Plotin(205 — 270)

Plotin

Rome antique

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PhilosophieSpiritualitéPhilosopheAntiquitéAntiquité tardive, Empire romain du IIIe siècle

Plotin est un philosophe de l'Antiquité tardive, né en Égypte et actif à Rome, considéré comme le fondateur du néoplatonisme. Son enseignement, transmis et organisé par son disciple Porphyre dans les *Ennéades*, propose une métaphysique de l'Un d'où procède toute réalité.

Questions fréquentes

Plotin (205-270) est un philosophe de l'Antiquité tardive, né en Égypte et actif à Rome. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a systématisé une métaphysique à trois niveaux : l'Un, l'Intellect (Noûs) et l'Âme. Cette hiérarchie, qu'on appelle les trois hypostases, est la clé du néoplatonisme. Son disciple Porphyre a organisé ses écrits dans les Ennéades, un recueil de 54 traités qui a profondément influencé la pensée chrétienne et la philosophie occidentale.

Faits marquants

  • Né vers 205 apr. J.-C. en Égypte (probablement à Lycopolis)
  • Élève d'Ammonios Saccas à Alexandrie pendant une dizaine d'années
  • Fonde son école de philosophie à Rome vers 244 apr. J.-C.
  • Ses 54 traités sont organisés en six groupes de neuf par son disciple Porphyre, formant les *Ennéades*
  • Mort vers 270 apr. J.-C. en Campanie (Italie)

Œuvres & réalisations

Les Ennéades (rédigées vers 253-270, éditées vers 301)

Ensemble de cinquante-quatre traités regroupant toute la pensée de Plotin. Œuvre fondatrice du néoplatonisme, elle a marqué la philosophie occidentale et la pensée chrétienne.

Traité Du Beau (Ennéade I, 6) (vers 253)

L'un des premiers et plus célèbres traités de Plotin, sur la beauté comme reflet de l'intelligible. Il invite l'âme à se purifier comme on sculpte une statue.

Traité Du Bien ou de l'Un (Ennéade VI, 9) (vers 260)

Exposé central de la doctrine de l'Un, principe ineffable d'où procède toute réalité. Il décrit le chemin de l'âme vers l'union mystique.

Traité Contre les Gnostiques (Ennéade II, 9) (vers 265)

Réfutation des doctrines gnostiques qui méprisaient le monde sensible. Plotin y défend la beauté et l'ordre du cosmos issu de l'Intellect.

Doctrine des trois hypostases (milieu du IIIe siècle)

Systématisation de la réalité en trois principes : l'Un, l'Intellect (Noûs) et l'Âme. Cette hiérarchie structure tout le néoplatonisme ultérieur.

Fondation de l'école néoplatonicienne de Rome (à partir de 245)

Cercle d'enseignement où Plotin commentait Platon et Aristote et formait des disciples comme Porphyre et Amélius. Il assura la diffusion de sa pensée.

Anecdotes

Plotin avait honte d'avoir un corps : il refusait obstinément qu'on fasse son portrait, expliquant qu'il ne supportait déjà pas l'idée d'être enfermé dans une enveloppe matérielle, alors laisser une image de cette image lui semblait absurde. C'est son disciple Porphyre qui rapporte cette anecdote.

Plotin avait gagné une telle confiance que de nombreux Romains, en mourant, lui confiaient la tutelle de leurs enfants et de leurs biens. Sa maison était pleine de jeunes pupilles, et il veillait scrupuleusement sur leurs comptes — un philosophe de l'Un devenu gardien d'orphelins.

Vers la fin de sa vie, Plotin tenta de convaincre l'empereur Gallien de fonder en Campanie une cité de philosophes, qu'on appellerait Platonopolis et qui serait gouvernée selon les lois de Platon. Le projet, séduisant sur le papier, échoua à cause des intrigues de la cour.

Selon Porphyre, Plotin ne dictait jamais deux fois et ne relisait pas ce qu'il avait écrit, car sa mauvaise vue l'en empêchait : il écrivait d'un trait, en pensant à autre chose tout en conversant, sans jamais perdre le fil de sa démonstration.

Plotin affirmait avoir atteint quatre fois durant sa vie l'union extatique avec l'Un, cet état où l'âme se fond dans le principe suprême. Porphyre, lui, raconte n'avoir vécu cette expérience qu'une seule fois, à l'âge de soixante-huit ans.

Sources primaires

Porphyre, Vie de Plotin, 1 (vers 301)
Plotin, le philosophe de notre temps, semblait avoir honte d'être dans un corps. À cause de cette disposition, il ne supportait pas de parler de sa race, de ses parents ou de sa patrie.
Plotin, Ennéades, VI, 9 (Du Bien ou de l'Un) (milieu du IIIe siècle)
Il faut donc se retirer en soi-même, et y trouver le principe de toutes choses. L'Un est partout présent et nulle part, car il n'a besoin de rien pour subsister.
Plotin, Ennéades, I, 6 (Du Beau) (milieu du IIIe siècle)
Retire-toi en toi-même et regarde ; et si tu ne te vois pas encore beau, fais comme le sculpteur d'une statue qui doit devenir belle : il enlève ceci, il gratte cela.
Porphyre, Vie de Plotin, 23 (vers 301)
Quatre fois, pendant le temps où je fus auprès de lui, il atteignit ce but, non par une puissance en repos, mais par cet acte ineffable d'union avec le dieu.

Lieux clés

Lycopolis (Assiout, Égypte)

Ville de Haute-Égypte généralement donnée comme lieu de naissance de Plotin. Il refusait toutefois de parler de ses origines.

Alexandrie

Grand foyer intellectuel de l'Antiquité où Plotin étudia onze ans auprès d'Ammonios Saccas, son maître décisif.

Rome

Capitale de l'Empire où Plotin ouvrit son école vers 245 et enseigna près de vingt-six ans, comptant des sénateurs parmi ses élèves.

Mésopotamie

Terre de l'expédition perse de Gordien III, que Plotin suivit pour approcher la sagesse des Mages avant la débâcle militaire.

Campanie

Région d'Italie du Sud où Plotin se retira malade dans la propriété d'un ami et où il mourut vers 270.

Voir aussi