Clotilde(474 — 545)

Clotilde

royaume de Bourgogne

6 min de lecture

PolitiqueSpiritualitéAntiquitéFin de l'Antiquité tardive et début du haut Moyen Âge, époque mérovingienne (Ve-VIe siècles), marquée par la chute de l'Empire romain d'Occident et la formation du royaume franc.

Reine des Francs, épouse de Clovis Ier, elle joua un rôle déterminant dans la conversion de son mari au christianisme. Vénérée comme sainte par l'Église catholique, elle incarne le rapprochement entre la royauté franque et le christianisme à l'aube du Moyen Âge.

Questions fréquentes

Pour comprendre l'importance de Clotilde, il faut imaginer la Gaule du Ve siècle, où les royaumes barbares se disputent l'héritage de Rome. Ce qui frappe ici, c'est qu'elle n'est pas seulement une reine consort : c'est elle qui, par sa foi chrétienne, pousse son époux Clovis à se convertir au catholicisme nicéen, faisant basculer tout le royaume franc dans une alliance durable avec l'Église de Rome. Ce qu'il faut retenir, c'est que sans elle, la France serait peut-être devenue arienne comme ses voisins burgondes ou wisigoths. Vénérée comme sainte, elle incarne le modèle de la reine chrétienne à l'origine de la conversion d'un royaume.

Faits marquants

  • Née vers 475, princesse burgonde, fille du roi Chilpéric II de Burgondie
  • Épouse Clovis Ier, roi des Francs, vers 492-493
  • Joue un rôle clé dans la conversion de Clovis au christianisme, menant à son baptême à Reims (vers 496-508)
  • Après la mort de Clovis en 511, elle se retire à Tours près du tombeau de saint Martin
  • Morte vers 545, elle est canonisée et fêtée le 3 juin

Œuvres & réalisations

La conversion de Clovis au christianisme nicéen (vers 496)

Son influence décida le roi à choisir le catholicisme plutôt que l'arianisme, alignant durablement la royauté franque sur l'Église de Rome.

Fondation de la basilique des Saints-Apôtres (Paris) (vers 502-511)

Édifiée avec Clovis, elle devint le tombeau du couple royal puis, plus tard, l'abbaye Sainte-Geneviève.

Fondation du monastère des Andelys (VIe siècle)

Établissement pour des religieuses en Normandie ; la légende lui attribue le miracle d'une source changée en vin pour désaltérer les ouvriers du chantier.

Mécénat du sanctuaire de Saint-Martin à Tours (511-545)

Elle dota et protégea le grand lieu de pèlerinage de la Gaule, où elle se retira durant son veuvage.

Le culte de sainte Clotilde (à partir du VIe siècle)

Vénérée comme sainte (fête le 3 juin), elle incarne le modèle de la reine chrétienne à l'origine de la conversion d'un royaume.

Anecdotes

Princesse burgonde, Clotilde appartenait à un peuple déjà chrétien, mais de confession arienne. Lorsqu'elle épousa vers 493 Clovis, roi païen des Francs, elle entreprit aussitôt de le détourner de ses idoles. Selon Grégoire de Tours, elle lui répétait que ses dieux de pierre et de bois étaient incapables de se secourir eux-mêmes, et plus encore de secourir les hommes.

Le premier fils de Clovis et Clotilde, Ingomer, mourut peu après son baptême, encore vêtu de sa robe blanche. Clovis reprocha amèrement à la reine que le Dieu chrétien n'avait pas su sauver l'enfant. Mais lorsque leur deuxième fils, baptisé lui aussi, survécut à la maladie, Clotilde y vit un signe : la foi nouvelle gagnait peu à peu la cour.

La conversion de Clovis se joua, dit-on, sur un champ de bataille. Sur le point d'être écrasé par les Alamans à Tolbiac vers 496, le roi païen aurait imploré « le Dieu de Clotilde », promettant de se faire baptiser s'il l'emportait. La victoire obtenue, il tint parole.

Le jour de son baptême à Reims, Clovis s'entendit lancer par l'évêque Remi une phrase restée célèbre : « Courbe doucement la tête, fier Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. » La tradition raconte que des milliers de guerriers francs se firent baptiser à sa suite.

Devenue veuve en 511, Clotilde renonça aux intrigues de la cour et se retira à Tours, près du tombeau de saint Martin. Elle y passa plus de trente ans à prier, soulager les pauvres et fonder des églises, gagnant une réputation de sainteté qui la fit vénérer après sa mort.

Sources primaires

Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre II, ch. 29 (exhortation de Clotilde) (vers 575-594)
« Les dieux que vous adorez ne sont rien et ne peuvent rien, ni pour eux-mêmes ni pour les autres, car ils sont taillés dans la pierre, le bois ou quelque métal. »
Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre II, ch. 30 (vœu de Clovis à Tolbiac) (vers 575-594)
« Jésus-Christ, toi que Clotilde proclame fils du Dieu vivant, si tu m'accordes la victoire sur ces ennemis, je croirai en toi et je me ferai baptiser en ton nom. »
Grégoire de Tours, Histoire des Francs, Livre II, ch. 31 (baptême de Clovis) (vers 575-594)
L'évêque Remi dit au roi : « Courbe doucement la tête, ô Sicambre ; adore ce que tu as brûlé, brûle ce que tu as adoré. »
Vita sanctae Chrothildis (Vie de sainte Clotilde), hagiographie (Xe siècle)
Le récit célèbre la reine comme une mère pieuse qui amena son époux à la vraie foi, distribua ses biens aux pauvres et fonda de nombreuses églises avant de mourir saintement à Tours.

Lieux clés

Lyon (royaume burgonde)

Cœur du royaume burgonde où, selon la tradition, naquit et grandit Clotilde à la cour de sa famille royale.

Soissons

L'une des résidences royales des Francs sous Clovis, centre du pouvoir où Clotilde vécut comme reine.

Tolbiac (Zülpich)

Lieu de la bataille contre les Alamans où Clovis aurait invoqué le Dieu de Clotilde et fait le vœu de se convertir.

Reims

Cité où l'évêque Remi baptisa Clovis, aboutissement du long travail de conversion mené par Clotilde.

Paris

Résidence royale où Clotilde et Clovis fondèrent la basilique des Saints-Apôtres, qui devint leur lieu de sépulture.

Tours

Auprès du tombeau de saint Martin, Clotilde passa son veuvage dans la prière et la charité, et y mourut en 545.

Voir aussi