Peintre, graveur et théoricien de l'art français (1870-1943), figure centrale du groupe des Nabis. Auteur de la célèbre formule définissant la peinture moderne comme « surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées ».
Maurice Denis(1870 — 1943)
Maurice Denis
France
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.»
Faits marquants
- 1870 : naissance à Granville
- 1888 : cofonde le groupe des Nabis avec Sérusier, Bonnard et Vuillard
- 1890 : publie la formule théorique sur la planéité du tableau dans la revue Art et Critique
- 1919 : fonde les Ateliers d'art sacré avec Georges Desvallières
- 1943 : mort à Paris après avoir été renversé par un camion
Œuvres & réalisations
L'une des premières œuvres emblématiques de Denis, représentant des femmes dans un jardin baigné de lumière. Les formes simplifiées en aplats de couleurs vives illustrent parfaitement sa formule du néo-traditionnisme.
Grand panneau décoratif conservé au Musée d'Orsay, représentant neuf femmes-muses dans un bois sacré. Chef-d'œuvre de la période Nabi, il allie symbolisme poétique et composition décorative maîtrisée.
Portrait collectif des Nabis réunis autour d'une nature morte de Cézanne, symbolisant leur dette envers le maître d'Aix-en-Provence. Ce tableau, aujourd'hui au Musée d'Orsay, témoigne de la cohésion du groupe à son apogée.
Série décorative racontant la conversion miraculeuse du chasseur saint Hubert qui vit une croix entre les bois d'un cerf. Ce cycle illustre le talent de Denis pour la narration religieuse en images.
Ensemble de grandes compositions ornant le hall principal du théâtre nouvellement construit. L'œuvre la plus monumentale de Denis, synthèse de son art décoratif et de sa vision symboliste.
Vaste ensemble de peintures religieuses couvrant le dôme de cette église du 12e arrondissement. L'une des réalisations majeures de sa période tardive au service du renouveau de l'art sacré français.
Anecdotes
En 1890, alors qu'il n'a que vingt ans, Maurice Denis publie dans la revue Art et Critique un court article qui va révolutionner la conception de la peinture. Sa formule — « un tableau est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées » — pose les bases de l'art moderne en affirmant que la forme prime sur le sujet représenté. Cette phrase sera citée par des générations d'artistes et de critiques comme point de départ de la peinture abstraite.
En 1888, Paul Sérusier revient de Pont-Aven avec un petit panneau de bois aux couleurs éclatantes et synthétiques, peint sous les conseils de Gauguin. Denis et ses amis de l'Académie Julian sont éblouis et baptisent solennellement cette œuvre « Le Talisman ». De cet enthousiasme naît le groupe des Nabis — mot hébreu signifiant « prophètes » —, qui va transformer l'art français à la charnière des XIXe et XXe siècles.
Catholique fervent depuis l'enfance, Maurice Denis consacre une grande partie de son énergie à renouveler l'art religieux français. En 1919, il fonde avec le peintre Georges Desvallières les Ateliers d'Art Sacré, une école formant des artistes capables de décorer les nombreuses églises à reconstruire après la Première Guerre mondiale. Pour Denis, la beauté et la foi catholique étaient absolument inséparables.
En 1914, Denis achète le Prieuré de Saint-Germain-en-Laye, un ancien couvent du XVIIe siècle. Il y installe son grand atelier, élève sa famille nombreuse et mène une vie à la fois d'artiste prolifique et de père de famille dévoué. Ce lieu deviendra après sa mort le musée départemental Maurice Denis, conservant aujourd'hui encore ses œuvres et son mobilier d'origine.
Maurice Denis meurt le 13 novembre 1943 à Paris, renversé par un camion militaire allemand alors qu'il traversait la rue. Cette fin brutale surprend ses contemporains : lui qui avait traversé deux guerres mondiales et consacré sa vie à l'art et à la foi disparaît de façon accidentelle, à l'âge de 73 ans, en pleine Occupation allemande.
Sources primaires
Se rappeler qu'un tableau, avant d'être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées.
La grande peinture n'imite pas la nature : elle l'interprète. Les lignes, les couleurs et les formes ont une vie propre, indépendante des objets qu'elles représentent. C'est cet ordre plastique qui produit l'émotion, et non le sujet lui-même.
L'art sacré n'est pas un art spécial réservé aux sujets religieux. C'est l'art tout entier orienté vers sa fin la plus haute : exprimer, par des moyens plastiques, les vérités de la foi et la beauté divine.
Je cherche dans la peinture la même paix que dans la prière. Ces deux actes me semblent du même ordre : une façon d'ordonner le monde, d'y introduire une harmonie qui n'est pas de ce monde.
Lieux clés
Ville côtière de la Manche où Maurice Denis naît le 25 novembre 1870. Les paysages lumineux de son enfance normande nourrissent sa sensibilité aux couleurs douces et aux verts nuancés que l'on retrouve dans ses premières œuvres.
École privée de peinture de la rive gauche parisienne fréquentée par Denis à partir de 1885. C'est là qu'il rencontre ses futurs complices Nabis — Sérusier, Bonnard, Vuillard — et reçoit le « Talisman » de Sérusier en 1888.
Ancien couvent du XVIIe siècle que Denis achète en 1914 et où il installe son grand atelier. Il y passe la majeure partie de sa vie active ; il est aujourd'hui le musée départemental Maurice Denis.
Inauguré en avril 1913, ce théâtre parisien est orné de grandes compositions murales peintes par Denis, synthèse de son art décoratif et de sa vision symboliste du monde.
Denis y effectue son premier grand voyage en 1906, découvrant les fresques de Giotto et de Fra Angelico. Cette expérience décisive renforce sa conviction que art et foi catholique sont indissociables.






