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La table du lettré des Dix-Sept Provinces
Chez un humaniste lettré du Nord à la Renaissance, le repas se déroule en services successifs hérités du Moyen Âge tardif : d'abord les potages et brouets blancs (mets liquides et doux, faciles à l'estomac), puis le rost (viandes rôties accompagnées de sauces aux épices), enfin l'issue de table — confitures sèches, dragées et vin épicé — qui clôt le repas et passe pour aider la digestion. Le pain blanc, signe de raffinement, accompagne tout le service. Le poisson, théoriquement imposé les jours maigres, est ici écarté grâce à la dispense papale d'Érasme.
Signature : Les épices douces venues de Venise
Cannelle, gingembre, clou de girofle et graines de paradis : ces épices chaudes que Venise — où Érasme travailla chez l'imprimeur Alde Manuce — faisait entrer en Europe. On les croyait à la fois savoureuses et médicinales, réchauffant et fortifiant un estomac fragile comme le sien. Maniées avec mesure, elles signent toute cette table : douces sans brûler, parfumées sans masquer.

Érasme à table

1466 — 1536

5 recettes d’époque