Inanna
Inanna
Déesse sumérienne de l'amour, de la guerre et de la fertilité, vénérée en Mésopotamie depuis le IVe millénaire avant J.-C. Elle est la divinité féminine la mieux documentée de l'Antiquité, célébrée dans des hymnes cunéiformes parmi les plus anciens textes littéraires connus. Son culte, centré sur la cité d'Uruk, a influencé les traditions religieuses du Proche-Orient antique.
Citations célèbres
« Je suis celle qui revêt le ciel comme un vêtement, je suis celle qui recouvre la terre comme un sol. (Hymne sumérien attribué à Inanna, tradition écrite) »
Faits marquants
- Attestée dans des textes cunéiformes dès vers 3200 avant J.-C., parmi les premières traces d'écriture connues à Uruk
- Son récit de la Descente aux Enfers est l'un des mythes les plus anciens transmis par écrit, datant d'environ 2100–2000 avant J.-C.
- Enheduanna, prêtresse et fille du roi Sargon d'Akkad (vers 2285–2250 avant J.-C.), lui dédia les premiers hymnes littéraires signés d'un auteur identifié de l'histoire
- Assimilée à Ishtar dans la mythologie akkadienne, puis à Astarté et Vénus dans d'autres cultures méditerranéennes
- Son culte est documenté sur plus de trois millénaires, de Sumer jusqu'à la période babylonienne tardive
Œuvres & réalisations
Composé par Enheduanna, ce long poème en sumérien est le premier texte littéraire signé de l'histoire. Il célèbre la puissance universelle d'Inanna et constitue un témoignage exceptionnel sur la religion mésopotamienne.
Récit mythologique majeur qui narre le voyage d'Inanna dans le royaume souterrain d'Ereshkigal. Ce mythe, l'un des premiers textes sur la mort et la renaissance, a influencé de nombreuses traditions religieuses ultérieures.
Mythe qui raconte comment Inanna obtient du dieu Enki les arts et techniques de civilisation (écriture, royauté, musique) pour les offrir à la cité d'Uruk. Il reflète la conception sumérienne des origines divines de la culture.
Ensemble de poèmes lyriques célébrant l'union d'Inanna et du berger-roi Dumuzi, parmi les textes poétiques les plus anciens et les plus beaux de l'humanité. Ils servaient à accompagner le rituel royal annuel garantissant la fertilité.
Mythe sumérien dans lequel un jardinier offense Inanna pendant son sommeil et la déesse déchaîne des fléaux sur l'humanité pour obtenir justice. Ce texte illustre la dimension vindicative et guerrière de la déesse.
Vase rituel en albâtre découvert à Uruk, représentant la procession des offrandes vers le temple d'Inanna. Considéré comme l'une des premières œuvres d'art narratif de l'histoire, il est exposé au musée national de Bagdad.
Anecdotes
Inanna est la première divinité de l'histoire à avoir un hymne écrit en son honneur par un auteur identifié : la prêtresse Enheduanna, fille du roi Sargon d'Akkad, vers 2285 av. J.-C. Ce texte, intitulé 'L'Exaltation d'Inanna', est considéré comme la plus ancienne œuvre littéraire signée de l'histoire humaine. Enheduanna y supplie la déesse de la rétablir dans ses fonctions après un exil politique.
Selon le mythe sumérien de 'La Descente d'Inanna aux Enfers', la déesse entreprend un voyage périlleux vers le royaume des morts, gouverné par sa sœur Ereshkigal. À chaque porte des sept enfers, elle doit abandonner un vêtement ou un ornement, arrivant nue et désarmée devant sa sœur. Ce récit est l'une des premières représentations symboliques du cycle de mort et de renaissance.
Inanna est célèbre pour avoir volé les 'mé', les principes divins de civilisation (l'écriture, la royauté, la musique, les métiers), au dieu Enki lors d'un banquet où ce dernier était ivre. Elle les emporta sur sa barque céleste jusqu'à Uruk, dotant ainsi sa cité de tous les attributs d'une grande civilisation. Enki, revenu à lui, tenta en vain de les récupérer.
Le mariage sacré (hiérogamie) d'Inanna avec le berger-roi Dumuzi était célébré chaque année à Uruk lors d'une cérémonie rituelle. Le roi incarnait Dumuzi et s'unissait symboliquement à la déesse pour garantir la fertilité des terres et la prospérité du royaume. Ces hymnes nuptiaux figurent parmi les textes poétiques les plus émouvants de la littérature mésopotamienne.
Sources primaires
Reine de toutes les me, lumière resplendissante, femme revêtue de splendeur, aimée du Ciel et de la Terre, hierodule d'An, parée de grands ornements, éprise du tiara convenable à la grande prêtrise.
Des hautes terres, des hautes terres, elle descendit vers les enfers. Inanna, des hautes terres, elle descendit vers les enfers. Elle abandonna le ciel, abandonna la terre, descendit vers les enfers.
Mon époux bien-aimé, le délice de mes yeux, mon cœur te désire. Lave-toi avec du savon, oins ton corps d'huile douce, revêts ta robe royale.
Enki et Inanna burent de la bière ensemble. Ils burent du vin ensemble. Quand le cœur d'Enki fut rempli de joie... il offrit les mé à Inanna : la haute prêtrise, la divine prêtrise, la couronne...
Lieux clés
Cité principale du culte d'Inanna, Uruk abrite l'Eanna ('Maison du Ciel'), le grand temple de la déesse. C'est là que se déroulait le mariage sacré et que furent rédigés les premiers hymnes en son honneur.
Grande cité sumérienne où Enheduanna exerçait ses fonctions de grande prêtresse d'Inanna/Nanna. Le gigantesque ziggurat d'Ur était au centre de la vie religieuse dédiée aux divinités lunaires et à Inanna.
Centre religieux et intellectuel de la Mésopotamie, Nippur conservait les grandes archives littéraires sumériennes. C'est là que la majorité des tablettes racontant les mythes d'Inanna ont été découvertes.
Cité légendaire des montagnes associée aux mythes d'Inanna, célébrée pour ses lapislazulis et ses richesses. Dans les textes sumériens, Inanna choisit Uruk plutôt qu'Aratta, légitimant ainsi la suprématie de cette cité.
Érigée par Nabuchodonosor II vers 575 av. J.-C., cette porte monumentale ornée de céramiques bleues et de lapislazulis était consacrée à Ishtar, l'équivalent babylonien d'Inanna. Elle témoigne de la longévité du culte de la déesse.