Inanna / Ishtar
Inanna / Ishtar
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Inanna (sumérienne) ou Ishtar (akkadienne) est la grande déesse de l'amour, de la guerre et de la fertilité en Mésopotamie antique. Elle est au cœur de nombreux mythes fondateurs, dont la célèbre Descente aux Enfers. Son culte, l'un des plus importants de l'ancien Orient, s'étend sur plus de trois millénaires.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Attestée dès le IVe millénaire av. J.-C. à Uruk sous le nom d'Inanna, déesse sumérienne principale
- Assimilée à Ishtar dans le panthéon akkadien à partir du IIIe millénaire av. J.-C.
- Protagoniste du mythe de la Descente d'Inanna aux Enfers, l'un des textes littéraires les plus anciens connus
- Apparaît dans l'Épopée de Gilgamesh (vers 2100 av. J.-C.) comme figure divine rejetée par le héros
- Son symbole, l'étoile à huit branches, est retrouvé sur de nombreux monuments et sceaux mésopotamiens
Œuvres & réalisations
Long hymne en sumérien composé par Enheduanna, grande prêtresse d'Ur et fille de Sargon d'Akkad. Premier texte littéraire signé de l'histoire de l'humanité, il célèbre la puissance universelle d'Inanna sur tous les Me divins et la présente comme la maîtresse absolue du cosmos.
Mythe sumérien central narrant le voyage d'Inanna dans le royaume des morts, son exécution par Ereshkigal et sa résurrection. L'un des récits mythologiques les plus complets de l'Antiquité, analysé par les spécialistes comme une métaphore des cycles cosmiques et de la mort-renaissance.
Cycle de poèmes lyriques célébrant l'union d'Inanna et du berger Dumuzi, comptant parmi les plus anciens poèmes d'amour connus. Probablement récités lors des rituels du mariage sacré (hiérogamie) qui unissaient symboliquement le roi à la déesse pour assurer la fertilité du pays.
Mythe sumérien relatant comment Inanna subtilisa à Enki les décrets de civilisation pour les apporter à Uruk. Texte fondateur qui explique la suprématie culturelle d'Uruk et révèle l'ingéniosité et la ruse comme attributs divins de la déesse.
Épisode central de la grande épopée akkadienne où Ishtar propose le mariage à Gilgamesh, qui la repousse et déclenche sa colère vengeresse. Cet épisode explore les thèmes de l'orgueil divin, de la condition mortelle et des conséquences du refus d'une divinité.
Monument architectural majeur érigé par Nabuchodonosor II, ornée de 120 lions, dragons et taureaux en briques émaillées bleu cobalt. Chef-d'œuvre de l'art néo-babylonien, elle témoigne de l'importance d'Ishtar comme déesse protectrice de Babylone à son apogée.
Anecdotes
Dans le mythe de la Descente aux Enfers, Inanna décide de visiter le royaume des morts gouverné par sa sœur Ereshkigal. Elle franchit sept portes successives, abandonnant à chacune un ornement royal — couronne, collier, ceinture — jusqu'à se retrouver nue et démunie. Tuée dans les profondeurs, elle est ressuscitée grâce au sage Enki qui envoie des émissaires lui porter la nourriture et l'eau de vie. Ce récit, l'un des plus anciens de l'humanité, symbolise les cycles de la nature et le renouveau printanier.
Inanna déroba les « Me » au dieu de la sagesse Enki selon un mythe sumérien savoureux. Les Me sont les décrets divins qui régissent toute la civilisation : l'écriture, la royauté, la guerre, l'amour, les arts du tisserand et même l'ivresse. Elle fit boire Enki jusqu'à ce qu'il les lui offre généreusement. Lorsqu'il voulut les récupérer, Inanna était déjà repartie vers Uruk avec tout le bagage de la civilisation, faisant de sa ville le centre du monde sumérien.
Dans la Tablette VI de l'Épopée de Gilgamesh, la déesse Ishtar propose le mariage au grand héros, qui la repousse violemment. Il lui rappelle le sort de ses anciens amants : le berger Dumuzi condamné aux enfers, l'oiseau aux ailes brisées, le lion blessé, le cheval épuisé par la guerre. Folle de rage, Ishtar obtient de son père Anu le Taureau Céleste pour se venger. Cet épisode illustre que même les dieux pouvaient être humiliés dans la littérature mésopotamienne.
Les poèmes d'amour d'Inanna et du berger Dumuzi comptent parmi les plus anciens textes romantiques de l'humanité. Mais après sa descente aux Enfers, contrainte de fournir un substitut pour la remplacer chez les morts, Inanna choisit Dumuzi, qu'elle trouva trop peu affligé de son absence. Chaque année, sa mort donnait lieu à des lamentations rituelles dans tout le Proche-Orient — c'est l'origine du nom Tammuz, encore utilisé dans le calendrier hébreu.
Les astronomes babyloniens avaient identifié Inanna/Ishtar à la planète Vénus bien avant les Grecs. Ils avaient observé que l'étoile du matin et l'étoile du soir étaient le même astre — une découverte consignée sur tablettes dès le IIe millénaire av. J.-C. Son symbole, une étoile à huit branches, figurait sur les stèles royales et les sceaux-cylindres. Ce double aspect céleste illustrait parfaitement sa personnalité contradictoire : déesse de l'amour tendre et de la guerre impitoyable.
Sources primaires
Reine de tous les Me, de la lumière resplendissante, femme vêtue de terreur, aimée du Ciel et de la Terre, hiérodule d'An, ornée de nombreux ornements, aimant les rites saints... tu es grande, tu es exaltée !
Du Grand Ciel vers le Grand En-Bas, elle tourna son esprit. Inanna abandonna le ciel, abandonna la terre, descendit aux Enfers. Elle abandonna le rôle de grande prêtresse, abandonna le rôle de reine, et descendit aux Enfers.
Enki dit à la sainte Inanna : Au nom de ma puissance, au nom de mon abzu, je t'offre les Me de la vérité, les Me du jugement, les Me de la descente aux Enfers, les Me de la montée des Enfers.
Lève les yeux, Gilgamesh, roi d'Uruk : je veux être ton épouse. Offre-moi tes tendresses. Que ta main repose sur moi. Que tu sois mon époux, que je sois ton épouse.
Ishtar, fille de Sin, tourna son oreille vers la Terre sans retour, vers la sombre demeure, demeure d'Irkalla, vers la maison que ceux qui y entrent ne quittent jamais plus, vers la route dont on ne revient pas.
Lieux clés
Cité sainte d'Inanna et l'une des premières grandes villes de l'histoire, avec le temple d'Eanna comme principal sanctuaire de la déesse. Actif de 3500 av. J.-C. jusqu'aux débuts de notre ère, ce complexe monumental est le centre du culte d'Inanna pendant trois millénaires.
Grande ville sainte mésopotamienne possédant un temple d'Inanna important et centre de conservation des textes mythologiques sumériens. La plupart des tablettes racontant les mythes d'Inanna ont été découvertes dans ses archives.
La Porte d'Ishtar (vers 575 av. J.-C.), construite par Nabuchodonosor II, constituait l'entrée nord monumentale de la ville sacrée, ornée de lions et de dragons en briques émaillées bleues. Elle est aujourd'hui reconstituée en partie au Pergamonmuseum de Berlin.
Ville dont le sanctuaire d'Ishtar était particulièrement vénéré par les rois assyriens, qui consultaient ses oracles avant leurs campagnes militaires. Les prophéties d'Ishtar d'Arbela ont été conservées dans la bibliothèque d'Assurbanipal.
Royaume souterrain des morts gouverné par Ereshkigal, sœur d'Inanna, au cœur du mythe de la Descente aux Enfers. Ce lieu imaginaire structurait la cosmologie mésopotamienne et expliquait les cycles de la végétation et des saisons.





