La pitance du bord et la table malouine
Chez un capitaine breton de la Renaissance, le repas suit deux rythmes opposés. En mer, c'est la « pitance », réglée par le maître-coq : des vivres de longue conservation distribués à heures fixes, sans entrée ni dessert, juste de quoi tenir des semaines de traversée. À terre, à Saint-Malo, la table malouine fête le retour avec poissons, cidre et galettes. Et au Canada, un troisième registre s'invente : le partage forcé avec les Iroquois de Stadaconé et d'Hochelaga, où l'on goûte des aliments inconnus et où une tisane sauve l'équipage du scorbut. La structure n'est pas entrée/plat/dessert, mais : ce qu'on emporte, ce qu'on conserve, ce qu'on échange et ce qui guérit.
Signature : Le sel et le séchage
Toute la cuisine de Cartier tourne autour de la conservation : le sel de l'Atlantique (Guérande, baie de Bourgneuf) et le séchage au vent permettent d'emporter morue, lard et biscuit pour des mois. C'est cette maîtrise bretonne du salage et du fumage qui rend possibles les longues traversées vers la Nouvelle-France.
Jacques Cartier à table
1492 — 1557
5 recettes d’époque
🧂
QuotidienLe brouet du bord aux fèves et au lard
Pitance de mer (la portion réglée du maître-coq)
🧂 🍄· 1 h 45 (hors trempage)
Voir la recette
🧂
ConservationMorue séchée à la malouine, vinaigre et oignon
Vivre de garde (provision de cale, salée et séchée pour la traversée)
🧂 🍄 🍋· 30 min (hors dessalage 24-36 h)
Voir la recette
☕
RemèdeTisane d'annedda, le remède qui sauva l'équipage
Remède de cale (décoction médicinale prise contre le mal de mer-terre)
☕· 20 min
Voir la recette
🍄
FestifSagamité de l'accueil d'Hochelaga
Plat de partage iroquoien (bouillie communautaire offerte aux visiteurs)
🍄 🧂· 50 min
Voir la recette
🍋
BoissonCidre breton du retour
Boisson de table malouine (cidre fermier servi au repas et aux fêtes)
🍋 🍯 🫙· 10 min
Voir la recette