Hubertine Auclert(1848 — 1914)
Hubertine Auclert
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Militante féministe française (1848-1914), elle est l'une des premières à revendiquer le droit de vote des femmes en France. Fondatrice de la société « Le Suffrage des femmes », elle mena des actions militantes comme refuser de payer ses impôts ou briser une urne électorale.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Les femmes paient des impôts, elles doivent donc avoir le droit de voter.»
« Le suffrage universel n'est pas universel tant qu'il exclut la moitié de l'humanité.»
Faits marquants
- 1848 : naissance à Tilly (Allier)
- 1876 : fonde la société « Le Droit des femmes », renommée ensuite « Le Suffrage des femmes »
- 1880 : refuse de payer ses impôts en dénonçant l'injustice fiscale envers les femmes privées du droit de vote
- 1908 : brise une urne lors des élections municipales à Paris pour dénoncer l'exclusion des femmes du scrutin
- 1914 : décès à Paris, six ans avant le congrès mondial qui relancera la cause du suffrage féminin en France
Œuvres & réalisations
Hebdomadaire féministe fondé et dirigé par Auclert pendant dix ans, principal organe de presse du mouvement suffragiste français et tribune incontournable du féminisme républicain.
Ouvrage pionnier dénonçant la double discrimination subie par les femmes algériennes — comme femmes et comme colonisées — fruit de ses quatre années passées à Alger entre 1888 et 1892.
Essai politique majeur dans lequel Auclert expose systématiquement tous les arguments en faveur du suffrage féminin et réfute point par point les objections de ses adversaires.
Recueil de ses articles et écrits politiques publié après sa mort, qui rassemble l'essentiel de sa pensée féministe et constitue le testament intellectuel d'une vie entière de combat.
Série de pétitions officielles adressées au Parlement français, faisant d'Auclert la première militante à porter formellement la revendication du vote féminin devant les institutions de la République.
Anecdotes
Le 3 mai 1908, lors des élections municipales à Paris, Hubertine Auclert entra dans un bureau de vote avec plusieurs militantes et renversa l'urne électorale en criant « À bas la loi des hommes ! ». Cet acte spectaculaire lui valut d'être arrêtée, mais attira l'attention de toute la presse nationale sur la cause du suffrage féminin.
Pour protester contre son exclusion du droit de vote, Hubertine Auclert refusa pendant plusieurs années de payer ses impôts. Elle estimait que, n'étant pas citoyenne à part entière, elle ne devait pas contribuer aux finances d'un État qui l'excluait : c'était le principe « pas de représentation sans impôt », retourné contre les autorités.
En 1881, Hubertine Auclert fonda son propre journal, La Citoyenne, qu'elle dirigea pendant dix ans. Elle y publiait chaque semaine des articles réclamant le droit de vote des femmes, répondait à ses détracteurs et rendait compte des avancées féministes à l'étranger, faisant du journal un outil à la fois pédagogique et militant.
Partie en Algérie de 1888 à 1892 pour rejoindre son compagnon Antonin Lévrier, Hubertine Auclert observa de près la condition des femmes arabes colonisées. À son retour, elle publia Les femmes arabes en Algérie (1900), un ouvrage pionnier qui dénonçait la double discrimination subie par ces femmes, victime à la fois du patriarcat et de la colonisation.
Lors du recensement de 1880, Hubertine Auclert refusa de remplir correctement sa feuille de recensement, arguant que si les femmes n'existaient pas politiquement, l'État n'avait pas à les compter. Ce geste de désobéissance civile symbolique illustrait sa stratégie : rendre visible l'absurdité d'une République qui excluait la moitié de ses habitants.
Sources primaires
Nous voulons voter, parce que voter c'est exister politiquement ; parce que sans le droit de vote, la femme ne peut influer sur la loi qui la régit ni sur l'impôt qu'elle paie.
La femme paie des impôts, elle doit donc avoir le droit de contrôler l'emploi de ses deniers ; elle obéit aux lois, elle doit donc participer à leur élaboration. Tout autre principe est une contradiction de la démocratie.
Les Arabes ont fait à leurs femmes une condition si misérable que celles-ci ne peuvent être comparées qu'aux esclaves des temps antiques. La France, qui se dit civilisatrice, ne peut rester indifférente à cet état de choses.
Les soussignées, citoyennes françaises, réclament l'application à leur sexe du principe inscrit dans la Constitution républicaine : le gouvernement de la France est démocratique, et la démocratie ne saurait exclure la moitié de la nation.
Lieux clés
Village natal d'Hubertine Auclert, née le 10 avril 1848 dans cette commune rurale du centre de la France, dans une famille de la bourgeoisie terrienne.
C'est à Paris qu'Hubertine Auclert mena l'essentiel de son activisme : rédaction du journal, organisation de réunions publiques, dépôts de pétitions à la Chambre des députés et actions militantes spectaculaires.
Hubertine Auclert vécut à Alger de 1888 à 1892 avec son compagnon Antonin Lévrier. Elle y observa la condition des femmes arabes colonisées et en tira son livre Les femmes arabes en Algérie (1900).
Siège de la Chambre des députés, devant lequel Hubertine Auclert déposa à plusieurs reprises des pétitions officielles réclamant le droit de vote pour les femmes, interpellant directement les représentants élus.
C'est dans un bureau de vote parisien qu'Hubertine Auclert renversa une urne électorale le 3 mai 1908 lors des élections municipales, dans l'un des actes militants les plus marquants de sa vie.






