Julio Cortázar(1914 — 1984)

Julio Cortázar

France, Argentine

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)XXe siècleXXe siècle, époque du « boom » littéraire latino-américain et de l'effervescence intellectuelle parisienne d'après-guerre

Écrivain argentin né à Bruxelles en 1914 et mort à Paris en 1984. Figure majeure du « boom » de la littérature latino-américaine, il est célèbre pour ses nouvelles fantastiques et son roman expérimental *Marelle*.

Questions fréquentes

Julio Cortázar (1914-1984) est un écrivain argentin majeur du XXe siècle, figure centrale du boom latino-américain. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné la forme du roman avec Marelle (1963), un livre que le lecteur peut parcourir dans un ordre non linéaire, comme on saute les cases d'une marelle. Cette audace formelle, alliée à un fantastique ancré dans le quotidien, en fait un auteur incontournable pour comprendre les expérimentations littéraires des années 1960. Il a passé la majeure partie de sa vie à Paris, où il a travaillé comme traducteur pour l'UNESCO et fréquenté les cercles intellectuels et de jazz.

Citations célèbres

« Rien n'est perdu si l'on a le courage de proclamer que tout est perdu et qu'il faut recommencer.»

Faits marquants

  • Naît le 26 août 1914 à Bruxelles de parents argentins
  • S'installe définitivement à Paris en 1951, où il travaille comme traducteur pour l'UNESCO
  • Publie en 1963 *Rayuela* (*Marelle*), roman à la structure non linéaire que le lecteur peut lire dans plusieurs ordres
  • Sa nouvelle *Les Fils de la Vierge* inspire le film *Blow-Up* d'Antonioni (1966)
  • Meurt le 12 février 1984 à Paris

Œuvres & réalisations

Bestiaire (Bestiario) (1951)

Premier recueil de nouvelles publié sous son nom ; il y impose son art du fantastique du quotidien, comme dans « Maison occupée ».

Fin d'un jeu (Final del juego) (1956)

Recueil contenant des nouvelles devenues classiques, dont « Axolotl » et « Continuité des parcs ».

Les Armes secrètes (Las armas secretas) (1959)

Recueil incluant « L'Homme à l'affût », hommage à Charlie Parker, et « Les Fils de la Vierge », source du film *Blow-Up*.

Cronopes et Fameux (Historias de cronopios y de famas) (1962)

Recueil de courts textes ludiques et poétiques inventant un bestiaire d'êtres fantaisistes, les cronopes et les fameux.

Marelle (Rayuela) (1963)

Son chef-d'œuvre : un roman « ouvert » à lecture multiple, considéré comme l'un des sommets du « boom » latino-américain.

Tous les feux le feu (Todos los fuegos el fuego) (1966)

Recueil de nouvelles confirmant sa maîtrise du temps, du double et de l'étrange.

Le Livre de Manuel (Libro de Manuel) (1973)

Roman engagé mêlant fiction et coupures de presse ; couronné par le prix Médicis étranger, dont il reversa le montant à la résistance latino-américaine.

Anecdotes

En 1946, le jeune Cortázar envoie sa nouvelle « Maison occupée » (Casa tomada) à une revue littéraire dirigée par Jorge Luis Borges. Séduit, Borges la publie et la fait illustrer par sa propre sœur, la peintre Norah Borges. C'est l'un des premiers grands encouragements de sa carrière.

Son roman *Marelle* (Rayuela, 1963) peut se lire de deux façons : dans l'ordre normal des chapitres, ou en sautant de l'un à l'autre selon un « tableau de direction » fourni par l'auteur, comme on saute les cases d'une marelle dessinée au sol. Le lecteur devient ainsi presque co-auteur de l'histoire.

Sa nouvelle « Les Fils de la Vierge » (Las babas del diablo) inspira au cinéaste italien Michelangelo Antonioni le film *Blow-Up* (1966), qui remporta la Palme d'or à Cannes. L'histoire d'un photographe découvrant un détail troublant en agrandissant un cliché passionnait les deux artistes.

Passionné de jazz, Cortázar s'inspira du génie du saxophone Charlie Parker pour son personnage de « L'Homme à l'affût » (El perseguidor). Il aimait dire qu'il écrivait en suivant le rythme et l'improvisation de la musique, à la manière d'un musicien de be-bop.

Excellent traducteur, Cortázar traduisit en espagnol l'œuvre complète en prose d'Edgar Allan Poe pour l'université de Porto Rico. Ce long travail sur les récits d'angoisse et de mystère nourrit profondément son propre goût pour le fantastique et l'étrange.

Sources primaires

Marelle (Rayuela), incipit (1963)
« Est-ce que je rencontrerais la Sibylle ? Tant de fois il m'avait suffi de me pencher, en venant par la rue de Seine, sur l'arche qui donne sur le quai de Conti... »
Cronopes et Fameux (Historias de cronopios y de famas), « Instructions pour monter un escalier » (1962)
« Pour monter un escalier, on commence par lever cette partie du corps située en bas à droite, presque toujours enveloppée de cuir ou de daim, et qui à de rares exceptions près tient exactement sur la marche. »
Quelques aspects de la nouvelle (Algunos aspectos del cuento), conférence (1963)
« Le roman gagne toujours aux points, tandis que la nouvelle, elle, doit gagner par K.-O. »
Maison occupée (Casa tomada), incipit (1946)
« La maison nous plaisait : outre qu'elle était vaste et ancienne, elle gardait les souvenirs de nos arrière-grands-parents. »

Lieux clés

Ixelles (Bruxelles), Belgique

Lieu de naissance de Cortázar en 1914 ; ses parents argentins y résidaient lorsque la Première Guerre mondiale éclata.

Banfield, banlieue de Buenos Aires

Quartier où Cortázar passa son enfance et son adolescence après le retour de la famille en Argentine.

Buenos Aires, Argentine

Ville où il enseigna, écrivit ses premiers textes et publia « Maison occupée » avant de partir pour l'Europe.

Paris, France

Ville d'adoption à partir de 1951 : il y vécut, y travailla comme traducteur pour l'UNESCO, y écrivit *Marelle* et y mourut en 1984.

Saignon (Vaucluse), Provence

Village où Cortázar acheta une maison de campagne, refuge d'été pour écrire loin de l'agitation parisienne.

La Havane, Cuba

Ville qu'il visita régulièrement après la révolution de 1959, marquant son engagement aux côtés des intellectuels latino-américains.

Voir aussi