Poétesse britannique du XIXe siècle, figure du mouvement préraphaélite. Auteure de Goblin Market (1862), recueil poétique alliant symbolisme et ferveur religieuse. Son œuvre explore l'amour, la mort et la foi chrétienne avec une sensibilité lyrique remarquable.
Christina Rossetti(1830 — 1894)
Christina Rossetti
Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande
9 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Does the road wind up-hill all the way? / Yes, to the very end.»
« My heart is like a singing bird.»
Faits marquants
- Née le 5 décembre 1830 à Londres dans une famille d'artistes et d'intellectuels.
- Publication de Goblin Market and Other Poems en 1862, son œuvre la plus célèbre.
- Sœur du peintre et poète Dante Gabriel Rossetti, cofondateur de la Fraternité préraphaélite.
- Auteure de nombreux poèmes dévotionnels, profondément marquée par la foi anglicane.
- Décède le 29 décembre 1894 à Londres, laissant une œuvre poétique considérable.
Œuvres & réalisations
Premier grand recueil poétique de Rossetti, dominé par le long poème narratif 'Goblin Market'. Ce texte alliant imaginaire féerique, symbolisme religieux et thèmes féminins est considéré comme son chef-d'œuvre et l'un des grands poèmes victoriens.
Second recueil majeur, centré sur un poème allégorique où un prince arrive trop tard pour sauver sa bien-aimée. L'œuvre explore les thèmes du temps perdu, de la procrastination et de la mort, chers à la poésie rossettienne.
Recueil de comptines et poèmes pour enfants, illustré par Arthur Hughes. D'une apparente simplicité, ces textes mêlent joie enfantine et mélancolie de l'adulte, témoignant du talent de Rossetti à toucher tous les publics.
Recueil tardif qui contient le sonnet-séquence 'Monna Innominata', souvent lu comme une méditation sur l'amour impossible et la renonciation. Ce cycle de quatorze sonnets est l'un des sommets de la poésie amoureuse victorienne au féminin.
Vaste commentaire mystique et dévotionnel du livre de l'Apocalypse, entrecoupé de poèmes originaux. Cette œuvre de la maturité révèle la profondeur de la vie spirituelle de Rossetti et son érudition biblique.
Poème de Noël d'une grande beauté lyrique, publié posthumément et mis en musique par Gustav Holst. Il est devenu l'un des chants de Noël les plus populaires du monde anglophone, transmettant à des millions de personnes la voix de Rossetti.
Anecdotes
Christina Rossetti servit elle-même de modèle pour plusieurs tableaux préraphaélites. Son frère Dante Gabriel la peignit en Vierge Marie dans 'Ecce Ancilla Domini' (1850). Cette pratique de peindre des proches comme figures bibliques ou mythologiques était caractéristique du mouvement préraphaélite, qui cherchait à retrouver la sincérité de l'art antérieur à Raphaël.
Christina Rossetti refusa deux demandes en mariage pour des raisons religieuses. Elle déclina le peintre James Collinson en 1850 car il était revenu au catholicisme, et refusa le linguiste Charles Cayley en 1866 car il n'était pas chrétien pratiquant. Elle préféra rester célibataire plutôt que de compromettre ses convictions religieuses anglicanes, ce qui influença profondément la tonalité mélancolique de sa poésie.
En 1862, la publication de 'Goblin Market' provoqua un véritable choc littéraire. Ce long poème narratif, en apparence un conte pour enfants, fut interprété par les critiques comme une allégorie de la tentation, de la rédemption et de la solidarité féminine. Son rythme incantateur et ses images sensuelles étaient si inhabituels que beaucoup doutèrent qu'une femme ait pu l'écrire.
Pendant plusieurs années, Christina Rossetti travailla bénévolement au foyer Sainte-Marie-Madeleine de Highgate, une institution victorienne qui aidait les femmes tombées dans la prostitution à se réinsérer. Cette expérience nourrit sa compassion sociale et transparaît dans certains de ses poèmes, notamment 'The Fallen Woman' et ses réflexions sur la condition féminine.
Son poème 'In the Bleak Midwinter', écrit vers 1872 et publié posthumement, devint l'une des chansons de Noël les plus chantées en Grande-Bretagne. Mis en musique par Gustav Holst en 1906, il figure régulièrement parmi les préférées des Britanniques lors de sondages sur les hymnes de Noël, faisant de Christina Rossetti une poétesse présente dans des millions de foyers sans que beaucoup connaissent son nom.
Sources primaires
Morning and evening / Maids heard the goblins cry: / 'Come buy our orchard fruits, / Come buy, come buy.'
Too late for love, too late for joy, / Too late, too late! / You loitered on the road too long, / You trifled at the gate.
What are heavy? Sea-sand and sorrow. / What are brief? Today and tomorrow. / What are frail? Spring blossoms and youth. / What are deep? The ocean and truth.
I want to be a Poetess of my acquaintance — a far better Poetess than I shall ever be — and yet she is not satisfied.
Love is the great Motive Power; Love Divine originates, sustains, and will consummate all things.
Lieux clés
Christina Rossetti naquit en 1830 dans cette maison du quartier de Fitzrovia, à Londres, où son père, professeur d'italien, avait installé la famille. C'est dans cet environnement cosmopolite et littéraire qu'elle grandit entourée de poètes et d'artistes.
Christina vécut dans cette maison de Bloomsbury de 1876 à sa mort en 1894, avec sa mère puis seule après le décès de celle-ci. C'est ici qu'elle écrivit ses dernières œuvres, recevant peu de visites en raison de sa maladie.
Paroisse anglo-catholique fréquentée assidûment par Christina Rossetti toute sa vie. Sa foi profonde et ses engagements paroissiaux, notamment le bénévolat auprès de femmes en difficulté, s'ancrent dans cette communauté religieuse de Camden Town.
Christina Rossetti est inhumée dans ce célèbre cimetière victorien de Londres, dans la même tombe que plusieurs membres de sa famille. Highgate accueille également la tombe de Karl Marx et constitue un haut lieu du patrimoine funéraire victorien.
Christina séjourna à plusieurs reprises dans ce château médiéval appartenant à l'amie de son frère, Alice Boyd. Ces retraites écossaises lui permirent de se ressourcer et d'écrire dans un cadre romantique et isolé, loin des tensions londoniennes.
Objets typiques

Christina Rossetti rédigeait ses poèmes à la plume, sur du papier vélin. Elle travaillait souvent la nuit ou tôt le matin, noircissant des feuilles qu'elle révisait méthodiquement avant de les soumettre à son frère ou à son éditeur.

Femme de foi profonde, Christina gardait toujours une Bible à portée de main, soulignant des passages et les intégrant dans ses réflexions poétiques. Son commentaire de l'Apocalypse 'The Face of the Deep' témoigne de cette lecture assidue des Écritures.

Comme la plupart des poètes préraphaélites, Christina Rossetti admirait les Romantiques anglais. Elle lisait régulièrement Keats et le très populaire Tennyson, dont le style musical l'influença dans la composition de ses vers.

À l'époque victorienne, la photographie se démocratisait rapidement. Plusieurs portraits de Christina Rossetti ont été réalisés, dont certains par son frère. Ces images montrent une femme au regard grave et à l'expression réservée, fidèle à sa personnalité contemplative.

Pratiquante assidue de l'Église d'Angleterre dans sa tendance haute (Anglo-Catholic), Rossetti utilisait un livre de prières illustré et un chapelet lors de ses dévotions quotidiennes, qui structuraient son emploi du temps.

Comme beaucoup de femmes victoriennes de la classe moyenne, Christina pratiquait la broderie comme activité de loisir. Ce travail manuel l'accompagnait souvent lors des réunions familiales et lui permettait de méditer tout en restant socialement active.
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Vie quotidienne
Matin
Christina se levait tôt et commençait sa journée par la prière et la lecture des Écritures, habitude qu'elle conserva toute sa vie. Elle assistait régulièrement aux offices du matin à Christ Church, Albany Street. C'est souvent dans ces heures matinales calmes qu'elle composait ses premiers jets poétiques, notant ses idées dans un carnet.
Après-midi
L'après-midi, Christina recevait parfois des membres de sa famille ou des amis proches, en particulier son frère Dante Gabriel et sa mère. Elle travaillait à ses poèmes et à ses écrits dévotionnels, corrigeant ses manuscrits avec soin. Plusieurs fois par semaine, elle se rendait au foyer Sainte-Marie-Madeleine de Highgate pour son travail bénévole auprès des femmes en difficulté.
Soir
Le soir, la famille Rossetti se retrouvait souvent pour des lectures à voix haute, un divertissement typiquement victorien. Christina lisait de la poésie, notamment les Romantiques, ou des romans de l'époque. À mesure qu'avançait sa maladie, les soirées devinrent plus solitaires, consacrées à la méditation et à la rédaction de lettres à ses correspondants.
Alimentation
L'alimentation de Christina Rossetti était celle d'une famille de la classe moyenne londonienne victorienne : porridge et thé le matin, repas chaud à midi (viande rôtie, légumes bouillis), thé avec des gâteaux l'après-midi, et dîner léger le soir. Sa maladie thyroïdienne et plus tard son cancer l'obligèrent à adapter progressivement son régime. Elle ne buvait pas d'alcool, par conviction religieuse.
Vêtements
Christina portait les tenues sobres et sombres typiques des femmes pieuses de la classe moyenne victorienne : robes longues à col haut, souvent en tissu noir ou gris, corset lacé, jupons et bottines. Elle refusait les parures extravagantes et les couleurs vives, préférant une mise simple et digne conforme à ses convictions religieuses. Après sa maladie de Basedow, qui avait modifié ses traits, elle portait parfois un voile.
Habitat
Christina vécut principalement à Londres avec sa mère et ses sœurs. Le foyer familial des Rossetti était un appartement bourgeois typique de la capitale victorienne : pièces encombrées de livres et de tableaux (notamment les toiles de Dante Gabriel), cheminées dans chaque chambre, lumière au gaz. Après les années 1870, elle habita au 30 Torrington Square, Bloomsbury, dans une maison plus calme adaptée à sa santé déclinante.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Goblin Market and Other Poems
1862
The Prince's Progress and Other Poems
1866
Sing-Song: A Nursery Rhyme Book
1872
A Pageant and Other Poems
1881
The Face of the Deep
1892
In the Bleak Midwinter (poème)
vers 1872, publié 1904






