Marcel Carné(1906 — 1996)
Marcel Carné
France
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Marcel Carné est un cinéaste français, figure majeure du « réalisme poétique » des années 1930-1940. Avec le scénariste-poète Jacques Prévert, il signe des films devenus des classiques du cinéma français, dont Les Enfants du paradis.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1906 à Paris et mort en 1996 à Clamart.
- Réalise Le Quai des brumes (1938) et Le jour se lève (1939), films emblématiques du réalisme poétique.
- Tourne Les Enfants du paradis (1943-1945), souvent cité comme l'un des plus grands films français.
- Collabore étroitement avec le poète et scénariste Jacques Prévert.
- Élu à l'Académie des beaux-arts en 1979.
Œuvres & réalisations
Comédie loufoque avec Louis Jouvet et Michel Simon, premier grand succès du tandem Carné-Prévert dans un registre burlesque.
Drame du réalisme poétique avec Jean Gabin et Michèle Morgan, qui consacre le style atmosphérique et fataliste de Carné.
Film situé au bord du canal Saint-Martin à Paris, célèbre pour la réplique « Atmosphère ! » lancée par Arletty.
Sommet du réalisme poétique : un ouvrier assiégé par la police revit son drame en flash-back, structure narrative novatrice.
Conte médiéval tourné sous l'Occupation, dont l'allégorie du cœur qui continue de battre fut lue comme un symbole de résistance.
Fresque sur le théâtre parisien du XIXe siècle, souvent désignée comme le plus grand film français de tous les temps.
Dernier grand film du duo Carné-Prévert, dans le Paris de la Libération, où résonne la chanson « Les Feuilles mortes ».
Adaptation moderne du roman d'Émile Zola, récompensée au Festival de Venise par le Lion d'argent.
Anecdotes
Pour tourner « Les Enfants du paradis » sous l'Occupation, Marcel Carné multiplie les ruses : il fait durer le tournage pour retarder la sortie jusqu'à la Libération, et certains collaborateurs juifs, comme le décorateur Alexandre Trauner et le compositeur Joseph Kosma, travaillent clandestinement, leurs noms n'apparaissant pas au générique.
Avant de devenir cinéaste, Carné fut un temps critique de cinéma. En 1933, il signe un article retentissant intitulé « Quand le cinéma descendra-t-il dans la rue ? », véritable manifeste appelant à filmer la vie réelle et les gens ordinaires, annonçant déjà son futur « réalisme poétique ».
Le tournage du « Quai des brumes » (1938) faillit ne jamais avoir lieu : la production allemande UFA refusa le scénario, jugé « décadent ». Le film fut finalement tourné en France et devint l'un des grands succès du cinéma français d'avant-guerre.
Carné et le poète Jacques Prévert formèrent l'un des plus célèbres duos du cinéma français. Ensemble, ils signèrent sept films en une dizaine d'années, Prévert écrivant des dialogues si ciselés que certaines répliques, comme « T'as de beaux yeux, tu sais », sont restées dans la mémoire collective.
Après-guerre, Carné fut critiqué par les jeunes cinéastes de la Nouvelle Vague qui voyaient en lui le symbole d'un « cinéma de papa » académique. Pourtant, des réalisateurs comme François Truffaut reconnaîtront plus tard la dette du cinéma français envers « Les Enfants du paradis ».
Sources primaires
La foule, la rue, ses spectacles, ses incidents quotidiens, voilà le grand réservoir, l'immense filon que le cinéma français ne sait pas exploiter.
« T'as de beaux yeux, tu sais. »
Je voulais que mes films aient ce ton particulier où la poésie naît du réel, où le quotidien le plus humble devient légende.
« Paris est tout petit pour ceux qui s'aiment comme nous d'un aussi grand amour. »
Lieux clés
Ville natale de Marcel Carné, où il grandit dans un milieu modeste. Paris, ses rues et ses brumes, deviendra le décor récurrent de son cinéma.
Hauts lieux du cinéma français où Carné tourna plusieurs de ses films en décors construits. Les studios franciliens permettaient de recréer des univers entiers à l'abri du réel.
Studios niçois où fut tourné l'essentiel des « Enfants du paradis » sous l'Occupation. On y bâtit le gigantesque décor du Boulevard du Temple.
Ville portuaire de Normandie où se déroule l'action du « Quai des brumes ». Son port et ses brumes incarnent à l'écran l'esthétique du réalisme poétique.
Commune des Hauts-de-Seine où Marcel Carné meurt en 1996, à l'âge de 90 ans. Il est ensuite inhumé au cimetière Saint-Vincent à Montmartre.
