Philosophe et humaniste italien de la Renaissance florentine, figure majeure du néoplatonisme. Premier traducteur de l'œuvre complète de Platon en latin, il dirigea l'Académie platonicienne de Florence sous le patronage des Médicis.
Marsile Ficin(1433 — 1499)
Marsile Ficin
République florentine
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1433 à Figline Valdarno, près de Florence, fils d'un médecin des Médicis
- Fonde et dirige l'Académie platonicienne de Florence sous le patronage de Cosme de Médicis vers 1462
- Achève la traduction latine intégrale des dialogues de Platon en 1469, publiée en 1484
- Traduit le Corpus hermeticum (1471) attribué à Hermès Trismégiste
- Auteur de la Théologie platonicienne (1474) cherchant à concilier platonisme et christianisme ; meurt en 1499
Œuvres & réalisations
Première traduction latine de ces textes attribués à Hermès Trismégiste, qui nourrit la fascination de la Renaissance pour la sagesse antique et l'hermétisme.
Œuvre fondatrice de la notion d'« amour platonique », qui influença durablement la poésie et la pensée amoureuse européennes.
Traité cherchant à montrer l'accord entre la philosophie platonicienne et la foi chrétienne.
Grande synthèse philosophique défendant l'immortalité de l'âme et plaçant l'homme au centre de la création.
Réalisation majeure de Ficin : pour la première fois, l'œuvre entière de Platon devenait accessible en latin à l'Occident.
Traité célèbre mêlant médecine, hygiène, astrologie et magie naturelle pour préserver la santé des intellectuels mélancoliques.
Version latine de l'œuvre du grand néoplatonicien antique, qui diffusa sa pensée dans toute l'Europe humaniste.
Anecdotes
Cosme de Médicis offrit à Ficin une villa à Careggi et de précieux manuscrits grecs de Platon. Mais le vieux mécène, sentant sa fin proche, lui demanda d'interrompre Platon pour traduire d'abord le mystérieux Corpus hermeticum : il voulait lire ces textes attribués à un sage égyptien avant de mourir.
Ficin vouait à Platon une dévotion presque religieuse. On raconte qu'il entretenait une lampe allumée devant un buste du philosophe et qu'il célébrait chaque 7 novembre l'anniversaire supposé de Platon par un banquet réunissant ses amis humanistes, à la manière des dialogues antiques.
Convaincu que la musique soignait l'âme, Ficin s'accompagnait d'une lyre qu'il appelait sa « lyre orphique » pour chanter des hymnes et chasser la mélancolie. Il pensait que les bonnes harmonies équilibraient les humeurs du corps autant que les remèdes des médecins.
Dans son livre De vita, Ficin mêla médecine, astrologie et magie des talismans pour aider les savants épuisés par l'étude. Ce chapitre audacieux faillit lui valoir des ennuis avec l'Église : prêtre lui-même, il dut rédiger une défense pour écarter le soupçon d'hérésie.
Ficin était de santé fragile et se disait né « sous Saturne », la planète de la mélancolie. Loin d'en faire un malheur, il transforma ce tempérament sombre en signe du génie contemplatif, idée qui marqua durablement la figure de l'artiste et du penseur mélancolique.
Sources primaires
L'âme humaine est par sa nature placée au milieu de tous les êtres, et elle est comme le nœud et le lien du monde, unissant les choses divines et les choses corporelles.
L'amour est le désir de jouir de la beauté ; et la beauté est une certaine grâce qui naît principalement de l'harmonie de plusieurs éléments.
Que les hommes de lettres prennent garde par-dessus tout à la mélancolie, car nulle peste n'est plus nuisible à ceux qui s'adonnent aux études.
Connais-toi toi-même, ô race divine revêtue d'un corps mortel ; reconnais combien tu es grande, et alors tu sauras combien grand est Dieu.
Lieux clés
Petite ville de Toscane où naquit Marsile Ficin en 1433, dans la vallée de l'Arno au sud de Florence.
Résidence des Médicis aux portes de Florence, offerte à Ficin et cœur de l'Académie platonicienne. Il y traduisit Platon, y enseigna et y mourut en 1499.
Capitale de la Renaissance sous les Médicis, où Ficin fut ordonné prêtre et chanoine de la cathédrale. Centre intellectuel de toute son activité.
Le Duomo de Florence, où Ficin exerça comme chanoine après son ordination en 1473. C'est là que se déroula aussi la sanglante conjuration des Pazzi en 1478.
Institution d'enseignement où circulaient les idées humanistes et où Ficin diffusa la philosophie platonicienne auprès des lettrés florentins.
Objets typiques

Codex grec offert par Cosme de Médicis, à partir duquel Ficin réalisa la première traduction latine intégrale de Platon. Ces volumes étaient des trésors rares à la Renaissance.

Instrument à cordes dont Ficin s'accompagnait pour chanter des hymnes à la manière d'Orphée. Il y voyait un remède musical capable d'apaiser l'âme et d'équilibrer les humeurs.

Effigie du maître antique devant laquelle Ficin entretenait, dit-on, une lampe allumée. Il symbolisait la dévotion de l'Académie florentine envers la philosophie platonicienne.

Médaille ou pierre gravée d'images planétaires que Ficin décrit dans le De vita pour capter les influences bénéfiques des astres. Objet à la frontière de la médecine et de la magie.

Instruments quotidiens d'un traducteur infatigable qui produisit des milliers de pages de latin. Ficin rédigeait traductions, traités et une abondante correspondance.

Instrument permettant de repérer la position des astres, utile à Ficin pour ses calculs astrologiques. À la Renaissance, astronomie et astrologie n'étaient pas encore séparées.
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Vie quotidienne
Matin
Ficin se levait tôt pour prier et méditer, en homme à la fois prêtre et philosophe. La matinée était consacrée à la lecture des textes grecs et au lent travail de traduction, plume en main devant ses manuscrits.
Après-midi
L'après-midi, il recevait à Careggi les amis et disciples de l'Académie : on y discutait Platon, l'amour, l'immortalité de l'âme. Ces conversations savantes pouvaient se prolonger en véritables banquets philosophiques.
Soir
Le soir, Ficin aimait se détendre en jouant de sa lyre et en chantant des hymnes orphiques, persuadé que la musique apaisait l'âme. Il consacrait aussi ses soirées à sa volumineuse correspondance avec les lettrés d'Europe.
Alimentation
Soucieux de sa santé fragile, Ficin recommandait dans le De vita une alimentation légère et tempérée, riche en aliments « solaires » comme le miel, le sucre, le bon vin et les fruits dorés, censés combattre la mélancolie.
Vêtements
En tant que chanoine, il portait la robe sombre et sobre des clercs et lettrés florentins. Son vêtement reflétait sa double condition d'ecclésiastique et d'érudit, loin du faste des courtisans.
Habitat
Il vécut surtout dans la villa de Careggi offerte par les Médicis, demeure de campagne entourée de jardins, propice à l'étude et à la contemplation. Il disposait aussi d'un logement à Florence, près de la cathédrale.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Traduction latine du Corpus hermeticum (Pimandre)
1463
De amore (Commentaire sur le Banquet de Platon)
1469
De christiana religione
1474
Theologia Platonica de immortalitate animorum
1482
Traduction latine complète des Dialogues de Platon
1484
De vita libri tres
1489
Traduction latine des Ennéades de Plotin
1492






