui tournent le dos : c'est là, dit-il, qu'il prend brutalement conscience d'être mexicain.

En 1962, Fuentes publie « Aura », un court roman fantastique écrit entièrement à la deuxième personne du singulier (« Tu lis cette annonce… »). Ce procédé rare happe le lecteur en le transformant en personnage de l'histoire, et fait du livre un classique étudié dans le monde entier.

Son roman « Le Vieux Gringo » (1985) devient le premier roman mexicain à figurer sur la liste des best-sellers du New York Times. Hollywood l'adapte en 1989 dans un film où jouent Gregory Peck et Jane Fonda.

Nommé ambassadeur du Mexique en France en 1975, Fuentes démissionne avec fracas en 1977 pour protester contre la nomination de l'ancien président Díaz Ordaz, tenu pour responsable du massacre d'étudiants de Tlatelolco en 1968, comme ambassadeur en Espagne.

Membre du « boom » latino-américain, Fuentes aida à faire connaître ses amis Gabriel García Márquez et Julio Cortázar. Couronné par le prestigieux prix Cervantes en 1987, il fut longtemps cité comme candidat au prix Nobel de littérature, qu'il n'obtint jamais.

Sources primaires

Aura (1958-2012)
« Tu lis cette annonce : une offre de cette nature ne se présente pas tous les jours. Tu la lis et la relis. » — première phrase du roman, écrit à la deuxième personne.
La Mort d'Artemio Cruz (1962)
« Yo despierto… » (« Je m'éveille… ») : le roman s'ouvre sur le monologue d'Artemio Cruz agonisant, qui revit sa vie en alternant les voix « je », « tu » et « il ».
La Plus Limpide Région (La región más transparente) (1958)
Le titre reprend la formule « la région la plus transparente de l'air », expression appliquée à la vallée de Mexico, que Fuentes fait de la capitale le véritable personnage central du roman.
Le Miroir enterré (El espejo enterrado) (1992)
Dans cet essai, Fuentes explore l'identité hispanique née de la rencontre, souvent violente, entre l'Espagne, le monde indigène et le métissage du Nouveau Monde.

Lieux clés

Panama (Panama City)

Ville de naissance de Fuentes en 1928, où son père exerçait comme diplomate mexicain.

Washington D.C.

Ville de son enfance où il apprit l'anglais et prit conscience de son identité mexicaine.

Genève

Où le jeune Fuentes étudia les relations internationales à l'Institut de hautes études internationales.

Paris

Capitale où il fut ambassadeur du Mexique de 1975 à 1977 et un centre vital de la vie littéraire.

Mexico

Cœur de son œuvre et de sa vie, ville-personnage de ses romans, où il vécut et mourut en 2012.

Voir aussi