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La pā'ina hawaïenne autour du socle de poi
Dans la maison hawaïenne que Martha Beckwith a tant fréquentée pour recueillir le Kumulipo, le repas (pā'ina) ne se divise pas en entrée, plat et dessert. Il s'organise autour d'un socle : l'amidon nourricier, le 'ai — presque toujours le poi de taro — autour duquel viennent se poser les mets d'accompagnement (la i'a : poisson, viande, algues). On mange à même les doigts, le bol de poi partagé au centre. Cette table-socle, Beckwith l'a retrouvée transposée en Jamaïque, où le folklore d'Anansi se raconte aussi autour d'une marmite commune. Cet ensemble suit son itinéraire de folkloriste : le socle hawaïen, ses fêtes, puis les nourritures de conservation, de boisson et de voyage glanées de Maui à la Jamaïque jusqu'à sa Nouvelle-Angleterre natale.
Signature : Le kalo (taro)
Le taro, kalo en hawaïen, est l'ingrédient-totem de cet ensemble. Dans la cosmogonie que Beckwith a traduite, le taro Hāloa est l'aîné de l'humanité : on ne se dispute pas devant un bol de poi, car on est en présence d'un ancêtre. Pilé, fermenté, cuit ou enveloppé, le kalo relie ces tables.

Martha Beckwith à table

5 recettes d’époque