Howard Hawks(1896 — 1977)

Howard Hawks

États-Unis

7 min de lecture

SpectacleArts visuelsRéalisateur/triceXXe siècleÂge d'or d'Hollywood, des années 1920 (cinéma muet) aux années 1960

Howard Hawks est un réalisateur, producteur et scénariste américain, figure majeure de l'âge d'or d'Hollywood. Touche-à-tout des genres (western, film noir, comédie, film de guerre), il est considéré comme l'un des grands auteurs du cinéma classique.

Questions fréquentes

Howard Hawks (1896-1977) est l'un des cinéastes les plus polyvalents de l'âge d'or d'Hollywood. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a excellé dans tous les genres : western, film noir, comédie loufoque, film de guerre. Ce qui le distingue de beaucoup de ses contemporains, c'est sa capacité à insuffler une même énergie et un même sens du rythme à des œuvres aussi différentes que Scarface (1932) et Les hommes préfèrent les blondes (1953). La critique française, via la politique des auteurs, l'a consacré comme un artiste à part entière, et non un simple artisan.

Citations célèbres

« Un bon film, c'est trois bonnes scènes et aucune mauvaise. »

Faits marquants

  • Né le 30 mai 1896 à Goshen (Indiana), mort le 26 décembre 1977 à Palm Springs
  • Réalise « Scarface » (1932), film de gangsters emblématique du début du parlant
  • Dirige « Le Grand Sommeil » (1946) avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, sommet du film noir
  • Signe le western « Rio Bravo » (1959) avec John Wayne
  • Reçoit un Oscar d'honneur en 1975 pour l'ensemble de sa carrière

Œuvres & réalisations

Scarface (1932)

Film de gangsters inspiré d'Al Capone, devenu un classique du genre. Sa violence provoqua un long bras de fer avec la censure.

L'Impossible Monsieur Bébé (Bringing Up Baby) (1938)

Comédie loufoque (« screwball ») avec Katharine Hepburn et Cary Grant, et un léopard nommé Baby. Modèle du genre, longtemps incompris à sa sortie.

La Dame du vendredi (His Girl Friday) (1940)

Comédie de journalistes célèbre pour ses dialogues ultra-rapides qui se chevauchent. Une prouesse de rythme et d'écriture.

Le Port de l'angoisse (To Have and Have Not) (1944)

Film d'aventure d'après Hemingway, qui révèle Lauren Bacall aux côtés de Humphrey Bogart. Naissance d'un couple mythique.

Le Grand Sommeil (The Big Sleep) (1946)

Film noir d'après Raymond Chandler, avec le détective Philip Marlowe. Célèbre pour son intrigue volontairement labyrinthique.

La Rivière rouge (Red River) (1948)

Western épique sur une gigantesque convoyage de bétail, avec John Wayne et Montgomery Clift. Une référence du genre.

Les hommes préfèrent les blondes (Gentlemen Prefer Blondes) (1953)

Comédie musicale flamboyante avec Marilyn Monroe et Jane Russell. Hawks y déploie son sens du tempo et de l'humour.

Rio Bravo (1959)

Western avec John Wayne, conçu en réponse au « Train sifflera trois fois ». Devenu l'un des westerns les plus admirés et imités.

Anecdotes

Pour le film noir « Le Grand Sommeil » (1946), l'intrigue était si compliquée que personne sur le plateau ne savait qui avait tué le chauffeur des Sternwood. Howard Hawks envoya un télégramme à l'auteur du roman, Raymond Chandler, pour lui poser la question : Chandler répondit qu'il n'en savait rien lui-même ! Le film reste pourtant un chef-d'œuvre, preuve que chez Hawks l'ambiance et les personnages comptaient plus que la logique de l'histoire.

C'est la femme de Hawks, surnommée « Slim », qui repéra une jeune inconnue de 19 ans, Lauren Bacall, sur la couverture d'un magazine de mode. Hawks la fit débuter dans « Le Port de l'angoisse » (1944) face à Humphrey Bogart. Sur le tournage, les deux acteurs tombèrent réellement amoureux et se marièrent l'année suivante — l'un des couples les plus célèbres d'Hollywood était né.

Hawks détestait le western « Le train sifflera trois fois » (1952), où le shérif passe le film à supplier qu'on l'aide. Pour lui répondre, il tourna « Rio Bravo » (1959) avec John Wayne : cette fois, un shérif sûr de lui refuse l'aide des amateurs. Hawks transformait ainsi un désaccord de cinéaste en l'un des westerns les plus aimés de l'histoire.

Avant le cinéma, Hawks était un casse-cou : pilote d'avion durant la Première Guerre mondiale et coureur automobile passionné. Ce goût du risque et de la machine se retrouve dans ses films d'aviation comme « Seuls les anges ont des ailes », où il filme les pilotes avec une précision qu'il connaissait par expérience.

En 1975, à la fin de sa carrière, Hawks reçut un Oscar d'honneur des mains de John Wayne, l'acteur qu'il avait tant dirigé. L'Académie le saluait comme « un maître du cinéma américain ». Pourtant, fait étonnant, Hawks n'avait été nommé qu'une seule fois comme meilleur réalisateur, pour « Sergent York » en 1941.

Sources primaires

Jacques Rivette, « Génie de Howard Hawks », Cahiers du cinéma n°23 (mai 1953)
L'évidence est la marque du génie de Hawks.
Howard Hawks, entretiens avec Peter Bogdanovich (publiés dans « Who the Devil Made It ») (entretiens des années 1960-1970)
On ne savait pas qui avait tué le chauffeur. J'ai envoyé un télégramme à Chandler pour lui demander, et il a répondu qu'il n'en savait rien lui non plus.
Citation de l'Oscar d'honneur décerné à Howard Hawks par l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences (1975)
A master American filmmaker whose creative efforts hold a distinguished place in world cinema.

Lieux clés

Goshen, Indiana

Ville du Midwest américain où Howard Hawks naît en 1896. Sa famille, aisée grâce à l'industrie du papier, déménagera ensuite en Californie.

Université Cornell, Ithaca (New York)

Hawks y étudie l'ingénierie mécanique, ce qui nourrit sa passion pour les machines, les avions et les voitures de course. Cette culture technique se retrouvera dans ses films.

Hollywood, Los Angeles

Capitale mondiale du cinéma où Hawks bâtit sa carrière pendant l'âge d'or des studios. Il y tourne pour la plupart des grandes majors, du muet aux années 1960.

Arusha, Tanzanie (alors Tanganyika)

Région d'Afrique de l'Est où Hawks tourne « Hatari! » (1962), film sur des chasseurs capturant des animaux sauvages. Le tournage en décors réels fut une véritable aventure.

Palm Springs, Californie

Station du désert californien où Hawks passe ses dernières années et meurt en 1977. Le lieu était prisé des vedettes d'Hollywood.

Voir aussi