Favorite et dame d'atours italienne de la reine Marie de Médicis, elle exerça avec son époux Concino Concini une grande influence à la cour de France sous la régence. Accusée de sorcellerie, elle fut décapitée puis brûlée en place de Grève en 1617.
Leonora Galigaï(1568 — 1617)
Léonora Dori
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Arrive en France en 1600 dans la suite de Marie de Médicis, dont elle devient la confidente et dame d'atours
- Épouse Concino Concini, qui devient maréchal d'Ancre et favori tout-puissant sous la régence (à partir de 1610)
- Le couple Concini accumule richesses et charges, suscitant la haine des grands et du jeune Louis XIII
- Après l'assassinat de Concini sur ordre de Louis XIII (avril 1617), elle est arrêtée et jugée pour sorcellerie et crime de lèse-majesté
- Décapitée puis son corps brûlé en place de Grève à Paris le 8 juillet 1617
Œuvres & réalisations
En devenant la confidente et l'intendante de la garde-robe de Marie de Médicis, elle obtint un accès quotidien et un ascendant rare sur la souveraine.
Avec Concini, elle amassa l'une des plus grandes fortunes du royaume en pensions, charges et terres, devenant l'objet de toutes les jalousies.
Le couple acheta et fit ériger la seigneurie d'Ancre en marquisat, transformant des serviteurs étrangers en grands seigneurs français.
Par son entremise auprès de la reine, elle pesa sur le choix des ministres et favoris, faisant et défaisant les carrières à la cour.
Ses réponses lucides et fières devant ses juges, niant tout pacte diabolique, restèrent dans les mémoires comme un témoignage de l'absurdité des accusations de magie.
Anecdotes
Léonora Dori grandit aux côtés de Marie de Médicis à Florence et la suivit en France lors de son mariage avec Henri IV en 1600 : la petite servante devint la confidente la plus intime de la reine, au point qu'on disait qu'aucune décision importante ne se prenait sans son avis.
Son mari Concino Concini et elle accumulèrent une fortune colossale et des titres prestigieux, dont le marquisat d'Ancre. Cette ascension fulgurante d'un couple d'étrangers suscita une haine féroce parmi la noblesse française qui les surnommait avec mépris les « Florentins ».
Lorsqu'on l'accusa d'avoir ensorcelé la reine, ses juges lui demandèrent quel sortilège elle avait employé. Selon la tradition, elle répondit fièrement : « Mon sortilège a été le pouvoir que les âmes fortes doivent avoir sur les esprits faibles », une réplique restée célèbre.
Pour étayer l'accusation de sorcellerie, on fouilla sa maison et l'on y trouva des livres, des talismans et des morceaux de cire ; la rumeur prétendait qu'elle sacrifiait des coqs et consultait des rabbins et des magiciens pour conserver son emprise sur Marie de Médicis.
Après l'assassinat de Concini sur ordre du jeune Louis XIII en avril 1617, Léonora fut arrêtée, jugée pour sorcellerie et lèse-majesté, puis décapitée et son corps brûlé en place de Grève le 8 juillet 1617 : la foule parisienne se rua sur ses biens et profana sa dépouille.
Sources primaires
Interrogée sur le charme dont elle s'était servie pour gouverner l'esprit de la reine, elle répondit que son charme avait été le pouvoir que les âmes fortes ont sur les esprits faibles.
Concini et sa femme, parvenus du néant à une fortune si éclatante, attirèrent sur eux la haine de toute la noblesse, qui ne pouvait souffrir l'élévation de ces étrangers.
Le huitième juillet, la marquise d'Ancre fut décapitée en la place de Grève, puis son corps réduit en cendres, ayant été déclarée atteinte et convaincue de crime de lèse-majesté divine et humaine.
La Cour a déclaré et déclare ladite Leonora Galigaï duement atteinte et convaincue de magie, sortilège et de crime de lèse-majesté, et pour réparation l'a condamnée à avoir la tête tranchée.
Lieux clés
Ville natale de Léonora Dori, où elle grandit au service des Médicis avant de suivre Marie en France.
Résidence de la cour où Léonora exerça son influence sur la reine régente et où son mari fut assassiné en 1617.
Forteresse-prison où Léonora fut enfermée après l'assassinat de Concini, dans l'attente de son procès.
Place des exécutions publiques où elle fut décapitée puis brûlée le 8 juillet 1617, devant une foule hostile.
Seigneurie érigée en marquisat dont le couple Concini tira ses titres, symbole de son élévation territoriale.
Objets typiques

Objets retrouvés chez elle et présentés au procès comme preuves de sorcellerie : morceaux de cire, parchemins gravés de signes et amulettes censés exercer une emprise occulte.

Ouvrages saisis dans sa maison qui servirent à étayer l'accusation de magie ; leur seule possession suffisait alors à fonder un soupçon de commerce avec le diable.

La rumeur l'accusait de sacrifier des coqs lors de rituels secrets pour conserver son pouvoir sur la reine ; ce motif folklorique nourrit la légende noire de la « sorcière florentine ».

Parures somptueuses accumulées grâce à la faveur royale, symboles de l'enrichissement vertigineux du couple Concini qui scandalisa la noblesse française.

Insigne du maréchalat obtenu par son époux Concini sans fait d'armes, emblème de l'ascension politique du couple et de la jalousie qu'elle provoqua.

Souvent décrite recluse et voilée, prétextant des maladies nerveuses ; ce voile contribua à sa réputation de femme mystérieuse adonnée aux pratiques occultes.
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Vie quotidienne
Matin
Léonora se levait dans ses appartements proches de ceux de la reine au Louvre. Souvent souffrante de migraines et de troubles nerveux, elle restait volontiers recluse, recevant peu mais surveillant déjà le ballet des solliciteurs venus quêter une faveur.
Après-midi
L'après-midi se passait au service de Marie de Médicis : conseils chuchotés, gestion de la garde-robe et des bijoux, et entremise discrète entre la reine et les courtisans. C'est là que se nouaient les véritables décisions de la régence.
Soir
Le soir, elle s'entretenait avec son époux Concini de leurs affaires et de leur fortune grandissante. On l'accusait de consulter en secret astrologues, médecins juifs et magiciens pour préserver sa santé et son emprise.
Alimentation
À la cour de la régence dominée par les Médicis, on servait une cuisine raffinée mêlant traditions françaises et italiennes : viandes en sauce, volailles, pâtisseries, fruits confits et vins, le tout dans une abondance ostentatoire.
Vêtements
Dame d'atours, elle connaissait mieux que quiconque les étoffes de luxe : robes de velours et de soie, dentelles, perles et joyaux. Mais on la décrit aussi souvent voilée et vêtue sobrement, fuyant les regards.
Habitat
Le couple Concini occupait de riches appartements au Louvre et de somptueuses demeures parisiennes ornées de tapisseries, de meubles précieux et d'œuvres d'art, témoignant de leur fortune insolente.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Ascension à la fonction de dame d'atours de la reine
1600-1610
Constitution d'une immense fortune
vers 1610-1616
Acquisition du marquisat d'Ancre
1610
Influence dans les nominations de la régence
1610-1617
Défense lors de son procès pour sorcellerie
1617






