Sculpteur suédo-américain né en 1929, figure majeure du Pop Art. Il est célèbre pour ses sculptures monumentales d'objets du quotidien en matériaux souples ou à grande échelle, transformant l'ordinaire en œuvre d'art.
Claes Oldenburg(1929 — 2022)
Claes Oldenburg
États-Unis, Suède
9 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 28 janvier 1929 à Stockholm, il grandit aux États-Unis
- En 1961, il ouvre 'The Store', installation-environnement à New York reproduisant des objets de consommation en plâtre peint
- Il réalise à partir des années 1960 ses célèbres 'soft sculptures', objets rigides reproduits en vinyle mou (Soft Typewriter, 1963)
- Il crée avec Coosje van Bruggen de nombreuses sculptures monumentales publiques, dont Clothespin (1976) à Philadelphie
- Il décède le 18 juillet 2022 à New York
Œuvres & réalisations
Installation dans laquelle Oldenburg transforma un local commercial de Manhattan en galerie vendant des répliques en plâtre peint d'aliments et d'objets courants. Cette œuvre fondatrice du Pop Art brouilla délibérément la frontière entre art et commerce.
Sculpture en toile peinte et mousse représentant un hamburger géant de 132 cm de diamètre. Elle est l'une des premières « soft sculptures » d'Oldenburg et introduit l'alimentation fast-food comme sujet artistique légitime.
Machine à écrire grandeur nature fabriquée en vinyle souple qui s'affaisse sous son propre poids. Elle incarne la démarche fondatrice d'Oldenburg : rendre « mou » ce qui est dur pour questionner notre rapport aux objets techniques.
Sculpture monumentale installée à l'université Yale associant un rouge à lèvres géant à des chenilles de char. Protestation politique contre la guerre du Vietnam, elle devint un symbole de l'engagement de l'art dans le débat public.
Sculpture en acier Corten de 13 mètres de haut installée au centre de Philadelphie. Première grande commande publique d'Oldenburg, elle fit entrer son œuvre monumentale dans le paysage urbain américain.
Réalisée avec Coosje van Bruggen pour le Walker Art Center de Minneapolis, cette sculpture représente une immense cuillère de 15 mètres surmontée d'une cerise rouge. Elle est devenue l'une des sculptures publiques les plus aimées des États-Unis.
Sculpture monumentale représentant une gomme de machine à écrire — objet désormais obsolète à l'ère numérique. Oldenburg y célèbre avec nostalgie et humour les outils du travail intellectuel du XXe siècle.
Anecdotes
En 1961, Claes Oldenburg loua un local commercial au rez-de-chaussée d'un immeuble du Lower East Side de Manhattan et le transforma en « The Store » : une boutique-galerie remplie de répliques en plâtre grossièrement peintes de nourriture, vêtements et bijoux. Les visiteurs pouvaient acheter ces « produits » comme dans un vrai magasin. Cette installation provocatrice fut l'une des premières à introduire la culture de consommation au cœur du monde de l'art.
En 1969, Oldenburg fit installer sans autorisation préalable sur le campus de l'université Yale une immense sculpture en forme de rouge à lèvres monté sur des chenilles de char d'assaut. Intitulée Lipstick (Ascending) on Caterpillar Tracks, cette œuvre était une protestation contre la guerre du Vietnam : le symbole de la beauté féminine associé à la machine de guerre. Elle provoqua une vive polémique avant d'être officiellement acceptée et conservée par l'université.
Oldenburg était fasciné par l'idée de rendre « mou » ce qui devrait être dur. Dans les années 1960, il créa des sculptures en vinyle souple et kapok représentant des objets habituellement rigides : une machine à écrire, des toilettes, un ventilateur électrique. Quand on les posait, ces sculptures s'affaissaient mollement sous leur propre poids, créant un effet à la fois comique et troublant qui renversait toutes les conventions de la sculpture traditionnelle.
Dans les années 1960, Oldenburg organisa des « happenings » — des performances artistiques collectives et improvisées dans des lieux inattendus de New York. Pour l'un d'eux, intitulé Autobodys (1963), des participants se déplaçaient autour de voitures dans un parking de Los Angeles, créant une chorégraphie absurde. Ces événements firent scandale dans le monde de l'art académique mais devinrent des références fondatrices de l'art de la performance.
Dans les années 1960, Oldenburg rédigea de fausses lettres officielles proposant aux autorités de Chicago d'installer des « monuments colossaux » dans la ville : une immense pince à linge, un énorme os de poulet, un gigantesque windshield wiper... Publiés comme des propositions sérieuses, ces projets absurdes tournaient en dérision le gigantisme des monuments officiels. Ironiquement, plusieurs de ces objets improbables furent réellement construits des décennies plus tard.
Sources primaires
I am for an art that is political-erotical-mystical, that does something other than sit on its ass in a museum. I am for an art that grows up not knowing it is art at all.
The Store was a store, with the exception that everything in it was made by me and cost as much as paintings. I wished to do a work that was totally submerged in ordinary life.
I want to make things that nobody wants to look at as art at first, and then make them look at them as art — that is the trick, and the point.
The colossal monument is a way of transforming the familiar into the strange — to place in the city an object that everyone knows but has never seen at this scale, and thereby to see the city anew.
Lieux clés
Ville natale de Claes Oldenburg, né le 28 janvier 1929. Sa double identité suédo-américaine a nourri son regard distancié et ironique sur la culture de consommation américaine.
Ville où Oldenburg s'installa en 1956 et vécut jusqu'à sa mort en 2022. C'est à Manhattan qu'il ouvrit « The Store », organisa ses happenings et développa toute son œuvre majeure.
Ville où il grandit après l'installation de sa famille en 1936 et où il étudia à l'Art Institute of Chicago. Cette ville industrielle et populaire nourrit son intérêt pour les objets du quotidien.
Oldenburg y obtint sa licence en 1950, puis y installa en 1969 sa sculpture provocatrice Lipstick on Caterpillar Tracks en protestation contre la guerre du Vietnam.
La sculpture Clothespin (1976) y est installée au cœur du centre d'affaires. Elle fut l'une des premières grandes commandes publiques d'Oldenburg et fit entrer son œuvre dans l'espace urbain quotidien.
Ce musée d'art contemporain abrite depuis 1988 la sculpture Spoonbridge and Cherry, créée avec Coosje van Bruggen. Elle est devenue l'œuvre d'Oldenburg la plus photographiée et l'emblème du musée.
Objets typiques

Oldenburg transforma cet objet banal du quotidien en sculpture monumentale de 13 mètres, installée à Philadelphie en 1976. La pince à linge, agrandie à l'extrême, devient à la fois drôle et imposante, questionnant notre rapport aux objets familiers.

En 1963, Oldenburg fabriqua une machine à écrire en vinyle souple qui s'affaisse sur elle-même. Cet objet normalement rigide et fonctionnel devient inutilisable et presque vivant, symbolisant sa critique de la société industrielle et de ses outils.

Ce hamburger en toile peinte et mousse, de plus d'un mètre de diamètre, est l'une des premières sculptures molles d'Oldenburg (1962). Il représente la nourriture fast-food comme emblème de la culture de consommation américaine.

Combinant un symbole féminin et une machine de guerre, cette sculpture de 1969 fut une protestation politique contre la guerre du Vietnam installée à Yale. Elle incarne la capacité d'Oldenburg à transformer un objet quotidien en message politique.

Cette sculpture monumentale de 1988 installée à Minneapolis représente une cuillère de 15 mètres surmontée d'une cerise rouge. Elle est devenue l'emblème du Walker Art Center et illustre l'humour caractéristique d'Oldenburg.

Pour son installation de 1961, Oldenburg fabriqua des dizaines de répliques en plâtre grossièrement peintes de sandwichs, gâteaux, chaussures et vêtements, imitant les vitrines des commerces populaires new-yorkais.

Cette sculpture monumentale de 1999 représente une gomme circulaire d'époque mécanique, objet devenu obsolète à l'ère numérique. Oldenburg y célèbre avec nostalgie et humour les outils du travail intellectuel du XXe siècle.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les années 1960, Oldenburg commençait sa journée dans son atelier du Lower East Side de Manhattan, un espace encombré de vinyle, kapok, plâtre et peinture. Il consacrait les matins à la fabrication de ses sculptures, travaillant souvent de ses mains avec des techniques délibérément artisanales et « brutes ».
Après-midi
Les après-midis étaient souvent consacrés à la préparation des happenings avec d'autres artistes (Jim Dine, Allan Kaprow, Red Grooms). Il planifiait les performances, rédigeait des notes et des scénarios, et photographiait ses propres œuvres en cours de création.
Soir
La vie artistique new-yorkaise se prolongeait souvent le soir dans les galeries, les lofts et la Judson Memorial Church, où se croisaient artistes, danseurs, poètes et musiciens d'avant-garde. Oldenburg y participait activement, dans une effervescence créatrice caractéristique du New York des années 1960.
Alimentation
Comme beaucoup d'artistes new-yorkais de cette génération aux revenus modestes, Oldenburg mangeait souvent dans les diners et luncheonettes populaires de Manhattan — ces restaurants peu chers dont les vitrines l'inspirèrent directement pour « The Store ». La nourriture américaine ordinaire (hamburgers, hot-dogs, glaces) devint un thème central de son œuvre.
Vêtements
Oldenburg adoptait la tenue caractéristique des artistes new-yorkais des années 1960 : jean, chemise simple, parfois un manteau de travail taché de peinture. Il incarnait l'image de l'artiste-artisan travaillant de ses mains, loin de toute recherche d'élégance ou de mise en scène de sa propre personne.
Habitat
Comme la plupart des artistes de sa génération à New York, Oldenburg vivait et travaillait dans des lofts industriels du Lower East Side ou de SoHo, vastes espaces permettant de fabriquer des sculptures de grande taille. Son atelier était aussi son lieu de vie, dans des quartiers alors populaires et bon marché, avant leur gentrification des années 1980.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
The Store
1961
Soft Typewriter (Machine à écrire molle)
1963






