Carlos Fuentes (1928-2012) est un romancier, essayiste et diplomate mexicain, figure majeure du « boom » de la littérature latino-américaine. Son œuvre interroge l'identité mexicaine et l'héritage de la conquête à travers une écriture moderne et foisonnante.
Carlos Fuentes(1928 — 2012)
Carlos Fuentes
Mexique
5 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Naît le 11 novembre 1928 à Panama dans une famille de diplomates mexicains
- Publie « La plus limpide région » (La región más transparente) en 1958, fresque de Mexico
- Fait paraître « La Mort d'Artemio Cruz » en 1962, bilan critique de la Révolution mexicaine
- Reçoit le prix Cervantes en 1987, plus haute distinction des lettres hispaniques
- Meurt le 15 mai 2012 à Mexico
Œuvres & réalisations
Premier roman, fresque ambitieuse de Mexico moderne qui révèle Fuentes comme une voix majeure de la littérature mexicaine.
Chef-d'œuvre où un homme mourant revit sa vie ; portrait critique des compromissions de la Révolution mexicaine.
Court roman fantastique écrit à la deuxième personne, devenu un classique étudié pour son audace narrative.
Vaste roman total sur l'histoire du monde hispanique, qui lui vaut le prix Rómulo Gallegos en 1977.
Roman inspiré de la disparition de l'écrivain Ambrose Bierce pendant la Révolution mexicaine, adapté au cinéma en 1989.
Essai sur l'identité hispanique et le métissage, accompagné d'une série documentaire à l'occasion du cinquième centenaire de 1492.
Anecdotes
Carlos Fuentes naît à Panama en 1928 parce que son père est diplomate mexicain. Enfant, il suit ses parents de capitale en capitale et apprend l'anglais à Washington. Quand le Mexique nationalise son pétrole en 1938, ses camarades américains lui tournent le dos : c'est là, dit-il, qu'il prend brutalement conscience d'être mexicain.
En 1962, Fuentes publie « Aura », un court roman fantastique écrit entièrement à la deuxième personne du singulier (« Tu lis cette annonce… »). Ce procédé rare happe le lecteur en le transformant en personnage de l'histoire, et fait du livre un classique étudié dans le monde entier.
Son roman « Le Vieux Gringo » (1985) devient le premier roman mexicain à figurer sur la liste des best-sellers du New York Times. Hollywood l'adapte en 1989 dans un film où jouent Gregory Peck et Jane Fonda.
Nommé ambassadeur du Mexique en France en 1975, Fuentes démissionne avec fracas en 1977 pour protester contre la nomination de l'ancien président Díaz Ordaz, tenu pour responsable du massacre d'étudiants de Tlatelolco en 1968, comme ambassadeur en Espagne.
Membre du « boom » latino-américain, Fuentes aida à faire connaître ses amis Gabriel García Márquez et Julio Cortázar. Couronné par le prestigieux prix Cervantes en 1987, il fut longtemps cité comme candidat au prix Nobel de littérature, qu'il n'obtint jamais.
Sources primaires
« Tu lis cette annonce : une offre de cette nature ne se présente pas tous les jours. Tu la lis et la relis. » — première phrase du roman, écrit à la deuxième personne.
« Yo despierto… » (« Je m'éveille… ») : le roman s'ouvre sur le monologue d'Artemio Cruz agonisant, qui revit sa vie en alternant les voix « je », « tu » et « il ».
Le titre reprend la formule « la région la plus transparente de l'air », expression appliquée à la vallée de Mexico, que Fuentes fait de la capitale le véritable personnage central du roman.
Dans cet essai, Fuentes explore l'identité hispanique née de la rencontre, souvent violente, entre l'Espagne, le monde indigène et le métissage du Nouveau Monde.
Lieux clés
Ville de naissance de Fuentes en 1928, où son père exerçait comme diplomate mexicain.
Ville de son enfance où il apprit l'anglais et prit conscience de son identité mexicaine.
Où le jeune Fuentes étudia les relations internationales à l'Institut de hautes études internationales.
Capitale où il fut ambassadeur du Mexique de 1975 à 1977 et un centre vital de la vie littéraire.
Cœur de son œuvre et de sa vie, ville-personnage de ses romans, où il vécut et mourut en 2012.
Objets typiques

Outil de travail quotidien de l'écrivain, sur laquelle Fuentes composait ses longs romans avant l'arrivée de l'ordinateur.

Instrument d'écriture pour les notes, corrections et la correspondance abondante d'un homme de lettres et diplomate.

Document attestant son statut d'ambassadeur du Mexique en France et symbole de sa double vie d'écrivain et de diplomate.

Le livre publié, objet par lequel l'œuvre de Fuentes a circulé dans le monde entier et porté la voix de la littérature latino-américaine.

Le costume sombre porté lors des fonctions officielles, marque de l'élégance et du protocole de l'ambassadeur.

Objet familier du grand lecteur et travailleur acharné qu'était Fuentes, indispensable à ses longues heures d'écriture.
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Vie quotidienne
Matin
Fuentes était un écrivain discipliné qui consacrait ses matinées à l'écriture, plume ou machine à écrire, durant plusieurs heures sans interruption. Il considérait l'écriture comme un travail régulier autant que comme une inspiration.
Après-midi
L'après-midi mêlait lectures, recherches et, selon les périodes, ses obligations de diplomate ou d'enseignant dans de grandes universités. Il entretenait aussi une correspondance nourrie avec les autres écrivains du « boom ».
Soir
Les soirées étaient souvent consacrées aux échanges intellectuels, dîners et conversations avec amis écrivains, artistes et hommes politiques. Grand causeur, il aimait débattre d'histoire, de politique et de littérature.
Alimentation
Cosmopolite ayant vécu sur plusieurs continents, Fuentes appréciait aussi bien la cuisine mexicaine traditionnelle que la gastronomie européenne. Les repas étaient pour lui des moments de sociabilité et de discussion.
Vêtements
En fonction officielle, il portait le complet sombre élégant du diplomate, soigné et conforme au protocole. En privé, il conservait l'allure raffinée d'un homme habitué aux capitales du monde.
Habitat
Sa vie de fils de diplomate puis d'écrivain reconnu se déroula dans des appartements et maisons confortables, à Mexico comme à l'étranger (Paris, Londres, États-Unis). Ses logements abritaient toujours de vastes bibliothèques.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
La Plus Limpide Région (La región más transparente)
1958
La Mort d'Artemio Cruz
1962
Terra Nostra
1975
Le Miroir enterré (El espejo enterrado)
1992






