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Blanc-manger de chapon
Pourquoi ce plat ? Érasme, à l'estomac délicat, redoutait les mets lourds et le poisson des jours maigres. Le blanc-manger — chair blanche pilée, lait d'amande et sucre — était le mets doux par excellence, servi aux malades comme aux raffinés. Pour un homme muni d'une dispense de manger de la viande et qui aimait « les mets simples mais bien préparés », c'était le plat quotidien idéal.
Une crème onctueuse de blanc de volaille effiloché, liée au lait d'amande et délicatement sucrée. Ni tout à fait salé ni tout à fait sucré : un mets pâle, tiède et tendre, pensé pour les estomacs fragiles.
Sachez, ami lecteur, que la nature m'a doté d'un estomac plus capricieux qu'un prince en son conseil. Le poisson me révulse, et j'ai dû quérir du Saint-Père lui-même la grâce de manger chair ! Aussi, quand le corps est las des lettres, je me fais servir ce blanc-manger : chapon pilé dans le lait d'amande, à peine sucré, doux comme une pensée bien tournée. Mange-le tiède, je te prie, et bénis avec moi les amandes, qui n'offensent jamais le ventre du studieux.
- •Chair de chapon bouillie — le blanc d'une volaille (base protéinée, effilochée puis pilée)
- •Lait d'amande — deux écuelles (liquide de liaison, douceur)
- •Farine de riz — une pleine cuillère (liant)
- •Sucre — à discrétion (douceur)
- •Eau de rose — quelques gouttes (parfum)
- •Sel — une pincée (assaisonnement)
Blanc-manger de chapon
Une crème onctueuse de blanc de volaille effiloché, liée au lait d'amande et délicatement sucrée. Ni tout à fait salé ni tout à fait sucré : un mets pâle, tiède et tendre, pensé pour les estomacs fragiles.
Pourquoi ce plat ? Érasme, à l'estomac délicat, redoutait les mets lourds et le poisson des jours maigres. Le blanc-manger — chair blanche pilée, lait d'amande et sucre — était le mets doux par excellence, servi aux malades comme aux raffinés. Pour un homme muni d'une dispense de manger de la viande et qui aimait « les mets simples mais bien préparés », c'était le plat quotidien idéal.
Sachez, ami lecteur, que la nature m'a doté d'un estomac plus capricieux qu'un prince en son conseil. Le poisson me révulse, et j'ai dû quérir du Saint-Père lui-même la grâce de manger chair ! Aussi, quand le corps est las des lettres, je me fais servir ce blanc-manger : chapon pilé dans le lait d'amande, à peine sucré, doux comme une pensée bien tournée. Mange-le tiède, je te prie, et bénis avec moi les amandes, qui n'offensent jamais le ventre du studieux.
Ingrédients (version d’époque)
- Chair de chapon bouillie — le blanc d'une volaille (base protéinée, effilochée puis pilée)
- Lait d'amande — deux écuelles (liquide de liaison, douceur)
- Farine de riz — une pleine cuillère (liant)
- Sucre — à discrétion (douceur)
- Eau de rose — quelques gouttes (parfum)
- Sel — une pincée (assaisonnement)
Ingrédients
- Blanc de poulet ou chapon poché — 200 g (base protéinée)
- Lait d'amande non sucré — 400 ml (liquide de liaison)
- Poudre d'amande — 2 c. à soupe (onctuosité)
- Fécule de riz (ou maïzena de substitution non requise) — 1 c. à soupe rase (liant)
- Sucre — 2 c. à café (douceur)
- Eau de rose — 3 gouttes (parfum)
- Sel fin — 1 pincée (assaisonnement)
Préparation
- Pocher le blanc de volaille dans l'eau frémissante salée, l'égoutter et l'effilocher finement, puis le piler ou le mixer brièvement.
- Faire tiédir le lait d'amande avec la poudre d'amande, le sucre et la pincée de sel.
- Délayer la fécule de riz dans un peu de lait froid, l'ajouter au lait chaud et remuer jusqu'à léger épaississement.
- Incorporer la chair pilée, laisser fondre ensemble à feu doux quelques minutes en remuant.
- Parfumer de quelques gouttes d'eau de rose hors du feu et servir tiède dans une écuelle.
Comment on faisait : Le blanc-manger figure dans presque tous les recueils de cuisine de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance (Viandier, Ménagier de Paris). On pilait longuement la chair au mortier, on liait au lait d'amande et parfois au riz, et l'on décorait de dragées ou de grenade. Mets de prestige, il était aussi prescrit aux convalescents pour sa douceur.
Le twist contemporain : Servi en verrine tiède, parsemé d'amandes effilées torréfiées et d'un voile de cannelle : un « velouté blanc » de scriptorium pour table d'aujourd'hui.
Sources : Le Ménagier de Paris (v. 1393) · Le Viandier de Taillevent
Érasme · Charactorium





