Retour à Howard Carter
La sufra de la maison de fouilles
À la table de Carter, deux mondes se rencontrent. D'un côté la sufra égyptienne — ce grand plateau partagé posé à même la natte ou la table basse, où chacun rompt le pain (aïch baladi) et puise dans des bols communs de fèves, d'herbes et de légumes ; le repas n'a pas d'ordre entrée-plat-dessert, tout arrive ensemble et l'on grappille. De l'autre, les habitudes britanniques d'expatrié : le thé pris à heures fixes, les conserves rapportées de Londres, le dîner « civilisé » offert aux visiteurs de marque. La journée s'organise autour du ftour (le casse-croûte du matin avant la chaleur), du grand repas pris à l'ombre quand le soleil tape, et du thé du soir sous la véranda de la maison de fouilles, face à la Vallée des Rois.
Signature : Le kammoun (cumin) et le citron de Louxor
Le parfum chaud et terreux du cumin grillé, relevé d'un trait de citron jaune et d'un filet d'huile d'olive, est la véritable signature de la table égyptienne où Carter a passé sa vie. On le retrouve sur les fèves du matin comme dans la farce des pigeons de fête : c'est l'odeur même de la Vallée, celle qui s'accroche aux doigts après le repas.

Howard Carter à table

1874 — 1939

5 recettes d’époque