Jean Cocteau(1889 — 1963)

Jean Cocteau

France

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LettresArts visuelsSpectaclePoète(sse)DramaturgeXXe sièclePremière moitié du XXe siècle, des avant-gardes parisiennes des Années folles à l'après-guerre, entre surréalisme, modernisme et renouveau du mythe.

Jean Cocteau (1889-1963) est un poète, romancier, dramaturge, dessinateur et cinéaste français. Figure inclassable de l'avant-garde, il a touché à tous les arts et incarne l'esprit de la création moderne du premier XXe siècle.

Questions fréquentes

Ce qu'il faut retenir, c'est que Jean Cocteau (1889-1963) n'a cessé de traverser les frontières entre les arts : il fut poète, romancier, dramaturge, dessinateur et cinéaste. Ce qui le rend singulier, c'est qu'il a participé à tous les grands mouvements d'avant-garde du premier XXe siècle sans jamais s'enfermer dans un seul. Il a collaboré avec Picasso, Stravinsky et Satie, inventé des trucages de cinéma poétique, et même décoré des chapelles. Moins un chef d'école qu'un passeur universel, il incarne l'esprit de la création moderne.

Citations célèbres

« Le cinéma, c'est l'écriture moderne dont l'encre est la lumière. »
« Le tact dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin. »

Faits marquants

  • 1889 : naissance à Maisons-Laffitte, près de Paris
  • 1929 : publication du roman Les Enfants terribles
  • 1930 : réalise son premier film, Le Sang d'un poète
  • 1946 : sortie du film La Belle et la Bête
  • 1955 : élection à l'Académie française ; mort en 1963

Œuvres & réalisations

Parade (1917)

Ballet réalisé avec Satie, Picasso et les Ballets Russes ; œuvre fondatrice de l'avant-garde, à l'origine du mot « surréalisme ».

Le Coq et l'Arlequin (1918)

Manifeste esthétique défendant une musique française claire et débarrassée des influences allemandes et impressionnistes.

Les Enfants terribles (1929)

Roman culte sur un frère et une sœur enfermés dans leur univers, l'une des œuvres les plus lues de Cocteau.

La Voix humaine (1930)

Pièce pour une seule comédienne au téléphone, devenue un classique du théâtre et adaptée en opéra par Poulenc.

Le Sang d'un poète (1930)

Premier film de Cocteau, exploration onirique de la création artistique et du passage par le miroir.

Les Parents terribles (1938)

Drame familial à succès, modèle du théâtre de l'entre-deux-guerres, que Cocteau porta lui-même à l'écran.

La Belle et la Bête (1946)

Conte filmé devenu un chef-d'œuvre du cinéma fantastique, célèbre pour ses décors et trucages féeriques.

Orphée (1950)

Film transposant le mythe d'Orphée dans le Paris moderne, où les miroirs ouvrent sur le monde des morts.

Anecdotes

Vers 1912, le jeune Cocteau demande à Serge de Diaghilev, directeur des Ballets Russes, comment lui plaire. Diaghilev lui lance : « Étonne-moi ! » Cocteau fera de cette phrase la devise de toute sa vie et créera en 1917 le ballet Parade pour relever le défi.

Le 18 mai 1917, au Théâtre du Châtelet, Parade réunit la musique d'Erik Satie, les décors de Pablo Picasso et la chorégraphie de Léonide Massine. La partition mêle bruits de machine à écrire et de sirène : le public crie au scandale. Dans le programme, le poète Guillaume Apollinaire emploie le mot « surréalisme ».

En 1936, le journal Paris-Soir envoie Cocteau refaire le voyage de Phileas Fogg, le héros de Jules Verne. Accompagné de son ami Marcel Khill, il boucle le tour de la planète dans les délais et rencontre même Charlie Chaplin sur un paquebot.

Après la mort brutale de son jeune ami l'écrivain Raymond Radiguet en 1923, Cocteau sombre dans le chagrin et la dépendance à l'opium. Il suit plusieurs cures de désintoxication et transforme cette épreuve en un livre illustré de ses propres dessins, Opium (1930).

En 1950, à Saint-Jean-Cap-Ferrat, une amie lui prête la villa Santo Sospir. Cocteau commence par dessiner sur un mur, puis ne s'arrête plus : il couvre murs et plafonds de figures mythologiques. Il disait avoir « tatoué » la maison.

Sources primaires

Le Coq et l'Arlequin (1918)
Le tact dans l'audace, c'est de savoir jusqu'où on peut aller trop loin.
Le Coq et l'Arlequin (1918)
Un poète a toujours trop de mots dans son vocabulaire, un peintre trop de couleurs sur sa palette, un musicien trop de notes sur son clavier.
Opium, journal d'une désintoxication (1930)
Tout ce qu'on fait dans la vie, même l'amour, on le fait dans le train express qui roule vers la mort. Fumer l'opium, c'est quitter le train en marche.
La Belle et la Bête (carton d'ouverture du film) (1946)
L'enfance croit ce qu'on lui raconte et ne le met pas en doute. Je vous demande un peu de cette naïveté enfantine et, pour nous porter chance à tous, laissez-moi vous dire quatre mots magiques, véritable « Sésame, ouvre-toi » de l'enfance : Il était une fois…

Lieux clés

Maisons-Laffitte

Ville des Yvelines où Jean Cocteau naît en 1889 dans une famille bourgeoise et cultivée.

Appartement du Palais-Royal, Paris

Cocteau vécut rue de Montpensier, sous les arcades du Palais-Royal, où il travaillait et recevait ses amis artistes.

Théâtre du Châtelet, Paris

Scène où fut créé le ballet Parade en mai 1917, avec Satie, Picasso et les Ballets Russes.

Chapelle Saint-Pierre, Villefranche-sur-Mer

Petite chapelle de pêcheurs que Cocteau décora entièrement de fresques en 1957.

Villa Santo Sospir, Saint-Jean-Cap-Ferrat

Villa de la Côte d'Azur dont Cocteau « tatoua » murs et plafonds de dessins mythologiques à partir de 1950.

Milly-la-Forêt

Bourg de l'Essonne où Cocteau mourut en 1963 ; il y décora la chapelle Saint-Blaise-des-Simples, où il est inhumé.

Voir aussi