Howard Hawks est un réalisateur, producteur et scénariste américain, figure majeure de l'âge d'or d'Hollywood. Touche-à-tout des genres (western, film noir, comédie, film de guerre), il est considéré comme l'un des grands auteurs du cinéma classique.
Howard Hawks(1896 — 1977)
Howard Hawks
États-Unis
7 min de lecture
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Un bon film, c'est trois bonnes scènes et aucune mauvaise.»
Faits marquants
- Né le 30 mai 1896 à Goshen (Indiana), mort le 26 décembre 1977 à Palm Springs
- Réalise « Scarface » (1932), film de gangsters emblématique du début du parlant
- Dirige « Le Grand Sommeil » (1946) avec Humphrey Bogart et Lauren Bacall, sommet du film noir
- Signe le western « Rio Bravo » (1959) avec John Wayne
- Reçoit un Oscar d'honneur en 1975 pour l'ensemble de sa carrière
Œuvres & réalisations
Film de gangsters inspiré d'Al Capone, devenu un classique du genre. Sa violence provoqua un long bras de fer avec la censure.
Comédie loufoque (« screwball ») avec Katharine Hepburn et Cary Grant, et un léopard nommé Baby. Modèle du genre, longtemps incompris à sa sortie.
Comédie de journalistes célèbre pour ses dialogues ultra-rapides qui se chevauchent. Une prouesse de rythme et d'écriture.
Film d'aventure d'après Hemingway, qui révèle Lauren Bacall aux côtés de Humphrey Bogart. Naissance d'un couple mythique.
Film noir d'après Raymond Chandler, avec le détective Philip Marlowe. Célèbre pour son intrigue volontairement labyrinthique.
Western épique sur une gigantesque convoyage de bétail, avec John Wayne et Montgomery Clift. Une référence du genre.
Comédie musicale flamboyante avec Marilyn Monroe et Jane Russell. Hawks y déploie son sens du tempo et de l'humour.
Western avec John Wayne, conçu en réponse au « Train sifflera trois fois ». Devenu l'un des westerns les plus admirés et imités.
Anecdotes
Pour le film noir « Le Grand Sommeil » (1946), l'intrigue était si compliquée que personne sur le plateau ne savait qui avait tué le chauffeur des Sternwood. Howard Hawks envoya un télégramme à l'auteur du roman, Raymond Chandler, pour lui poser la question : Chandler répondit qu'il n'en savait rien lui-même ! Le film reste pourtant un chef-d'œuvre, preuve que chez Hawks l'ambiance et les personnages comptaient plus que la logique de l'histoire.
C'est la femme de Hawks, surnommée « Slim », qui repéra une jeune inconnue de 19 ans, Lauren Bacall, sur la couverture d'un magazine de mode. Hawks la fit débuter dans « Le Port de l'angoisse » (1944) face à Humphrey Bogart. Sur le tournage, les deux acteurs tombèrent réellement amoureux et se marièrent l'année suivante — l'un des couples les plus célèbres d'Hollywood était né.
Hawks détestait le western « Le train sifflera trois fois » (1952), où le shérif passe le film à supplier qu'on l'aide. Pour lui répondre, il tourna « Rio Bravo » (1959) avec John Wayne : cette fois, un shérif sûr de lui refuse l'aide des amateurs. Hawks transformait ainsi un désaccord de cinéaste en l'un des westerns les plus aimés de l'histoire.
Avant le cinéma, Hawks était un casse-cou : pilote d'avion durant la Première Guerre mondiale et coureur automobile passionné. Ce goût du risque et de la machine se retrouve dans ses films d'aviation comme « Seuls les anges ont des ailes », où il filme les pilotes avec une précision qu'il connaissait par expérience.
En 1975, à la fin de sa carrière, Hawks reçut un Oscar d'honneur des mains de John Wayne, l'acteur qu'il avait tant dirigé. L'Académie le saluait comme « un maître du cinéma américain ». Pourtant, fait étonnant, Hawks n'avait été nommé qu'une seule fois comme meilleur réalisateur, pour « Sergent York » en 1941.
Sources primaires
L'évidence est la marque du génie de Hawks.
On ne savait pas qui avait tué le chauffeur. J'ai envoyé un télégramme à Chandler pour lui demander, et il a répondu qu'il n'en savait rien lui non plus.
A master American filmmaker whose creative efforts hold a distinguished place in world cinema.
Lieux clés
Ville du Midwest américain où Howard Hawks naît en 1896. Sa famille, aisée grâce à l'industrie du papier, déménagera ensuite en Californie.
Hawks y étudie l'ingénierie mécanique, ce qui nourrit sa passion pour les machines, les avions et les voitures de course. Cette culture technique se retrouvera dans ses films.
Capitale mondiale du cinéma où Hawks bâtit sa carrière pendant l'âge d'or des studios. Il y tourne pour la plupart des grandes majors, du muet aux années 1960.
Région d'Afrique de l'Est où Hawks tourne « Hatari! » (1962), film sur des chasseurs capturant des animaux sauvages. Le tournage en décors réels fut une véritable aventure.
Station du désert californien où Hawks passe ses dernières années et meurt en 1977. Le lieu était prisé des vedettes d'Hollywood.
Objets typiques

Lourde caméra de studio (de type Mitchell) montée sur trépied, qui impressionne la pellicule image par image. C'est l'outil central qui capte les scènes tournées par le réalisateur.

Siège pliant en toile portant souvent le nom du metteur en scène. Il est devenu le symbole de l'autorité du réalisateur sur le plateau.

Cahier détaillant l'histoire, les scènes et les dialogues du film. Hawks aimait le réécrire jusqu'au dernier moment et faire improviser ses acteurs.

Ardoise munie d'un bras articulé claqué devant la caméra au début de chaque prise. Il sert à identifier la scène et à synchroniser l'image avec le son.

Rouleau de film argentique de 35 mm sur lequel sont enregistrées les images. Une fois développée et montée, la pellicule est projetée en salle.

Porte-voix conique utilisé par le réalisateur pour donner ses consignes sur un plateau bruyant. Comme le fauteuil, il est devenu une image emblématique du metteur en scène.
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Vie quotidienne
Matin
En période de tournage, Hawks arrive tôt au studio et relit les pages prévues pour la journée. Il aimait réécrire les scènes au dernier moment et discuter les dialogues avec ses scénaristes, parfois autour d'un café sur le plateau.
Après-midi
L'après-midi est consacré au tournage proprement dit. Hawks dirige ses acteurs avec un calme apparent, privilégie les longues prises et cherche surtout l'alchimie et le naturel entre les comédiens plutôt que les effets spectaculaires.
Soir
Le soir, il visionne les « rushes » (les images tournées dans la journée) en salle de projection. Grand amateur de jeu, de chasse, de pêche et de courses automobiles, il fréquentait aussi clubs et parties de cartes une fois la journée terminée.
Alimentation
Comme les professionnels des studios, Hawks mangeait souvent à la cantine (le « commissary ») du studio. Sa cuisine était celle de l'Amérique aisée du milieu du 20e siècle : viandes, plats copieux et cocktails lors des soirées mondaines.
Vêtements
Grand et distingué, surnommé « le renard argenté » à cause de ses cheveux gris prématurés, Hawks soignait son allure. Il portait volontiers des costumes élégants et des lunettes, avec l'air d'un gentleman plus que d'un artiste bohème.
Habitat
Il vivait dans de confortables maisons des beaux quartiers de Los Angeles, menant un train de vie luxueux. Ses dettes de jeu et de course automobile mirent parfois ses finances à rude épreuve malgré ses succès.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
L'Impossible Monsieur Bébé (Bringing Up Baby)
1938
La Dame du vendredi (His Girl Friday)
1940
La Rivière rouge (Red River)
1948
Les hommes préfèrent les blondes (Gentlemen Prefer Blondes)
1953






