Néfernéferouaton fut une reine d'Égypte de la XVIIIe dynastie, probablement corégnante ou successeure directe d'Akhenaton vers 1335 av. J.-C. Son identité exacte reste débattue : elle pourrait être Nefertiti sous un nouveau nom ou une fille d'Akhenaton.
Néfernéferouaton(1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.)
Néfernéferouaton
Égypte antique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Vers 1335 av. J.-C. : Néfernéferouaton exerce le pouvoir en Égypte, probablement après ou aux côtés d'Akhenaton
- Son cartouche royal a été retrouvé sur plusieurs monuments et objets de la période amarnienne
- Elle est associée au culte d'Aton, le dieu-soleil unique promu par Akhenaton
- Son identité reste incertaine : certains égyptologues l'identifient à Nefertiti, d'autres à Méritaton
- Elle précède directement Toutankhamon sur le trône d'Égypte
Œuvres & réalisations
Néfernéferouaton exerça très probablement une corégence avec Akhenaton dans les dernières années de son règne, prenant en charge une partie des affaires de l'État. Son nom de couronnement apparaît sur des monuments officiels, attestant d'une fonction royale pleinement reconnue.
Après la mort d'Akhenaton, Néfernéferouaton régna seule, devenant l'un des très rares exemples de femme-pharaon dans l'histoire égyptienne, aux côtés de Hatchepsout et Taousert. Son règne bref mais attesté représente l'apogée politique d'une femme dans le système pharaonique.
En tant que co-officiante des cérémonies religieuses, Néfernéferouaton jouait un rôle central dans le culte atoniste, représentant le principe féminin divin face au pharaon. Seuls intermediaires autorisés à communiquer directement avec Aton, ils présidaient quotidiennement aux rituels du lever du soleil.
Les grandes stèles rupestres délimitant la ville sacrée d'Amarna mentionnent la famille royale amarnienne et leurs vœux envers Aton. Ces monuments monumentaux constituent l'un des rares documents où le couple royal est représenté ensemble devant le dieu solaire.
Anecdotes
Néfernéferouaton demeure l'une des figures les plus mystérieuses de l'Égypte ancienne : son identité exacte n'a jamais pu être établie avec certitude. Les égyptologues débattent encore pour savoir si elle était Nefertiti qui aurait adopté un nouveau nom de règne, ou l'une des filles d'Akhenaton, peut-être Méritaton. Cette énigme, née du fait que ses successeurs ont systématiquement effacé les traces de la période amarnienne, en fait un personnage quasi légendaire.
Sous son règne ou sa corégence, la révolution religieuse d'Aton battait son plein : tous les temples des dieux traditionnels comme Amon avaient été fermés, et seul le disque solaire Aton était adoré. Néfernéferouaton participait aux rituels sacrés aux côtés d'Akhenaton comme seuls intermédiaires entre Aton et les hommes, une position d'une puissance spirituelle sans précédent pour une femme en Égypte.
Son nom de règne, Ankhetkheperourê Néfernéferouaton, signifie 'Belles sont les beautés d'Aton' — une évocation poétique du dieu solaire qu'Akhenaton avait imposé à toute l'Égypte. Elle portait aussi l'épithète 'Utile pour son époux', ce qui a conduit certains chercheurs à penser qu'elle aurait pu succéder à Akhenaton en tant que pharaon à part entière après sa mort, devenant l'une des très rares femmes-pharaons attestées.
Après la mort d'Akhenaton vers 1334 av. J.-C., Néfernéferouaton disparaît des annales comme si elle n'avait jamais existé. Son successeur Toutankhamon restaura le culte d'Amon et fit effacer les traces de la période amarnienne — une damnatio memoriae qui condamna la mémoire de Néfernéferouaton à l'oubli pendant plus de trois mille ans, jusqu'à la redécouverte d'Amarna par les archéologues au XIXe siècle.
Sources primaires
Tu parais beau sur l'horizon du ciel, ô Aton vivant, qui as existé en premier ! Quand tu te lèves sur l'horizon oriental, tu remplis toute terre de ta beauté. Tu es beau, grand, resplendissant, et tu es au-dessus de toute terre.
Les lettres diplomatiques retrouvées à Tell el-Amarna révèlent l'activité de la cour royale pendant la période amarnienne, avec des échanges avec les rois de Babylone, de Mitanni et de Syrie, attestant d'une diplomatie active conduite depuis la nouvelle capitale.
Les scènes rupestres du tombeau montrent la famille royale amarnienne en adoration devant Aton, la reine participant au rituel aux côtés du pharaon, attestant du rôle central de la femme royale dans la pratique du culte solaire.
Le pharaon fit graver aux limites de la ville sacrée ses vœux devant Aton : 'Je ferai construire Akhetaton pour Aton mon père en cet endroit.' Les stèles mentionnent la famille royale unie dans l'adoration du disque solaire.
Lieux clés
La ville sainte fondée par Akhenaton sur un site vierge, dédiée exclusivement au culte d'Aton. C'est là que Néfernéferouaton vécut, régna et participa aux grands rituels solaires dans le temple ouvert à ciel ouvert, sans toit, pour laisser les rayons d'Aton atteindre directement les fidèles.
Ancienne capitale religieuse d'Égypte et siège du puissant clergé d'Amon, dont Akhenaton ferma les temples. C'est depuis Thèbes que la réaction théologique contre l'atonisme s'organisa après la mort d'Akhenaton, conduisant à l'effacement de Néfernéferouaton.
Nécropole royale où furent enterrés les pharaons de la XVIIIe dynastie. La sépulture de Néfernéferouaton n'a pas été formellement identifiée, mais certains égyptologues pensent que des objets retrouvés dans la tombe de Toutankhamon (KV62) lui auraient appartenu à l'origine.
Grande cité administrative et religieuse du nord de l'Égypte, siège traditionnel du pouvoir pharaonique. Après l'abandon d'Amarna sous Toutankhamon, la cour se déplaça vers Memphis, où la mémoire de Néfernéferouaton fut progressivement effacée des registres officiels.
Objets typiques

Symbole central de la révolution religieuse amarnienne, le disque solaire étend ses rayons vers la famille royale dont les mains tendent des ankh (croix de vie). Néfernéferouaton participait à ce rituel comme seule intermédiaire désignée entre le dieu et les hommes.

Coiffe royale combinant la couronne blanche de Haute-Égypte et la couronne rouge de Basse-Égypte, portée par les pharaons lors des cérémonies officielles. En tant que pharaon à part entière, Néfernéferouaton avait le droit de la porter, signant son rang exceptionnel.

Insignes du pouvoir royal tenus croisés sur la poitrine dans les représentations officielles des pharaons. Ces attributs symbolisant autorité temporelle et puissance sacrée auraient été portés par Néfernéferouaton lors des grandes cérémonies d'État.

Boucle ovale en corde nouée entourant le nom de règne du pharaon, censée le protéger magiquement. Le cartouche d'Ankhetkheperourê a été retrouvé sur des fragments de stèles à Amarna, parfois avec des grattages révélant les tentatives d'effacement ultérieures.

Hiéroglyphe signifiant 'vie', souvent représenté tendu par les rayons d'Aton vers les narines de la famille royale pour lui insuffler la vie éternelle. Néfernéferouaton est fréquemment représentée le brandissant dans les scènes cultuelles.
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Instrument rituel à percussion associé à la déesse Hathor, utilisé lors des cérémonies religieuses pour apaiser les forces divines. Les reines de la période amarnienne le tenaient lors des rites solaires au grand temple ouvert d'Aton.
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Vie quotidienne
Matin
À l'aube, Néfernéferouaton participait au rituel d'adoration solaire dans le grand temple d'Aton ouvert sur le ciel — sans toit, contrairement aux temples traditionnels obscurs. Elle officiait aux côtés du pharaon, les bras levés vers le disque d'Aton qui se levait sur l'horizon oriental d'Amarna, dans un silence rompu seulement par les hymnes des officiants et le son du sistrum.
Après-midi
L'après-midi était consacré aux affaires de l'État : audiences à la 'fenêtre d'apparition' du palais où le couple pharaonique recevait les rapports des hauts fonctionnaires et distribuait des colliers d'or aux officiers méritants. En tant que corégente ou pharaon, Néfernéferouaton supervisait aussi l'avancement des constructions de tombes et de temples dans la nouvelle ville.
Soir
Le soir, la cour se réunissait dans les jardins ornés de bassins et de frises de canards en faïence. Des musiciens jouaient de la harpe, du luth et de la flûte pendant que des danseuses se produisaient. La famille royale se retirait dans des appartements aux murs peints de scènes de nature vivante — oiseaux, poissons, roseaux du Nil — uniques dans l'art égyptien.
Alimentation
La table royale comprenait du pain d'épeautre, des lentilles, des fèves, des oignons, des dattes et des figues. Les viandes réservées aux élites — bœuf, volaille, poisson du Nil — étaient abondantes, accompagnées de bière d'orge et de vin de palme. Les banquets officiels voyaient circuler des vases en albâtre et en or remplis de vin importé du Delta du Nil.
Vêtements
Comme les reines de la XVIIIe dynastie, Néfernéferouaton portait de fines robes de lin blanc plissé, souvent diaphanes, maintenues par des ceintures ornées. Sa perruque de cour était surmontée de la couronne à double plume ou du nemès royal. Elle portait de larges colliers-ousekh en faïence, en or et en lapis-lazuli, ainsi que des bracelets aux poignets et aux chevilles.
Habitat
Le grand palais d'Amarna (Hout-Aton) s'étendait sur plusieurs centaines de mètres le long du Nil, avec des jardins, des bassins et des ateliers d'artisans. Les appartements royaux présentaient des sols et des murs peints de marais avec des oiseaux et des poissons en trompe-l'œil — les seules peintures murales naturalistes connues de toute l'Égypte ancienne. La pierre calcaire blanche et lumineuse donnait à l'ensemble un aspect de cité de lumière.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Le style amarnien : représentations naturalistes aux corps allongés et fluides, baignés d'or solaire, avec les tons caractéristiques de l'ocre, du lapis-lazuli et du blanc calcaire lumineux de la cité d'Aton.
Ambiance sonore
Une atmosphère de palais solaire baigné de lumière dorée : le murmure du Nil, les sistres rythmant les hymnes à Aton à l'aube, et le vent chaud du désert sur les colonnes de calcaire blanc d'Amarna.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Corégence avec Akhenaton
vers 1336-1334 av. J.-C.
Règne comme pharaon sous le nom Ankhetkheperourê
vers 1334-1332 av. J.-C.
Officiation au grand temple d'Aton à Amarna
vers 1346-1332 av. J.-C.
Administration des stèles frontières d'Akhetaton
vers 1346 av. J.-C.





