Peintre et architecte suisse (1874-1946), Charles L'Eplattenier fut le maître fondateur de l'École d'art de La Chaux-de-Fonds. Il est surtout connu pour avoir été le professeur du jeune Le Corbusier, qu'il initia à l'Art nouveau et aux arts décoratifs.
Charles L'Eplattenier(1874 — 1946)
Charles L'Eplattenier
Suisse
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1874 à Neuchâtel, mort en 1946 à La Chaux-de-Fonds
- Fonde et dirige l'École d'art de La Chaux-de-Fonds à partir de 1897
- Professeur et mentor du jeune Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier
- Développe un style Art nouveau inspiré des motifs naturels du Jura
- Réalise de nombreuses décorations murales et projets architecturaux en Suisse romande
Œuvres & réalisations
L'Eplattenier fonda au sein de l'École d'art de La Chaux-de-Fonds une section innovante formant des artistes complets maîtrisant peinture, sculpture, architecture et arts décoratifs. Ce cours produisit une génération d'artistes suisses majeurs, dont Le Corbusier et le sculpteur Léon Perrin.
L'Eplattenier dirigea et supervisa la réalisation de la Villa Fallet à La Chaux-de-Fonds, premier projet architectural du jeune Jeanneret. Les décors en pierre de la façade illustrent parfaitement le 'style sapin' naturaliste qu'il avait mis au point et enseignait à ses élèves.
L'une des œuvres architecturales les plus significatives de L'Eplattenier, cet édifice témoigne de sa maîtrise de l'architecture monumentale, alliant sobriété formelle et décoration symbolique. Il constitue un exemple important de l'architecture Art nouveau en Suisse romande.
Tout au long de sa carrière, L'Eplattenier peignit les forêts, montagnes et paysages enneigés du Jura. Ces œuvres témoignent de son attachement profond à la nature régionale qui nourrissait l'ensemble de sa philosophie artistique et de sa pédagogie.
L'Eplattenier conçut de nombreux ornements, mosaïques et bas-reliefs décoratifs pour des bâtiments publics et privés de La Chaux-de-Fonds. Ces créations constituent l'expression la plus complète de son 'style sapin' appliqué à l'architecture urbaine.
Anecdotes
Charles L'Eplattenier repéra très tôt le talent exceptionnel du jeune Charles-Édouard Jeanneret, futur Le Corbusier, qui était initialement inscrit en gravure d'art à l'École d'art de La Chaux-de-Fonds. Convaincu que cet élève avait un avenir hors du commun, il l'orienta délibérément vers l'architecture et les arts décoratifs, lui ouvrant ainsi la voie d'un destin qui allait bouleverser l'architecture mondiale.
L'Eplattenier développa une philosophie artistique originale fondée sur l'observation attentive de la nature jurassienne. Il emmenait ses élèves dessiner dans les forêts de sapins, leur demandant de représenter des pommes de pin, des fougères et des cristaux de neige pour créer des motifs décoratifs authentiquement régionaux. Ce 'style sapin', signature de l'École de La Chaux-de-Fonds, connut un succès remarquable dans les arts décoratifs locaux et valut à la ville une reconnaissance internationale.
En 1905, L'Eplattenier fonda au sein de l'École d'art de La Chaux-de-Fonds le 'Cours supérieur d'art et de décoration', une section innovante formant des artistes complets maîtrisant à la fois le dessin, la peinture, la sculpture et l'architecture. Cette initiative pédagogique, novatrice pour l'époque, visait à réunifier les arts que l'industrialisation avait séparés, à l'image de ce que prônait le mouvement britannique Arts and Crafts.
La relation entre L'Eplattenier et Jeanneret fut intense mais complexe : le maître voyait en son élève un continuateur de son œuvre régionaliste, tandis que le jeune homme brûlait de découvrir l'Europe et de s'émanciper de la tradition jurassienne. Après les voyages de formation de Jeanneret à Vienne, Berlin et Paris entre 1907 et 1911, les deux hommes prirent des chemins artistiques divergents, bien que Le Corbusier ait toujours rendu hommage à l'influence décisive de son 'maître' dans sa formation.
Sources primaires
La correspondance conservée à la Fondation Le Corbusier à Paris témoigne de la relation intellectuelle intense entre le maître et son élève : L'Eplattenier guide Jeanneret dans ses lectures, lui recommande des voyages et commente ses premiers projets architecturaux avec exigence et bienveillance.
L'Eplattenier y expose sa vision d'un enseignement artistique total, réunissant beaux-arts et arts décoratifs dans un même cursus, ancré dans l'observation de la nature jurassienne comme source de tout ornement authentique et vivant.
L'Eplattenier défend dans la presse locale sa vision d'un art régional suisse enraciné dans le paysage du Jura, opposé à l'ornement importé sans lien avec une culture ou un territoire, et appelle à la création d'une véritable école artistique helvétique.
Le Corbusier évoque le rôle fondateur de L'Eplattenier dans sa formation, soulignant que son maître lui apprit à regarder la nature autrement et à concevoir l'ornement non comme une addition mais comme l'expression d'une structure profonde de la forme.
Lieux clés
Ville horlogère du Jura neuchâtelois où L'Eplattenier enseigna toute sa carrière à l'École d'art. C'est là qu'il développa le 'style sapin' et forma Le Corbusier, laissant une empreinte durable sur l'architecture et les arts décoratifs de la cité, aujourd'hui classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Ville natale de Charles L'Eplattenier, dans le canton de Neuchâtel. La région neuchâteloise, avec ses paysages de forêts jurassiennes et ses traditions artisanales, marqua profondément la sensibilité artistique du peintre et nourrit sa quête d'un art régional ancré dans le territoire.
L'Eplattenier y séjourna pour sa formation artistique dans les années 1890, s'imprégnant de l'effervescence de l'Art nouveau parisien. Paris fut pour lui, comme pour ses contemporains artistes, la capitale incontestée de la modernité décorative et un point de comparaison permanent.
Première réalisation architecturale de Jeanneret (futur Le Corbusier), construite en 1905-1907 sous la supervision directe de L'Eplattenier. La villa illustre parfaitement le 'style sapin' avec ses ornements en pierre sculptée inspirés de la flore jurassienne.
L'Eplattenier y fit une partie de sa formation artistique avant de poursuivre à Paris. La ville était alors un centre actif des arts décoratifs d'Europe centrale, et ce séjour enrichit la culture visuelle du jeune artiste suisse d'influences austro-hongroises.
Objets typiques

L'Eplattenier pratiquait et enseignait le dessin d'après nature en permanence. Le carnet de croquis était l'outil fondamental de sa pédagogie, permettant de capturer les motifs végétaux jurassiens pour les transformer en ornements architecturaux.

La pomme de pin, le sapin et la fougère étaient les motifs naturels au cœur du 'style sapin' développé par L'Eplattenier. Il faisait dessiner ces formes à ses élèves pour créer un répertoire ornemental authentiquement régional, distinct des influences parisiennes.

Peintre autant qu'architecte-décorateur, L'Eplattenier réalisait de nombreuses études à l'aquarelle et à la gouache, notamment des paysages jurassiens. Ces techniques légères servaient aussi à mettre en couleur ses projets de décoration intérieure et de fresques.

Dans son atelier, L'Eplattenier travaillait avec des moulages en plâtre pour expérimenter ses motifs décoratifs avant de les transposer en pierre, bois ou métal sur les bâtiments. Ces modèles constituaient un précieux outil pédagogique pour ses élèves.

Comme beaucoup d'artistes Art nouveau, L'Eplattenier possédait des reproductions d'estampes japonaises et des ouvrages de référence comme la 'Grammaire de l'ornement' d'Owen Jones (1856). Il s'en servait dans son enseignement pour illustrer la stylisation des formes naturelles.

L'Eplattenier formait ses élèves autant aux arts décoratifs qu'à l'architecture. Les instruments de dessin technique étaient donc omniprésents dans son cours supérieur, illustrant sa conviction que l'art et la construction ne devaient former qu'un seul domaine.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
L'Eplattenier commençait ses journées tôt, souvent par un dessin ou une étude de la nature environnante, fidèle à sa propre pédagogie de l'observation directe. Il préparait ensuite ses cours avec soin, sélectionnant des reproductions d'œuvres, des spécimens naturels ou des planches d'ornement à commenter avec ses élèves.
Après-midi
Ses après-midis étaient partagés entre l'enseignement à l'École d'art de La Chaux-de-Fonds — où il supervisait les travaux de ses élèves avec exigence bienveillante — et la création dans son propre atelier. Il peignait, concevait des projets décoratifs et suivait l'avancement des chantiers architecturaux dont il assurait la direction artistique en ville.
Soir
Le soir, L'Eplattenier lisait abondamment — traités d'ornement, revues d'art étrangères, essais de philosophie de l'art — et correspondait avec ses anciens élèves partis en voyage de formation à travers l'Europe. Il recevait parfois des confrères artistes pour des discussions animées sur l'art régional et la mission de l'artiste dans une société industrielle.
Alimentation
Comme la plupart des habitants du Jura suisse de son époque, L'Eplattenier avait une alimentation simple et nourrissante : viandes, fromages locaux, pain, légumes de saison et charcuteries régionales. Le repas de midi était le principal moment de pause dans sa journée de travail chargée.
Vêtements
En tant que professeur d'art et personnalité culturelle respectée de La Chaux-de-Fonds, L'Eplattenier s'habillait sobrement mais soigneusement, à la manière bourgeoise de la Belle Époque : costume sombre, chemise blanche et cravate. Dans son atelier ou lors des sorties de dessin en plein air dans la forêt jurassienne, il portait des vêtements plus pratiques.
Habitat
L'Eplattenier vivait à La Chaux-de-Fonds, dans un logement en accord avec sa condition de professeur d'art reconnu. Son intérieur reflétait ses convictions artistiques : objets décoratifs soignés, matériaux naturels, livres d'art et de botanique en abondance, et sans doute quelques-unes de ses propres œuvres peintes aux murs.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Supervision de la Villa Fallet
1905-1907
Crématorium de La Chaux-de-Fonds
vers 1909-1912
Paysages jurassiens — œuvre picturale
1895-1940
Décors, mosaïques et ornements pour bâtiments de La Chaux-de-Fonds
1900-1930






