Louis Leroy(1923 — 1961)

Louis Leroy

France

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Arts visuelsLettresJournalisteDramaturgeXIXe siècleFrance du XIXe siècle, époque des grands bouleversements artistiques, naissance des avant-gardes et du marché de l'art moderne

Louis Leroy (1812-1885) est un journaliste, critique d'art et dramaturge français. Il est surtout connu pour avoir, par dérision, donné son nom au mouvement impressionniste en 1874 dans sa critique de l'exposition du boulevard des Capucines.

Questions fréquentes

Louis Leroy (1812-1885) était un journaliste, critique d'art et auteur de vaudevilles français. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il est entré dans l'histoire malgré lui : en avril 1874, pour se moquer du tableau Impression, soleil levant de Claude Monet, il a inventé par dérision le terme « impressionniste ». Loin de disparaître, le mot a été adopté fièrement par les peintres et est devenu l'étiquette d'un des mouvements artistiques les plus célèbres au monde.

Citations célèbres

« Impression, j'en étais sûr. Je me disais justement, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans.»

Faits marquants

  • Né en 1812, Louis Leroy est journaliste au journal satirique Le Charivari
  • En avril 1874, il publie une critique moqueuse de la première exposition du groupe Monet/Renoir/Degas, intitulée 'L'Exposition des impressionnistes'
  • Sa critique fait référence au tableau de Monet 'Impression, soleil levant' pour tourner en ridicule les artistes
  • Le terme 'impressionnistes', lancé avec ironie, est récupéré par les artistes eux-mêmes et devient le nom officiel du mouvement
  • Il est également auteur de pièces de théâtre et de vaudevilles, dimension souvent éclipsée par son rôle dans l'histoire de l'art

Œuvres & réalisations

L'Exposition des impressionnistes (article, Le Charivari) (25 avril 1874)

Article critique publié sous forme de dialogue satirique, dans lequel Leroy invente par dérision le terme 'impressionniste' à partir du tableau de Monet. Texte fondateur malgré lui, il est aujourd'hui considéré comme l'acte de naissance officiel du mouvement impressionniste.

Chroniques artistiques dans Le Charivari (recueil de critiques) (1860-1885)

Pendant plus de vingt ans, Leroy tient une chronique régulière dans Le Charivari, couvrant les Salons officiels et les expositions alternatives. Son style allie ironie mordante et humour de boulevard, rendant la critique d'art accessible et divertissante pour le grand public bourgeois.

Vaudevilles et comédies pour les théâtres parisiens (œuvre dramatique) (1840-1880)

Leroy est l'auteur de plusieurs dizaines de pièces légères représentées dans les salles parisiennes : vaudevilles, comédies en un ou plusieurs actes, parfois en collaboration. Bien qu'oubliées aujourd'hui, elles lui assurèrent une solide notoriété dans les milieux du théâtre et de la presse parisienne.

Anecdotes

Le 25 avril 1874, Louis Leroy publie dans le journal satirique Le Charivari une critique cinglante de la première exposition indépendante organisée boulevard des Capucines par Monet, Renoir, Pissarro et leurs amis. Voulant railler le tableau de Monet intitulé 'Impression, soleil levant', il baptise ironiquement ces artistes les 'impressionnistes'. Loin d'être blessés, les peintres adoptent fièrement ce surnom qui devient l'un des noms les plus célèbres de l'histoire de l'art.

Pour rédiger sa critique, Leroy invente un personnage fictif : M. Joseph Vincent, vieux peintre académique médaillé du Salon, qui visite l'exposition avec lui. À chaque tableau, le pauvre Vincent perd progressivement la raison, scandalisé par ces coups de pinceau désordonnés et ces couleurs vives. Ce procédé littéraire humoristique permettait à Leroy de railler les œuvres à travers un dialogue comique, usant de son talent de dramaturge au service de la critique d'art.

Avant sa critique célèbre de 1874, Leroy était surtout connu à Paris comme auteur de vaudevilles et de comédies légères représentées sur les scènes des Boulevards. Il avait écrit des dizaines de pièces pour le Théâtre du Palais-Royal ou des Variétés, ce qui explique son sens naturel du dialogue et du quiproquo dans ses articles. Son destin d'auteur comique a donc, paradoxalement, forgé le vocabulaire de l'art moderne.

Le terme 'impressionnisme', inventé par dérision, est l'un des rares exemples dans l'histoire de l'art où un mot moqueur est devenu une étiquette honorifique. D'autres mouvements ont connu la même aventure sémantique : 'baroque', 'gothique' ou 'fauvisme' avaient eux aussi débuté comme des insultes avant d'être revendiqués avec fierté par les artistes visés.

Sources primaires

L'Exposition des impressionnistes — Le Charivari (25 avril 1874)
— Impression, soleil levant, dis-je. — Impression, j'en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l'impression là-dedans... Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture ! Le papier peint à l'état embryonnaire est encore plus fait que cette marine-là !
Catalogue de la 1re exposition — Société anonyme des artistes peintres, sculpteurs, graveurs (avril 1874)
Exposition du 15 avril au 15 mai 1874, 35 boulevard des Capucines (ateliers Nadar). N° 98 : Monet (Claude), Impression, soleil levant.
Nécrologie de Louis Leroy — Journal des débats (décembre 1885)
Louis Leroy, journaliste et auteur dramatique, s'est éteint le 17 décembre 1885. Il laisse une œuvre abondante pour le théâtre et des chroniques artistiques qui ont marqué leur époque, dont une fameuse critique de 1874 qui donna involontairement son nom à toute une école de peinture.

Lieux clés

35 boulevard des Capucines, Paris

Atelier du photographe Nadar où se tint du 15 avril au 15 mai 1874 la première exposition du groupe des artistes indépendants. C'est ici que Leroy vit 'Impression, soleil levant' de Monet et inventa par dérision le terme 'impressionniste'.

Troyes, Aube

Ville de naissance de Louis Leroy, le 1er juin 1812, ancienne capitale de la Champagne. Ce centre intellectuel et commercial forma les premières années de celui qui deviendrait journaliste, dramaturge et critique d'art à Paris.

Rédaction du Charivari, Paris

Locaux du journal satirique Le Charivari où Leroy rédigea l'essentiel de ses articles et critiques d'art pendant des décennies. Le journal était alors l'une des publications les plus influentes de la presse parisienne, tirant à plusieurs milliers d'exemplaires.

Palais de l'Industrie (Salon de peinture), Paris

Lieu des Salons officiels de peinture organisés annuellement par l'État dans les Champs-Élysées, que Leroy couvrait régulièrement comme critique. L'opposition entre ce temple de l'académisme et l'exposition indépendante des impressionnistes est au cœur de la révolution artistique de 1874.

Théâtres des Boulevards, Paris

Ensemble de salles de spectacle (Théâtre du Palais-Royal, des Variétés, du Vaudeville…) où les pièces légères de Leroy étaient régulièrement représentées. Ces théâtres constituaient le cœur de la vie culturelle populaire et bourgeoise du Paris du XIXe siècle.

Voir aussi