Biographie

Max Ernst (1891-1976) est un peintre et sculpteur allemand, naturalisé américain puis français, figure majeure du dadaïsme puis du surréalisme. Inventeur de techniques comme le frottage et le grattage, il explore l'inconscient, le rêve et le hasard dans une œuvre foisonnante.

Max Ernst(1891 — 1976)

Max Ernst

États-Unis, France, Allemagne, Cuba

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe sièclePremière moitié et milieu du XXe siècle, marqué par les deux guerres mondiales, l'essor des avant-gardes artistiques (dadaïsme, surréalisme) et l'exil des artistes européens vers les États-Unis.

Questions fréquentes

Max Ernst (1891-1976) est un artiste majeur du XXe siècle, figure de proue du dadaïsme puis du surréalisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a révolutionné les techniques picturales en inventant le frottage et le grattage, des méthodes qui laissent une large place au hasard et à l'inconscient. Son œuvre explore les rêves, les mythes personnels et les angoisses de son époque, des deux guerres mondiales à la montée des totalitarismes. Moins un peintre classique qu'un explorateur des profondeurs de l'esprit, Ernst a profondément influencé l'art contemporain.

Faits marquants

  • Naît en 1891 à Brühl, près de Cologne, en Allemagne
  • Cofondateur du groupe dada de Cologne en 1919, puis rejoint le surréalisme à Paris en 1922
  • Invente la technique du frottage en 1925, puis le grattage, pour solliciter le hasard et l'imaginaire
  • Fuit l'Europe en 1941 et s'exile aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale
  • Reçoit le Grand Prix de peinture à la Biennale de Venise en 1954 ; meurt à Paris en 1976

Œuvres & réalisations

Ubu Imperator (1923)

Toile surréaliste représentant une étrange toupie anthropomorphe dans un paysage désert, allusion grotesque au pouvoir tyrannique.

La Femme 100 têtes (1929)

Roman-collage composé d'images de gravures du XIXe siècle découpées et réassemblées, chef-d'œuvre du collage surréaliste.

Forêt et colombe (1927)

Tableau réalisé au grattage, évoquant une forêt dense et oppressante, motif récurrent et angoissant de l'œuvre d'Ernst.

L'Ange du foyer (Le Triomphe du surréalisme) (1937)

Créature monstrueuse et menaçante peinte à l'approche de la guerre, lecture de la montée des totalitarismes en Europe.

L'Europe après la pluie II (1940-1942)

Paysage de ruines et de chairs décomposées réalisé à la décalcomanie, vision prophétique d'un continent ravagé par la guerre.

Le Roi jouant avec la reine (1944)

Sculpture en bronze figurant un personnage-échiquier, illustrant l'intérêt d'Ernst pour le jeu, le hasard et la stratégie.

Histoire naturelle (1926)

Album de planches au frottage publié par Jeanne Bucher, qui révèle au public la technique inventée par Ernst.

Anecdotes

Pendant la Première Guerre mondiale, Max Ernst sert quatre ans dans l'artillerie allemande. Il en sortira marqué et écrira plus tard, en parlant de lui à la troisième personne : « Max Ernst est mort le 1er août 1914 », date de la mobilisation. Il considère qu'il « ressuscite » comme artiste à la fin du conflit.

Un jour de pluie de 1925, dans une auberge au bord de la mer, Ernst fixe le plancher aux rainures creusées par le lavage. Fasciné par les motifs du bois, il pose des feuilles dessus et les frotte au crayon : il vient d'inventer le « frottage », une technique pour laisser le hasard suggérer des images.

En 1941, fuyant l'Europe en guerre, Ernst émigre aux États-Unis grâce à l'aide de la riche collectionneuse Peggy Guggenheim, qu'il épouse peu après. Le couple ne dure pas : Ernst rencontre la peintre Dorothea Tanning et s'installe avec elle en Arizona.

Avant d'être interné comme « ressortissant ennemi » en France au début de la Seconde Guerre mondiale, puis recherché par les nazis qui jugeaient son art « dégénéré », Ernst avait déjà été déclaré indésirable des deux côtés. Son ami le poète Paul Éluard et d'autres l'aidèrent à s'échapper.

Enfant, Ernst était troublé par la mort de son perroquet rose, survenue la même nuit que la naissance de sa sœur. Il associa toute sa vie les oiseaux à lui-même et créa un alter ego nommé « Loplop, le supérieur des oiseaux », qui apparaît dans de nombreuses œuvres.

Sources primaires

Au-delà de la peinture (Beyond Painting), Max Ernst (1936)
Le 10 août 1925, un souvenir d'enfance... me fit fixer mon attention sur le plancher dont mille lavages avaient creusé les rainures. Je décidai alors d'interroger le symbolisme de cette obsession et, pour venir en aide à mes facultés méditatives et hallucinatoires, je tirai des planches une série de dessins en posant sur elles, au hasard, des feuilles de papier que je me mis à frotter à la mine de plomb.
Notice biographique rédigée par Max Ernst (vers 1942)
Max Ernst est mort le 1er août 1914. Il a ressuscité le 11 novembre 1918, jeune homme aspirant à devenir un magicien et à trouver le mythe de son temps.
Manifeste du surréalisme, André Breton (1924)
Le surréalisme repose sur la croyance à la réalité supérieure de certaines formes d'associations négligées jusqu'à lui, à la toute-puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée.

Lieux clés

Brühl (Allemagne)

Ville natale d'Ernst, près de Cologne. Son enfance dans un milieu catholique strict et la nature environnante nourrissent son imaginaire.

Cologne (Allemagne)

Ville où Ernst étudie et fonde le groupe Dada local en 1919 avec Arp et Baargeld.

Paris (France)

Cœur du mouvement surréaliste, où Ernst s'installe en 1922 et où il meurt en 1976.

Sedona, Arizona (États-Unis)

Lieu où Ernst s'installe avec Dorothea Tanning dans les années 1940-50 ; les paysages désertiques inspirent son œuvre.

Camp des Milles (Aix-en-Provence, France)

Ancienne tuilerie transformée en camp d'internement où Ernst est détenu comme ressortissant allemand au début de la Seconde Guerre mondiale.

Voir aussi