Tommaso Campanella(1568 — 1639)
Tommaso Campanella
royaume de Naples
6 min de lecture
Tommaso Campanella est un frère dominicain, philosophe, théologien et poète italien de la fin de la Renaissance. Emprisonné pendant près de vingt-sept ans pour hérésie et conspiration contre la domination espagnole, il est l'auteur de l'utopie *La Cité du Soleil*.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1568 à Stilo, en Calabre, il entre jeune dans l'ordre dominicain
- Rédige *La Cité du Soleil* (*La Città del Sole*) vers 1602, publié en latin en 1623
- Emprisonné à Naples de 1599 à 1626 après l'échec d'une conjuration contre les Espagnols
- Défend Galilée dans son *Apologia pro Galileo* (1622)
- Mort en 1639 à Paris, sous la protection du roi de France
Œuvres & réalisations
Première œuvre, défense de la philosophie naturelle de Telesio contre l'aristotélisme scolastique.
Son œuvre la plus célèbre : utopie d'une cité idéale gouvernée par la raison, le savoir et la mise en commun des biens.
Exposé de sa vision animiste de la nature, où toute chose possède une forme de sensibilité.
Plaidoyer pour la liberté de Galilée et la compatibilité entre science et foi.
Traité apologétique destiné à réfuter l'athéisme et à défendre la religion chrétienne.
Vaste somme philosophique synthétisant sa pensée, publiée à Paris à la fin de sa vie.
Recueil de sonnets et de canzones où il exprime ses convictions, sa révolte et sa foi en prison.
Anecdotes
Pour échapper à la torture de l'Inquisition, Campanella simula la folie pendant des mois en 1600. Il subit la « veglia », un supplice de quarante heures durant lequel il fut suspendu par les bras au-dessus de pointes, mais ne se contredit jamais : feindre la démence lui sauva la vie, car on ne pouvait condamner à mort un fou.
Campanella passa près de vingt-sept ans en prison, dont une longue période dans les cachots du Castel Nuovo et du Castel dell'Ovo à Naples. C'est pourtant enfermé, parfois sans lumière, qu'il composa la plupart de ses œuvres, dont *La Cité du Soleil*.
Fasciné par l'astrologie, Campanella organisa pour le pape Urbain VIII des rituels destinés à conjurer une éclipse que l'on croyait annonciatrice de sa mort : pièce close, tentures blanches, bougies et plantes pour imiter un ciel favorable.
Réfugié en France à la fin de sa vie, il fut reçu par le cardinal de Richelieu et pensionné par le roi Louis XIII. Il rédigea un poème célébrant la naissance du futur Louis XIV en 1638, peu avant de mourir à Paris.
Tout jeune dominicain, Campanella se fit remarquer par une mémoire prodigieuse et un goût pour la philosophie de la nature de Bernardino Telesio, qu'il défendit contre Aristote, ce qui lui valut très tôt la méfiance de ses supérieurs.
Sources primaires
Ils disent qu'une première ignorance a engendré dans le monde la propriété, parce que chacun s'est fait une maison à part, une femme et des enfants à soi : de là naît l'amour-propre.
La philosophie qui s'accorde avec la nature ne peut s'opposer à l'Écriture sainte, donnée par le même Dieu qui est l'auteur de la nature.
Toutes les choses du monde ont sensation et conscience à leur manière, car elles fuient ce qui les détruit et recherchent ce qui les conserve.
Je suis né pour combattre trois grands maux : la tyrannie, les sophismes et l'hypocrisie.
Lieux clés
Petit bourg de Calabre où naquit Campanella et où il fomenta plus tard sa conjuration contre les Espagnols.
Capitale du royaume sous domination espagnole où Campanella fut jugé, torturé et longuement emprisonné.
Forteresse maritime où il fut détenu dans des conditions très dures, et où il rédigea plusieurs de ses œuvres.
Ville où il fut transféré après sa libération et où il bénéficia un temps de la protection du pape Urbain VIII.
Refuge de ses dernières années, où il fut accueilli par Richelieu et où il mourut au couvent dominicain de la rue Saint-Honoré.






