Madame de Maintenon(1635 — 1719)
Madame de Maintenon
France
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Née en 1635, Françoise d'Aubigné connut une jeunesse misérable avant de devenir gouvernante des enfants légitimés de Louis XIV, puis son épouse secrète vers 1683. Elle fonda en 1686 la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr, institution éducative pionnière pour les jeunes filles de la noblesse désargentée.
Questions fréquentes
Citations célèbres
« Il faut souffrir, il faut aimer, il faut prier : voilà toute la vie.»
« On ne peut pas toujours faire ce qu'on veut ; il faut se résoudre à vouloir ce qu'on fait.»
Faits marquants
- 1635 : naissance à Niort dans une famille noble ruinée, père emprisonné
- 1652 : mariage avec le poète burlesque Paul Scarron, qui lui ouvre les salons parisiens
- 1669 : nommée gouvernante des enfants légitimés de Louis XIV et de Mme de Montespan
- vers 1683 : mariage secret avec Louis XIV après la mort de Marie-Thérèse d'Autriche
- 1686 : fondation de la Maison royale de Saint-Louis à Saint-Cyr pour l'éducation de 250 demoiselles nobles pauvres
Œuvres & réalisations
Institution éducative pionnière accueillant 250 demoiselles nobles pauvres de 7 à 20 ans. Première école laïque d'État pour jeunes filles en Europe, elle constitue l'œuvre majeure et durable de Maintenon.
Épistolière prolixe, Maintenon laissa une correspondance immense adressée au roi, aux ministres, aux élèves et à des proches. Ces lettres constituent une source historique précieuse sur la vie de cour et sa pensée pédagogique.
Recueil de dialogues pédagogiques et de saynètes morales rédigés ou inspirés par Maintenon pour les élèves de Saint-Cyr. Ces textes révèlent une réflexion originale sur l'éducation féminine, la vertu et la vie en société.
À l'initiative de Maintenon, Racine écrivit cette tragédie biblique représentée par les élèves de Saint-Cyr devant la cour. L'événement donna un rayonnement culturel considérable à l'institution.
Corpus de règles pédagogiques et morales rédigées et révisées par Maintenon elle-même, définissant un programme d'éducation complet mêlant lettres, sciences domestiques, arts et formation religieuse.
Anecdotes
Françoise d'Aubigné passa une partie de son enfance en prison : son père, condamné pour meurtre, fut incarcéré à la Martinique, et la petite fille le suivit avec sa mère. Revenue en France dans le dénuement le plus total, elle faillit finir au couvent de force avant qu'une marraine bienveillante, Madame de Neuillant, ne la recueille.
À dix-six ans, pour échapper à la misère, Françoise épousa Paul Scarron, poète célèbre mais paralysé, de vingt-cinq ans son aîné, cloué dans son fauteuil par une maladie osseuse. Ce mariage de raison lui ouvrit les portes des salons parisiens et lui apprit l'art de la conversation ; à la mort de Scarron en 1660, elle se retrouva veuve et sans ressources.
Devenue gouvernante des enfants illégitimes de Louis XIV et de Madame de Montespan, Françoise s'attacha profondément à ces enfants et s'opposa souvent à leur mère sur leur éducation. Le roi, impressionné par sa dévotion et son intelligence, lui confia de plus en plus de responsabilités, avant de la faire entrer dans l'intimité de la cour puis dans la sienne propre.
Pour les élèves de Saint-Cyr, Madame de Maintenon commanda à Jean Racine deux pièces de théâtre à sujet biblique : Esther (1689) et Athalie (1691). La représentation d'Esther devant le roi et toute la cour fut un événement mondain considérable ; mais jugeant que le spectacle excitait trop la vanité des jeunes filles, elle finit par en interdire les représentations publiques.
Après la mort de Louis XIV en 1715, Madame de Maintenon se retira aussitôt à Saint-Cyr, refusant toute pension et tout titre officiel. Elle y vécut ses quatre dernières années parmi les demoiselles qu'elle avait éduquées, enseignant, priant et dictant sa correspondance jusqu'à sa mort en 1719, à quatre-vingt-trois ans.
Sources primaires
« Je voudrais que vous eussiez autant de goût pour la vertu que vous en avez pour les bagatelles ; mais je sais que la vertu ne s'aime qu'après l'avoir pratiquée. » Lettre à une élève de Saint-Cyr.
« Je vous parle en mère qui vous aime, et qui voudrait que vous fussiez aussi heureuses dans le monde que vous le serez dans le ciel, si vous êtes sages. »
« Elle gouvernait le roi, les ministres, les affaires ; elle était en tout l'âme du conseil, et disposait des grâces et des disgrâces avec une adresse incomparable. »
« Je ne cherche point à étendre mon autorité ; je cherche seulement à ne pas nuire à ce que j'ai entrepris pour Dieu dans cette maison. »
« Les demoiselles seront instruites dans la piété, dans les lettres, dans les arts convenables à leur sexe, et formées à toutes les vertus chrétiennes et civiles. »
Lieux clés
Ville natale de Françoise d'Aubigné en 1635. Elle y passa une enfance difficile marquée par la pauvreté et l'instabilité familiale, avant d'être recueillie par sa marraine.
Cœur du pouvoir sous Louis XIV, Maintenon y résida à partir des années 1680 dans des appartements communicants avec ceux du roi. C'est là qu'elle exerça son influence discrète mais réelle sur la politique royale.
Institution fondée en 1686 par Maintenon pour accueillir 250 jeunes filles nobles sans fortune. Elle y enseigna elle-même, y résida fréquemment, puis s'y retira définitivement après la mort de Louis XIV.
Seigneurie achetée pour elle par Louis XIV en 1674 et dont elle prit le nom. Ce château médiéval remanié symbolise son ascension sociale extraordinaire, de la misère à la noblesse.
Après son mariage avec Paul Scarron, Françoise fréquenta les salons littéraires parisiens et y forma son esprit. C'est dans ce milieu cultivé qu'elle acquit l'art de la conversation qui séduisit plus tard le roi.






