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La ofrenda de orillas (offrande des berges) et la table coloniale métisse
Dans le Mexique colonial où naît La Llorona, deux mondes culinaires se superposent : la cuisine du maïs nixtamalisé héritée des peuples nahuas (tamales, atole, salsas de molcajete) et les apports espagnols (sucre de canne, porc, épices d'Orient, lait). Le repas ne se divise pas en entrée-plat-dessert : il s'organise autour de la tortilla et de la masa de maïs comme socle, accompagnée d'antojitos (petites bouchées de rue), de bebidas épaisses servies chaudes (atole, champurrado), et, aux jours des morts, de l'ofrenda — ces mets déposés près de l'eau et des autels pour les âmes errantes. C'est dans cet entre-deux, au bord des canaux de Xochimilco et du lac Texcoco, que La Llorona reçoit, dit-on, ses offrandes.
Signature : La nixtamalisation du maïs
Tremper le maïs dans de l'eau de chaux (cal) pour assouplir le grain, libérer ses arômes et le rendre nourrissant : ce geste mésoaméricain millénaire transforme le maïs en masa, pâte-mère de presque tout. Toutes les recettes d'ici en découlent. C'est l'âme du garde-manger que La Llorona aurait connu — un savoir indigène qui survit à la conquête espagnole.

La Llorona à table

5 recettes d’époque