Lioubov Popova (1889-1924) est une peintre et designer russe, figure majeure de l'avant-garde. Pionnière du constructivisme et du suprématisme, elle met son art au service de la révolution avant sa mort prématurée du scarlatine.
Lyubov Popova(1889 — 1924)
Lioubov Popova
Union soviétique, Empire russe
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1889 près de Moscou dans une famille aisée
- Voyage à Paris en 1912-1913 où elle découvre le cubisme dans l'atelier de Le Fauconnier et Metzinger
- Développe ses 'Architectures picturales' (Painterly Architectonics) à partir de 1916, synthèse de cubisme et suprématisme
- Rejoint le constructivisme productiviste après 1917, créant décors de théâtre (Le Cocu magnifique, 1922) et motifs textiles
- Meurt en 1924 à Moscou de la scarlatine, à seulement 35 ans
Œuvres & réalisations
Tableau futuro-cubiste où une figure en mouvement se fragmente en plans colorés. Œuvre clé de sa période d'avant-garde figurative.
Compositions abstraites de plans colorés en équilibre, traitant la peinture comme une construction. C'est l'apport le plus personnel de Popova à l'art abstrait.
Toiles où dominent lignes et forces dynamiques, à la frontière de la peinture et de l'ingénierie. Elles annoncent son passage au constructivisme.
Structure scénique de bois en mouvement pour la pièce montée par Meyerhold. Chef-d'œuvre du décor constructiviste, sans illusion ni peinture.
Mise en scène constructiviste intégrant objets réels et machines pour Meyerhold. Le théâtre y devient une tribune révolutionnaire.
Motifs géométriques colorés conçus pour la Première Fabrique textile d'État. Popova fait entrer l'art abstrait dans la vie quotidienne.
Anecdotes
Vers 1912-1913, Popova quitte la Russie pour Paris et s'inscrit à l'académie privée La Palette, où enseignent les peintres cubistes Jean Metzinger et Henri Le Fauconnier. De retour à Moscou, elle ramène dans ses bagages les leçons du cubisme français, qu'elle va fusionner avec le futurisme pour créer son propre style.
Popova baptise ses tableaux abstraits des années 1916-1918 « architectoniques picturales » : pour elle, peindre revient à construire, comme un architecte empile des volumes colorés en équilibre sur la toile. C'est cette idée de l'art comme construction qui la mènera ensuite vers le constructivisme.
En 1921, lors de la célèbre exposition « 5×5=25 » à Moscou, cinq artistes (dont Popova, Alexandra Exter et Varvara Stepanova) présentent chacun cinq œuvres. Popova y annonce qu'elle renonce à la peinture de chevalet pour mettre son talent au service de l'industrie et de la société nouvelle.
En 1922, Popova conçoit le décor de la pièce « Le Cocu magnifique » montée par le metteur en scène Meyerhold : au lieu d'un décor peint, elle construit une véritable machine de bois avec roues, échelles et plateformes sur lesquelles les acteurs grimpent et tournent. Le théâtre devient un atelier en mouvement.
Popova meurt en mai 1924 de la scarlatine, à seulement 35 ans, quelques jours seulement après son jeune fils emporté par la même maladie. Sa carrière fulgurante n'aura duré qu'une douzaine d'années, mais elle laisse une œuvre considérée aujourd'hui comme l'une des plus inventives de l'avant-garde russe.
Sources primaires
Tous les procédés expérimentaux présentés ici doivent être considérés comme une série d'étapes préparatoires à des constructions matérielles concrètes.
Le constructivisme doit aboutir au communisme par l'organisation matérielle de la vie, en abandonnant l'art pur au profit de la production industrielle.
La construction dans la peinture est la somme de l'énergie de ses parties ; la couleur participe à la construction comme l'énergie, et la ligne comme la direction.
Lieux clés
Domaine familial près de Moscou où naît Lioubov Popova en 1889. Sa famille de marchands aisés lui offre une éducation soignée et le goût de l'art.
Académie privée parisienne où Popova étudie vers 1912-1913 auprès des cubistes Metzinger et Le Fauconnier. Elle y découvre les recherches de l'avant-garde française.
Ateliers supérieurs d'art et de technique où Popova enseigne à partir de 1920. C'est le grand laboratoire du design et de l'art soviétiques.
Scène d'avant-garde où Popova réalise ses décors-machines, notamment pour « Le Cocu magnifique » en 1922. Elle y applique ses idées constructivistes au spectacle vivant.
Usine où Popova dessine des tissus imprimés en 1923-1924. Elle y met l'art au service de la production de masse.
Ville où Popova vit, travaille et meurt de la scarlatine en 1924. Elle est le cœur de l'effervescence artistique de l'avant-garde russe.
Objets typiques

Structure de bois faite de plateformes, roues et échelles que Popova construisait pour le théâtre de Meyerhold. Le décor n'imite plus un lieu mais offre une machine où jouent les acteurs.

Motifs géométriques aux couleurs vives que Popova dessina pour la Première Fabrique textile d'État. L'artiste voulait habiller le peuple soviétique de formes modernes produites en série.

Tableau abstrait où des plans colorés se chevauchent comme des volumes en équilibre. Popova y traite la peinture comme une construction faite d'énergie et de direction.

Compositions mêlant lettres, chiffres et bandes colorées que les constructivistes utilisaient pour la propagande et l'édition. La forme devait servir un message clair et efficace.

Outils du peintre que Popova utilisa intensément pendant sa période picturale. Elle s'en servait pour étaler des aplats nets et superposer les couleurs.

Vêtement de travail fonctionnel imaginé par les constructivistes pour l'ouvrier ou l'acteur. Popova et Stepanova en dessinèrent des modèles sobres et pratiques pour la scène.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Issue d'une famille aisée, la jeune Popova consacrait ses matinées à l'étude du dessin et à la fréquentation des musées. Adulte et artiste engagée, elle rejoignait dès le matin son atelier ou les salles d'enseignement des VKhOUTEMAS.
Après-midi
L'après-midi se passait à peindre, à préparer ses maquettes de décor ou à discuter de théorie avec les autres artistes de l'INKhUK. Les débats sur le rôle de l'art dans la société nouvelle pouvaient durer des heures.
Soir
Le soir, elle assistait aux répétitions au théâtre de Meyerhold ou retrouvait le cercle des avant-gardistes — Malévitch, Tatline, Stepanova, Rodtchenko. Lectures, conférences et expositions rythmaient une vie intellectuelle intense.
Alimentation
Dans le Moscou des années révolutionnaires et de la guerre civile, la nourriture était souvent rationnée et frugale : pain noir, kacha (bouillie de sarrasin), soupes et thé. Popova partageait les privations du quotidien soviétique malgré ses origines aisées.
Vêtements
Popova adoptait des tenues sobres et pratiques, en accord avec l'idéal constructiviste du vêtement fonctionnel. Elle rejetait la mode bourgeoise et réfléchissait à des habits modernes pour l'ouvrier et l'acteur.
Habitat
Elle vivait à Moscou, où le logement se faisait souvent collectif et exigu après la Révolution. Son atelier, encombré de toiles, de maquettes et d'échantillons, était à la fois lieu de vie et de travail.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Décor de « La Terre cabrée »
1923
Dessins de tissus imprimés
1923-1924






