Mathématicien français (1746-1818), inventeur de la géométrie descriptive et cofondateur de l'École polytechnique. Proche de Napoléon, il joua un rôle majeur dans la modernisation de l'enseignement scientifique et technique en France.
Gaspard Monge(1746 — 1818)
Gaspard Monge
France
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- 1746 : Naissance à Beaune en Bourgogne
- 1768 : Invente la géométrie descriptive à l'École royale du génie de Mézières
- 1794 : Cofonde l'École polytechnique avec Lazare Carnot et d'autres savants
- 1798-1799 : Participe à l'expédition d'Égypte aux côtés de Napoléon Bonaparte
- 1818 : Mort à Paris ; ses travaux fondent la géométrie différentielle moderne
Œuvres & réalisations
Monge mit au point une méthode révolutionnaire pour représenter les objets tridimensionnels sur un plan par leurs projections orthogonales. Classée secret militaire pendant trente ans, cette invention fonda une discipline mathématique et technique nouvelle, base du dessin industriel moderne.
Avec Lazare Carnot et d'autres savants, Monge conçut et lança l'École Centrale des Travaux Publics (future École Polytechnique), première grande école scientifique française. Cette institution réforma durablement l'enseignement supérieur et servit de modèle à travers le monde.
Premier traité imprimé exposant systématiquement la méthode des projections, issu de ses cours à l'École Normale de l'An III. Cet ouvrage fonda la discipline de la géométrie descriptive, devenue obligatoire dans l'enseignement des ingénieurs en Europe.
Ouvrage majeur de géométrie analytique dans lequel Monge développa l'étude des courbes et des surfaces par des méthodes algébriques. Il enrichit considérablement la théorie des surfaces et posa des bases utilisées en géométrie différentielle.
En tant que président de la Commission des sciences et arts, Monge supervisa l'inventaire scientifique et archéologique de l'Égypte. Cette entreprise colossale donna naissance à la Description de l'Égypte, publiée entre 1809 et 1828.
Anecdotes
Jeune draftsman à l'École royale du génie de Mézières, Monge se vit confier un problème de fortification militaire que les officiers résolvaient habituellement par de longs calculs arithmétiques. Il proposa en quelques heures une solution géométrique si élégante que le commandant refusa d'abord d'y croire, pensant à une erreur. Convaincu par la démonstration, l'officier fit aussitôt classer la méthode secret d'État, jugeant qu'elle donnerait un avantage décisif à la France si elle restait inconnue des puissances ennemies. Cette découverte, tenue secrète pendant trente ans, allait pourtant révolutionner l'enseignement des ingénieurs dans le monde entier.
Lors de la fondation de l'École Polytechnique en 1794, Monge s'investit avec une énergie extraordinaire : il rédigea les programmes, recruta les professeurs, enseigna lui-même la géométrie descriptive et supervisa l'organisation administrative. Il voyait dans cette nouvelle institution le moyen de former une élite scientifique et technique capable de servir la nation, alliant pour la première fois mathématiques pures et sciences appliquées dans un même cursus. L'École Polytechnique devint rapidement un modèle copié dans toute l'Europe.
Lors de l'expédition d'Égypte (1798-1799), Napoléon choisit Monge comme l'un de ses savants de confiance, et les deux hommes nouèrent une amitié sincère et durable. Monge présidait la Commission des sciences et arts chargée d'étudier l'Égypte antique et moderne ; il participa à la mesure des pyramides et à l'étude des monuments, contribuant aux travaux qui allaient donner naissance à la monumentale Description de l'Égypte.
À la chute de Napoléon en 1815, Monge, âgé de 69 ans, fut frappé de plein fouet par la Restauration : ses titres lui furent retirés, et en 1816 les Bourbons le chassèrent de l'Académie des sciences, humiliation insupportable pour le vieux savant. Il mourut deux ans plus tard, en 1818, mais ses anciens élèves de l'École Polytechnique, bravant les interdictions des autorités royalistes, vinrent en masse suivre son convoi funèbre, témoignage émouvant de la fidélité que lui portaient ses élèves.
Sources primaires
La géométrie descriptive a deux objets : le premier, de donner les méthodes pour représenter sur une feuille de dessin qui n'a que deux dimensions, savoir, longueur et largeur, tous les corps de la nature qui en ont trois.
Par l'usage combiné des deux projections, on peut déterminer exactement la forme et la position de tout objet dans l'espace, et en déduire toutes les propriétés géométriques qui lui appartiennent.
L'objet de ce traité est de rassembler les principales applications que l'on peut faire de l'analyse algébrique à la géométrie des courbes et des surfaces, et de montrer comment les deux sciences peuvent se prêter mutuellement des secours.
Nous sommes ici entourés de merveilles que notre Commission s'efforce de mesurer et de décrire. Les monuments de l'Égypte ancienne dépassent tout ce que l'imagination pouvait concevoir ; je pense à vous et à nos filles chaque jour.
Lieux clés
Ville natale de Gaspard Monge, né le 9 mai 1746. Fils d'un marchand colporteur, il y reçut sa première éducation chez les Oratoriens et montra très tôt des dons exceptionnels pour les mathématiques.
C'est à Mézières (aujourd'hui Charleville-Mézières) que Monge inventa la géométrie descriptive vers 1765 en résolvant un problème de fortification militaire. Il y enseigna les mathématiques et la physique pendant plusieurs années avant la Révolution.
Cofondée par Monge en 1794 sous le nom d'École Centrale des Travaux Publics, elle devint le fleuron de l'enseignement scientifique français. Monge y enseigna la géométrie descriptive et forma des générations d'ingénieurs qui transformèrent la France.
Lors de l'expédition d'Égypte (1798-1799), Monge séjourna au Caire et supervisa les travaux de la Commission des sciences et arts. Il contribua à l'étude des monuments de l'Égypte antique, qui allaient donner naissance à la Description de l'Égypte.
Monge vécut et mourut à Paris le 28 mai 1818, épuisé par les persécutions de la Restauration. Ses funérailles donnèrent lieu à une manifestation spontanée de ses anciens élèves polytechniciens venus lui rendre un dernier hommage.
Objets typiques

Instrument essentiel du géomètre, le compas permettait à Monge de tracer avec précision les arcs et cercles de ses épures de géométrie descriptive. Il en usait quotidiennement dans ses cours et ses travaux de recherche.

La règle et l'équerre étaient les outils de base du géomètre descripteur, indispensables pour construire les projections orthogonales qui constituent le cœur de la méthode de Monge. Ces instruments figuraient en bonne place dans tout atelier de dessin technique.

L'épure est le dessin technique issu de la géométrie descriptive : elle représente un objet en trois dimensions par ses projections sur deux plans perpendiculaires. Monge en fit la base de la formation des ingénieurs à l'École Polytechnique.

Publié en 1799, le manuel de Monge fut le premier ouvrage à codifier la géométrie descriptive comme discipline enseignable. Il circula dans toutes les grandes écoles d'ingénieurs d'Europe et devint un modèle pour des générations de scientifiques.

En tant que membre fondateur de l'Institut de France, Monge portait l'habit brodé des académiciens lors des séances solennelles. Ce vêtement symbolisait la nouvelle organisation du savoir scientifique sous la République puis l'Empire.

Lors de la campagne d'Égypte, Monge et les savants de la Commission utilisaient des sextants pour mesurer les angles, cartographier le territoire et étudier les monuments antiques. Le sextant incarnait l'alliance entre science et conquête napoléonienne.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Monge se levait tôt et consacrait ses matinées à la recherche mathématique, noircissant des feuilles couvertes de figures géométriques et de calculs. À l'École Polytechnique, il donnait souvent ses cours en matinée, face à des promotions d'élèves qu'il entraînait dans la rigueur de la démonstration géométrique.
Après-midi
Les après-midis étaient occupées par les tâches administratives : réunions de commissions, correspondance avec des savants européens, supervision des ateliers de dessin technique. Pendant la période révolutionnaire, il participait aussi aux séances de l'Institut de France et du Comité d'instruction publique.
Soir
Le soir, Monge aimait recevoir chez lui étudiants, collègues et personnalités politiques dans une atmosphère de salon savant typique de l'époque. Il entretenait des conversations animées sur la politique, les arts et les sciences, et participait aux dîners de la haute société napoléonienne.
Alimentation
Comme beaucoup de ses contemporains de la bourgeoisie instruite, Monge mangeait à des heures régulières des repas composés de viandes, légumes et pain. Ses séjours en Égypte lui firent découvrir des aliments et des épices inconnus, que les savants de l'expédition observaient avec curiosité scientifique.
Vêtements
Dans son quotidien de professeur et d'administrateur, Monge portait l'habit sobre mais distingué de la bourgeoisie cultivée : habit sombre, jabot, culotte et perruque sous l'Ancien Régime, puis tenue plus simple après la Révolution. En tant que comte de l'Empire, il arborait lors des cérémonies l'uniforme brodé des dignitaires napoléoniens.
Habitat
Monge logea longtemps à Paris dans des appartements proches de l'École Polytechnique. Sous l'Empire, sa situation aisée lui permit d'habiter dans de grands appartements dotés d'un cabinet de travail bien garni de livres, de cartes et d'instruments scientifiques, typiques des notables parisiens.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Invention de la géométrie descriptive
vers 1765
Cofondation de l'École Polytechnique
1794
Géométrie descriptive
1799
Application de l'analyse à la géométrie
1807
Participation à la Description de l'Égypte
1798-1801
Voir aussi
Personnages liés

Lazare Carnot
1753 — 1823

Antoine François de Fourcroy
1755 — 1809

Louis-Bernard Guyton de Morveau
1737 — 1816

Marie Jean Antoine Nicolas de Condorcet

Alaric Ier
370 — 410

Antoine-Jean-Marie Thévenard
1733 — 1815
