La carte de Howard Carter
Ftour — le casse-croûte du matin de la sufra, avant que le soleil ne rende le travail impossible

Ful medames du ftour, fèves mijotées au cumin et citron

QuotidienDocumentée🧂 🍄facile20 min

Des fèves brunes longuement mijotées jusqu'au fondant, écrasées grossièrement, arrosées d'huile d'olive et de citron, parfumées au cumin et à l'ail. On les mange tièdes, en y trempant le pain plat baladi, avec quelques herbes et un œuf dur.

Ftour — le casse-croûte du matin de la sufra, avant que le soleil ne rende le travail impossible

Des fèves brunes longuement mijotées jusqu'au fondant, écrasées grossièrement, arrosées d'huile d'olive et de citron, parfumées au cumin et à l'ail. On les mange tièdes, en y trempant le pain plat baladi, avec quelques herbes et un œuf dur.

Voyez-vous, mon cher lecteur, avant que le soleil ne transforme la Vallée en fournaise, les hommes du chantier s'asseyaient dans la poussière et partageaient une marmite de ces fèves brunes — le ful, qu'ils faisaient cuire la nuit durant sur un feu lent. J'avoue m'y être accoutumé bien volontiers : un trait de citron, ce cumin dont l'odeur ne vous quitte plus, et l'on tient debout jusqu'à midi. Trempez-y votre pain plat, mangez avec les doigts comme le faisaient mes reïs, et vous comprendrez pourquoi ce plat d'humble apparence soutient l'Égypte depuis les pharaons.
Howard Carter
Ingrédients
  • Fèves brunes sèches (ful hammam)une grande jatte (base nourrissante)
  • Huile d'olive de Haute-Égypteun bon filet (liant et richesse)
  • Citron jaune de Louxorquelques-uns, pressés (acidité vive)
  • Ailquelques gousses écrasées (aromate)
  • Cumin moulu (kammoun)généreusement (signature)
  • Selau goût (assaisonnement)
  • Pain plat baladià volonté (couvert comestible)
Comment on faisait : Le ful medames est l'un des plus vieux plats encore vivants d'Égypte : on cuisait déjà les fèves dans des jarres de terre enfouies sous la braise, à feu très doux toute la nuit, dans des fourneaux publics. Le matin, chacun venait remplir son écuelle. Sur les chantiers de fouilles, on adaptait la même méthode avec de grandes marmites en fer-blanc.
Sources : Claudia Roden, A Book of Middle Eastern Food, 1968 · Howard Carter & A. C. Mace, The Tomb of Tut-ankh-Amen, 1923

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