Lucy Stone (1818-1893) fut l'une des premières militantes américaines à lutter simultanément pour l'abolition de l'esclavage et le droit de vote des femmes. Première femme du Massachusetts à obtenir un diplôme universitaire, elle refusa de porter le nom de son mari après son mariage.
Lucy Stone(1818 — 1893)
Lucy Stone
États-Unis
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« In education, in marriage, in religion, in everything, disappointment is the lot of women.»
« I expect to plod on, and expect nothing.»
Faits marquants
- 1818 : Naissance à West Brookfield, Massachusetts
- 1847 : Première femme du Massachusetts diplômée de l'Oberlin College
- 1855 : Mariage avec Henry Blackwell ; elle conserve son nom de jeune fille
- 1870 : Fondation de l'American Woman Suffrage Association avec sa famille
- 1893 : Décès à Dorchester, Massachusetts
Œuvres & réalisations
Journal hebdomadaire fondé par Lucy Stone et Henry Blackwell à Boston, qui devint la principale publication du mouvement suffragiste américain et continua de paraître quarante-sept ans après la mort de sa fondatrice.
Document public rédigé avec son mari Henry Blackwell pour dénoncer les lois matrimoniales privant les femmes de leurs droits ; largement diffusé dans la presse, il fit date dans l'histoire du féminisme américain.
Discours fondateur prononcé lors de la première convention nationale suffragiste, qui contribua à élargir le mouvement bien au-delà de Seneca Falls et à en faire une cause nationale organisée.
Organisation suffragiste créée par Lucy Stone et Henry Blackwell, préconisant une stratégie État par État pour obtenir le droit de vote des femmes, approche pragmatique qui s'avérera finalement la plus efficace.
Tournées de conférences à travers les États-Unis sur l'abolition de l'esclavage et les droits des femmes, qui firent de Lucy Stone l'une des oratrices les plus célèbres et les mieux rémunérées de son époque.
Anecdotes
Lors de son mariage avec Henry Blackwell en 1855, Lucy Stone refusa catégoriquement de prendre le nom de son mari, geste révolutionnaire pour l'époque. Les deux époux lurent publiquement une protestation commune dénonçant les lois qui accordaient au mari le contrôle des biens et de la personne de sa femme. Ses partisanes furent bientôt surnommées les « Lucy Stoners ».
En 1847, Lucy Stone devint la première femme du Massachusetts à obtenir un diplôme universitaire, à l'Oberlin College en Ohio. Pour financer ses études, elle avait travaillé comme institutrice pendant des années et avait économisé chaque cent. Ironiquement, Oberlin lui refusa d'abord le droit de lire son propre discours de remise de diplôme, jugeant inconvenant qu'une femme parle en public.
Sans le droit de vote, Lucy Stone estimait qu'il était injuste de lui imposer des taxes. Elle refusa de payer ses impôts fonciers en invoquant le principe « no taxation without representation » hérité de la révolution américaine. Les autorités saisirent et vendirent ses meubles pour recouvrer la dette, mais elle persista dans son refus année après année.
En 1850, Lucy Stone co-organisa à Worcester la toute première Convention nationale des droits des femmes, qui rassembla plus de mille participants venus de huit États. Son discours, d'une éloquence remarquable, fut reproduit dans la presse nationale et contribua à transformer la cause suffragiste en mouvement de masse.
En 1869, un grave désaccord éclata entre Lucy Stone et Susan B. Anthony à propos du 15e amendement accordant le droit de vote aux hommes noirs mais pas aux femmes. Stone soutint l'amendement par solidarité abolitionniste ; Anthony et Stanton s'y opposèrent. Cette rupture divisa le mouvement suffragiste en deux organisations rivales pendant vingt ans.
Sources primaires
Nous considérons que les lois actuelles du mariage refusent la reconnaissance légale d'une femme comme être rationnel et responsable. Nous protestons contre ces lois au nom de la justice et de l'humanité, et déclarons notre résolution à ne pas les obéir.
La question n'est pas si une femme peut être nommée dans des lois et des chartes, mais si elle sera reconnue comme un être humain ayant les mêmes droits inaliénables que l'homme. Nous réclamons ces droits au nom de la justice éternelle.
Ce journal sera consacré aux intérêts des femmes — à leur éducation industrielle, légale et politique — et en particulier à leur droit de suffrage. Nous croyons que ce droit leur appartient aussi pleinement qu'à tout homme.
Je dois parler de la condition des femmes aussi longtemps que j'aurai une voix. Il n'est pas juste que la moitié du genre humain soit maintenue dans une telle dépendance et un tel silence.
Lieux clés
Ville natale de Lucy Stone, où elle grandit dans une ferme et prit conscience très jeune des inégalités entre ses frères et elle, notamment du fait que son père accordait plus d'importance à l'éducation des garçons.
Établissement mixte et antiesclavagiste où Lucy Stone obtint son diplôme en 1847, devenant une pionnière de l'accès des femmes aux études supérieures aux États-Unis.
Ville où Lucy Stone co-organisa en octobre 1850 la première Convention nationale des droits des femmes, événement fondateur qui transforma le suffragisme américain en mouvement organisé à l'échelle nationale.
Ville où Lucy Stone s'installa durablement, fonda The Woman's Journal en 1870 et dirigea l'American Woman Suffrage Association depuis son siège, faisant de Boston le centre du suffragisme modéré.
Quartier de Boston où Lucy Stone vécut ses dernières années et mourut en 1893 ; elle y fut incinérée, pratique alors rarissime aux États-Unis et ultime geste anticonformiste.






