Frédéric II le Grand(1712 — 1786)

Frédéric II de Prusse

royaume de Prusse

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PolitiqueMilitaireChef militaireTemps modernesEurope des Lumières et du despotisme éclairé, au XVIIIe siècle

Frédéric II, dit Frédéric le Grand, fut roi de Prusse de 1740 à 1786. Souverain éclairé et stratège militaire de premier plan, il fit de la Prusse une grande puissance européenne tout en correspondant avec les philosophes des Lumières, dont Voltaire.

Questions fréquentes

Pour comprendre ce titre, il faut imaginer un roi qui, en 46 ans de règne, a transformé un petit royaume en grande puissance européenne. Frédéric II (1712-1786) est surnommé « le Grand » moins pour sa taille que pour ses succès militaires et sa vision politique. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il incarne le modèle du despote éclairé : il gouverne seul mais se dit « premier serviteur de l'État », modernise la justice, tolère les religions et correspond avec Voltaire. Sa conquête de la Silésie en 1742 et ses victoires pendant la guerre de Sept Ans (Rossbach, Leuthen) font de lui un stratège légendaire.

Citations célèbres

« Je suis le premier serviteur de l'État.»

Faits marquants

  • Accède au trône de Prusse en 1740 à la mort de son père Frédéric-Guillaume Ier
  • Déclenche la guerre de Succession d'Autriche en envahissant la Silésie (1740-1748)
  • Mène la Prusse durant la guerre de Sept Ans (1756-1763) et conserve la Silésie
  • Participe au premier partage de la Pologne en 1772, gagnant la Prusse occidentale
  • Fait construire le palais de Sans-Souci à Potsdam (1745-1747) et y reçoit Voltaire

Œuvres & réalisations

Anti-Machiavel (1740)

Traité politique réfutant Le Prince de Machiavel, où Frédéric défend l'idée d'un souverain au service de son peuple.

Conquête et intégration de la Silésie (1742)

Acquisition d'une province riche et peuplée qui transforma la Prusse en puissance de premier plan en Europe.

Palais de Sans-Souci (1745-1747)

Chef-d'œuvre de l'architecture rococo qu'il conçut comme refuge philosophique et artistique à Potsdam.

Histoire de mon temps (1746)

Récit historique où Frédéric analyse ses guerres et la politique européenne de son époque.

Testament politique (1752)

Texte fondateur exposant sa conception du roi « premier serviteur de l'État » et l'organisation du royaume.

Réforme de la justice et code prussien (1781)

Modernisation du droit, abolition de la torture judiciaire et promotion de la tolérance religieuse, héritage du despotisme éclairé.

L'Offrande musicale (thème offert à J.-S. Bach) (1747)

Le thème musical complexe proposé par Frédéric inspira à Bach l'une de ses œuvres les plus célèbres.

Anecdotes

Adolescent, Frédéric supportait mal la discipline militaire imposée par son père, le « roi-sergent » Frédéric-Guillaume Ier. En 1730, à 18 ans, il tenta de fuir vers l'Angleterre avec son ami Hans Hermann von Katte. Rattrapés, les deux jeunes gens furent arrêtés : le roi força Frédéric à assister à l'exécution de son ami, une épreuve qui le marqua à vie.

Frédéric II était passionné de musique et jouait remarquablement de la flûte traversière. Il composa lui-même de nombreuses sonates et concertos, et organisait chaque soir des concerts dans son palais de Sans-Souci. En 1747, il reçut le compositeur Jean-Sébastien Bach, à qui il proposa un thème musical complexe qui donna naissance à « L'Offrande musicale ».

Le roi entretint une longue correspondance avec Voltaire, qu'il admirait et invita à sa cour de Potsdam à partir de 1750. Mais les deux fortes personnalités finirent par se brouiller en 1753, après des querelles d'argent et d'orgueil. Malgré la rupture, ils reprirent une correspondance épistolaire jusqu'à la fin de leurs vies.

Frédéric II adorait les chiens, en particulier ses lévriers italiens, qu'il préférait souvent à la compagnie des humains. Il demanda expressément à être enterré auprès d'eux dans son domaine de Sans-Souci, simplement et sans faste. Ce vœu ne fut exaucé qu'en 1991, plus de deux siècles après sa mort.

Surnommé « le roi-philosophe », Frédéric II travaillait sans relâche et dormait peu, se levant souvent avant l'aube. Il se disait « le premier serviteur de l'État » et estimait que le souverain devait se dévouer entièrement au bien commun, idéal du despotisme éclairé.

Sources primaires

Anti-Machiavel, Frédéric II (1740)
Le souverain, loin d'être le maître absolu des peuples qui sont sous sa domination, n'en est lui-même que le premier domestique.
Correspondance de Frédéric II avec Voltaire (vers 1740-1750)
Je vous remercie de la peine que vous avez prise de polir mes mauvais vers ; un roi qui fait des vers doit s'attendre à être corrigé.
Testament politique de Frédéric II (1752)
Un prince est le premier serviteur et le premier magistrat de l'État ; il lui doit compte de l'usage qu'il fait des impôts.
Histoire de mon temps, Frédéric II (1746)
La possession de la Silésie nous mettait en état de balancer la puissance de la maison d'Autriche.

Lieux clés

Berlin

Capitale du royaume de Prusse où Frédéric naquit en 1712 et siégea le pouvoir royal.

Palais de Sans-Souci, Potsdam

Résidence d'été rococo construite à partir de 1745, où Frédéric vivait, jouait de la flûte et recevait les philosophes. Il y mourut en 1786.

Silésie (Wrocław/Breslau)

Riche province conquise sur l'Autriche dès 1740, enjeu majeur de ses guerres et clé de la montée en puissance prussienne.

Leuthen (Lutynia)

Site de la bataille de 1757 où Frédéric écrasa une armée autrichienne très supérieure, considérée comme un chef-d'œuvre tactique.

Küstrin (Kostrzyn)

Forteresse où le jeune Frédéric fut emprisonné en 1730 après sa tentative de fuite et où il assista à l'exécution de von Katte.

Voir aussi