Néfernéferouaton

Néfernéferouaton

1400 av. J.-C. — 1400 av. J.-C.

Égypte antique

PolitiqueSpiritualitéAvant J.-C.Égypte ancienne — période amarnienne (XVIIIe dynastie), règne d'Akhenaton et monothéisme atoniste

Néfernéferouaton fut une reine d'Égypte de la XVIIIe dynastie, probablement corégnante ou successeure directe d'Akhenaton vers 1335 av. J.-C. Son identité exacte reste débattue : elle pourrait être Nefertiti sous un nouveau nom ou une fille d'Akhenaton.

Faits marquants

  • Vers 1335 av. J.-C. : Néfernéferouaton exerce le pouvoir en Égypte, probablement après ou aux côtés d'Akhenaton
  • Son cartouche royal a été retrouvé sur plusieurs monuments et objets de la période amarnienne
  • Elle est associée au culte d'Aton, le dieu-soleil unique promu par Akhenaton
  • Son identité reste incertaine : certains égyptologues l'identifient à Nefertiti, d'autres à Méritaton
  • Elle précède directement Toutankhamon sur le trône d'Égypte

Œuvres & réalisations

Corégence avec Akhenaton (vers 1336-1334 av. J.-C.)

Néfernéferouaton exerça très probablement une corégence avec Akhenaton dans les dernières années de son règne, prenant en charge une partie des affaires de l'État. Son nom de couronnement apparaît sur des monuments officiels, attestant d'une fonction royale pleinement reconnue.

Règne comme pharaon sous le nom Ankhetkheperourê (vers 1334-1332 av. J.-C.)

Après la mort d'Akhenaton, Néfernéferouaton régna seule, devenant l'un des très rares exemples de femme-pharaon dans l'histoire égyptienne, aux côtés de Hatchepsout et Taousert. Son règne bref mais attesté représente l'apogée politique d'une femme dans le système pharaonique.

Officiation au grand temple d'Aton à Amarna (vers 1346-1332 av. J.-C.)

En tant que co-officiante des cérémonies religieuses, Néfernéferouaton jouait un rôle central dans le culte atoniste, représentant le principe féminin divin face au pharaon. Seuls intermediaires autorisés à communiquer directement avec Aton, ils présidaient quotidiennement aux rituels du lever du soleil.

Administration des stèles frontières d'Akhetaton (vers 1346 av. J.-C.)

Les grandes stèles rupestres délimitant la ville sacrée d'Amarna mentionnent la famille royale amarnienne et leurs vœux envers Aton. Ces monuments monumentaux constituent l'un des rares documents où le couple royal est représenté ensemble devant le dieu solaire.

Anecdotes

Néfernéferouaton demeure l'une des figures les plus mystérieuses de l'Égypte ancienne : son identité exacte n'a jamais pu être établie avec certitude. Les égyptologues débattent encore pour savoir si elle était Nefertiti qui aurait adopté un nouveau nom de règne, ou l'une des filles d'Akhenaton, peut-être Méritaton. Cette énigme, née du fait que ses successeurs ont systématiquement effacé les traces de la période amarnienne, en fait un personnage quasi légendaire.

Sous son règne ou sa corégence, la révolution religieuse d'Aton battait son plein : tous les temples des dieux traditionnels comme Amon avaient été fermés, et seul le disque solaire Aton était adoré. Néfernéferouaton participait aux rituels sacrés aux côtés d'Akhenaton comme seuls intermédiaires entre Aton et les hommes, une position d'une puissance spirituelle sans précédent pour une femme en Égypte.

Son nom de règne, Ankhetkheperourê Néfernéferouaton, signifie 'Belles sont les beautés d'Aton' — une évocation poétique du dieu solaire qu'Akhenaton avait imposé à toute l'Égypte. Elle portait aussi l'épithète 'Utile pour son époux', ce qui a conduit certains chercheurs à penser qu'elle aurait pu succéder à Akhenaton en tant que pharaon à part entière après sa mort, devenant l'une des très rares femmes-pharaons attestées.

Après la mort d'Akhenaton vers 1334 av. J.-C., Néfernéferouaton disparaît des annales comme si elle n'avait jamais existé. Son successeur Toutankhamon restaura le culte d'Amon et fit effacer les traces de la période amarnienne — une damnatio memoriae qui condamna la mémoire de Néfernéferouaton à l'oubli pendant plus de trois mille ans, jusqu'à la redécouverte d'Amarna par les archéologues au XIXe siècle.

Sources primaires

Le Grand Hymne à Aton (vers 1346 av. J.-C.)
Tu parais beau sur l'horizon du ciel, ô Aton vivant, qui as existé en premier ! Quand tu te lèves sur l'horizon oriental, tu remplis toute terre de ta beauté. Tu es beau, grand, resplendissant, et tu es au-dessus de toute terre.
Lettres d'Amarna (EA 26-29, correspondance royale) (vers 1350-1334 av. J.-C.)
Les lettres diplomatiques retrouvées à Tell el-Amarna révèlent l'activité de la cour royale pendant la période amarnienne, avec des échanges avec les rois de Babylone, de Mitanni et de Syrie, attestant d'une diplomatie active conduite depuis la nouvelle capitale.
Inscriptions du tombeau de Méryrê II (tombe TA2, Amarna) (vers 1340 av. J.-C.)
Les scènes rupestres du tombeau montrent la famille royale amarnienne en adoration devant Aton, la reine participant au rituel aux côtés du pharaon, attestant du rôle central de la femme royale dans la pratique du culte solaire.
Stèles frontières d'Akhetaton (stèle X et stèle K) (vers 1346 av. J.-C.)
Le pharaon fit graver aux limites de la ville sacrée ses vœux devant Aton : 'Je ferai construire Akhetaton pour Aton mon père en cet endroit.' Les stèles mentionnent la famille royale unie dans l'adoration du disque solaire.

Lieux clés

Akhetaton (Tell el-Amarna), Égypte

La ville sainte fondée par Akhenaton sur un site vierge, dédiée exclusivement au culte d'Aton. C'est là que Néfernéferouaton vécut, régna et participa aux grands rituels solaires dans le temple ouvert à ciel ouvert, sans toit, pour laisser les rayons d'Aton atteindre directement les fidèles.

Thèbes (Louxor), Haute-Égypte

Ancienne capitale religieuse d'Égypte et siège du puissant clergé d'Amon, dont Akhenaton ferma les temples. C'est depuis Thèbes que la réaction théologique contre l'atonisme s'organisa après la mort d'Akhenaton, conduisant à l'effacement de Néfernéferouaton.

Vallée des Rois (Biban el-Molouk), Louxor

Nécropole royale où furent enterrés les pharaons de la XVIIIe dynastie. La sépulture de Néfernéferouaton n'a pas été formellement identifiée, mais certains égyptologues pensent que des objets retrouvés dans la tombe de Toutankhamon (KV62) lui auraient appartenu à l'origine.

Memphis (Mit Rahina), Basse-Égypte

Grande cité administrative et religieuse du nord de l'Égypte, siège traditionnel du pouvoir pharaonique. Après l'abandon d'Amarna sous Toutankhamon, la cour se déplaça vers Memphis, où la mémoire de Néfernéferouaton fut progressivement effacée des registres officiels.

Voir aussi