Médecin et botaniste allemand du XVIIIe siècle, directeur du jardin botanique de Saint-Pétersbourg. Il est surtout connu pour son opposition virulente au système de classification sexuelle des plantes de Carl von Linné.
Johann Siegesbeck
Johann Georg Siegesbeck
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1686 à Naumburg, mort en 1755 à Saint-Pétersbourg
- Directeur du jardin botanique de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg
- En 1737, il publie une attaque contre le système de classification sexuelle des plantes de Linné, le jugeant immoral
- En représailles, Linné donna le nom de 'Sigesbeckia' (une petite plante peu attrayante) à un genre végétal
- Figure de l'opposition conservatrice aux innovations taxonomiques des Lumières
Œuvres & réalisations
Pamphlet attaquant le système sexuel de Linné, principal écrit qui a fixé Siegesbeck dans l'histoire des sciences.
Gestion et développement de l'un des principaux jardins scientifiques de l'Empire russe, dédié aux plantes médicinales et d'étude.
Participation à la vie scientifique de l'Académie comme botaniste et médecin au service de la Russie impériale.
Débat retentissant sur la classification des plantes, à l'origine du genre vengeur « Sigesbeckia » nommé par Linné.
Anecdotes
Quand Siegesbeck attaqua sa classification fondée sur les organes sexuels des plantes, Linné riposta avec malice : il donna le nom de « Sigesbeckia » à une petite herbe rampante, gluante et malodorante. Le message était limpide : aussi insignifiante et déplaisante que les critiques de son adversaire.
Siegesbeck jugeait scandaleux le système de Linné. Il s'indignait qu'on puisse expliquer à la jeunesse que les fleurs ont des « époux » et des « épouses » dans un même lit : pour lui, une telle « luxure » végétale était indigne d'un enseignement chrétien.
On raconte que Linné, recevant un jour des graines de la fameuse Sigesbeckia, les aurait semées avec un plaisir non dissimulé, savourant sa petite vengeance botanique restée célèbre dans l'histoire des sciences.
Directeur du jardin botanique de Saint-Pétersbourg, Siegesbeck dirigea l'un des établissements scientifiques les plus septentrionaux d'Europe, où acclimater des plantes sous un climat rude relevait du défi permanent.
Le différend Siegesbeck-Linné illustre une époque où la classification du vivant n'était pas qu'affaire de science : elle touchait aussi à la morale, à la religion et aux susceptibilités des savants.
Sources primaires
Pamphlet dans lequel Siegesbeck dénonce le système sexuel de Linné, jugeant indécent d'attribuer aux plantes des unions à la manière humaine.
Linné y inscrit le genre « Sigesbeckia », nom donné en réponse aux attaques de Siegesbeck, devenu symbole de sa riposte.
Les lettres de Linné évoquent l'opposition de Siegesbeck et la manière dont il choisit de lui dédier une plante humble et négligée.
Lieux clés
Capitale impériale russe où Siegesbeck dirigea le jardin botanique et travailla pour l'Académie des sciences.
Établissement scientifique où l'on cultivait et étudiait des plantes médicinales et exotiques sous sa direction.
Institution savante fondée par Pierre le Grand, foyer de la recherche en Russie au XVIIIe siècle.
Région d'origine de Siegesbeck, où il reçut sa formation de médecin et de botaniste avant de gagner la Russie.
Ville universitaire suédoise, foyer de Carl von Linné dont les travaux déclenchèrent la polémique avec Siegesbeck.
Objets typiques

Recueil de plantes séchées et pressées, montées sur feuilles et annotées, base du travail de tout botaniste de l'époque.

Lentille grossissante permettant d'examiner les fleurs, étamines et pistils pour identifier et classer les plantes.

Boîte métallique portée en bandoulière servant à transporter les plantes fraîchement cueillies lors des excursions.

Ouvrage savant en latin présentant descriptions et systèmes de classification, support des débats entre naturalistes.

Instruments d'écriture du savant, utilisés pour rédiger descriptions, lettres et pamphlets polémiques.

Parterre ordonné où les plantes étaient cultivées, acclimatées et étudiées au jardin de Saint-Pétersbourg.
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Vie quotidienne
Matin
La matinée d'un botaniste-médecin commençait tôt, souvent au jardin pour inspecter les plantes, noter leur floraison et surveiller les semis avant les grandes chaleurs ou le froid. Les observations étaient consignées avec soin.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre l'examen des spécimens à la loupe, la rédaction de descriptions en latin et la correspondance avec d'autres savants d'Europe. Il pouvait aussi recevoir des patients ou conseiller sur les plantes médicinales.
Soir
Le soir était consacré à la lecture des traités, à la mise au propre des notes et parfois à la rédaction de textes polémiques contre les théories qu'il jugeait erronées, à la lueur de la chandelle.
Alimentation
L'alimentation à Saint-Pétersbourg reposait sur le pain de seigle, les soupes, le poisson, les viandes salées et les légumes conservés pour l'hiver. Le thé et les boissons chaudes aidaient à supporter le climat rigoureux.
Vêtements
Un savant du XVIIIe siècle portait habit, gilet et culotte, chemise de lin à jabot, bas et chaussures à boucle, le tout surmonté d'une perruque poudrée selon les usages des académies.
Habitat
Il logeait dans une demeure urbaine de Saint-Pétersbourg, ville neuve bâtie sur les marais, où les poêles de faïence luttaient contre l'hiver et où la proximité du jardin facilitait son travail.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Botanosophiae verioris brevis sciagraphia
1737
Direction du jardin botanique de Saint-Pétersbourg
vers 1735
Travaux pour l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg
années 1730-1750
Controverse avec Carl von Linné
1737






