Moine bouddhiste, considéré comme le fondateur du bouddhisme Chan en Chine, dont dérive le Zen japonais. Selon la tradition, il transmit une forme de bouddhisme axée sur la méditation et l'expérience directe de l'éveil, par-delà les écritures.
Bodhidharma(440 — 540)
Bodhidharma
dynastie Wei du Nord
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Selon la tradition, originaire d'Inde du Sud, il voyage en Chine au début du VIe siècle (vers 520).
- Considéré comme le 28e patriarche de la lignée indienne et le 1er patriarche du Chan chinois.
- La légende l'associe au monastère de Shaolin et à une méditation de neuf ans face à un mur.
- Il fonde une tradition transmise « de cœur à cœur », sans dépendre des textes écrits.
- De son enseignement Chan dérive le Zen japonais, diffusé à partir du XIIe siècle.
Œuvres & réalisations
Bodhidharma est tenu pour le premier patriarche du Chan en Chine, école qui privilégie la méditation et l'expérience directe de l'éveil. De ce courant dérivent le Zen japonais, le Seon coréen et le Thiền vietnamien.
Court texte qui lui est attribué, considéré comme le plus proche de son enseignement authentique. Il y distingue l'« entrée par le principe » (la compréhension) et l'« entrée par la pratique » (la conduite quotidienne).
Méthode de méditation silencieuse, immobile et tournée vers l'intérieur, qui devint emblématique de l'école Chan. L'expression « regarder le mur » désigne encore cette pratique.
Bodhidharma aurait transmis la robe et le bol à son disciple Huike, deuxième patriarche, inaugurant la chaîne de succession de maître à disciple propre au Chan.
La tradition lui attribue des exercices physiques destinés à fortifier les moines, vus comme l'ancêtre du kung-fu de Shaolin. Les historiens considèrent ce lien comme une construction postérieure.
Code de conduite du pratiquant : accepter l'épreuve, suivre les circonstances, ne rien convoiter, et s'accorder au Dharma. Il relie la sagesse intérieure à la vie de tous les jours.
Anecdotes
Selon la tradition, Bodhidharma serait arrivé en Chine par la mer après un long voyage depuis l'Inde, puis aurait rencontré l'empereur Wu des Liang, fervent bouddhiste. Quand l'empereur lui demanda quel mérite il avait gagné en construisant des temples, Bodhidharma répondit : « Aucun mérite. » Cette réponse déroutante illustre son enseignement : la vraie pratique n'est pas une accumulation de bonnes actions, mais l'éveil intérieur.
La légende raconte qu'après cet échange, Bodhidharma traversa le fleuve Yangzi en se tenant debout sur un simple roseau, puis gagna le nord de la Chine. Cette image du moine sur un brin de roseau est devenue un motif célèbre de la peinture zen en Chine et au Japon.
On dit que Bodhidharma médita face à un mur pendant neuf années dans une grotte près du monastère de Shaolin. Selon une version imagée de la légende, ses jambes s'atrophièrent à force d'immobilité — ce qui aurait inspiré la forme des poupées Daruma japonaises, sans bras ni jambes, qui se redressent toujours quand on les pousse.
Une histoire raconte que Bodhidharma, agacé de s'endormir pendant sa méditation, se coupa les paupières et les jeta au sol. À l'endroit où elles tombèrent auraient poussé les premiers plants de thé, dont les feuilles aident les moines à rester éveillés. C'est une explication légendaire du lien étroit entre le thé et la méditation bouddhiste.
La tradition attribue à Bodhidharma l'origine des arts martiaux de Shaolin : voyant les moines affaiblis par de longues heures de méditation immobile, il leur aurait enseigné des exercices physiques pour fortifier le corps. Les historiens doutent fortement de ce récit, apparu bien plus tard, mais il reste central dans le folklore du kung-fu.
Sources primaires
Un moine du Pays de l'Ouest nommé Bodhidharma, originaire de Perse en Asie centrale, contemplait avec émerveillement les tours dorées du temple Yongning, joignant les mains et chantant « namo » pendant plusieurs jours, disant qu'il avait cent cinquante ans et n'avait jamais vu pareille splendeur.
Bodhidharma, originaire du sud de l'Inde, brahmane de naissance, voyagea à travers les pays lointains pour répandre la doctrine ; il enseignait l'« entrée par le principe » et l'« entrée par la pratique », fondant la méditation sur la contemplation du mur.
Il existe de nombreuses voies pour entrer dans la Voie, mais elles se ramènent à deux : l'entrée par le principe et l'entrée par la pratique. Entrer par le principe, c'est par les écritures s'éveiller à l'essence et croire que tous les êtres partagent la même nature véritable.
L'empereur Wu de Liang demanda au grand maître Bodhidharma : « Quel est le sens premier de la vérité sacrée ? » Bodhidharma répondit : « Vide, sans rien de sacré. » L'empereur dit : « Qui est devant moi ? » Bodhidharma répondit : « Je ne sais pas. »
Lieux clés
Région d'où la tradition fait venir Bodhidharma, présenté comme le fils d'un roi ou d'un brahmane du pays de Pallava. Point de départ de son voyage vers la Chine.
Grand port du sud de la Chine où, selon la tradition, Bodhidharma débarqua après sa traversée maritime depuis l'Inde.
Capitale des Liang où Bodhidharma aurait rencontré l'empereur Wu lors de leur célèbre dialogue sur le mérite et le sacré.
Monastère du Henan près duquel Bodhidharma aurait médité neuf ans face à un mur. La tradition en fait le berceau du Chan et des arts martiaux Shaolin.
Caverne située au-dessus de Shaolin où, dit la légende, Bodhidharma resta assis en silence neuf années durant.
Montagne où la tradition situe le tombeau de Bodhidharma. Une légende affirme qu'on l'y vit ensuite repartir vers l'ouest, une sandale à la main.
Objets typiques

Manteau monastique fait de pièces rapiécées que, selon la tradition, Bodhidharma transmit à son disciple Huike comme preuve de la succession du Dharma. Il devint le symbole de la lignée du Chan.

Récipient avec lequel le moine errant recevait sa nourriture quotidienne auprès des fidèles. Transmis avec la robe, il scellait la passation du maître au disciple.

Brin de roseau sur lequel, dit la légende, Bodhidharma se tint debout pour franchir le fleuve Yangzi. Devenu un motif fameux de la peinture zen.

Paroi de la grotte de Shaolin que Bodhidharma aurait contemplée neuf années durant. La « contemplation du mur » (biguan) est devenue une expression de la pratique du Chan.

Figurine japonaise ronde, sans bras ni jambes, à l'effigie de Bodhidharma dont les membres se seraient atrophiés. Lestée, elle se redresse toujours, symbole de persévérance et de bonne fortune.

Bâton surmonté d'anneaux métalliques que portaient les moines bouddhistes errants pour signaler leur approche et éloigner les animaux. Attribut typique du moine voyageur qu'était Bodhidharma.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Avant l'aube, le moine se levait au son de la cloche pour une longue séance de méditation assise, le dos droit et le regard tourné vers le sol ou le mur. Suivaient le chant de soutras et de brèves prosternations devant l'autel.
Après-midi
L'après-midi mêlait étude des textes, entretiens avec les disciples et tâches du monastère : balayer, porter l'eau, entretenir les lieux. Pour Bodhidharma, ces gestes humbles faisaient pleinement partie de la pratique de la Voie.
Soir
Le soir ramenait la méditation silencieuse, parfois jusque tard dans la nuit. La légende le montre poursuivant sa contemplation du mur quand les autres dormaient déjà.
Alimentation
Le régime était strictement végétarien, conforme aux règles monastiques bouddhistes : riz, légumes, soupes claires et thé. Les moines prenaient en principe leur dernier repas avant midi et jeûnaient ensuite jusqu'au lendemain.
Vêtements
Bodhidharma portait le kasaya, robe de pièces rapiécées teintes de tons ocre ou sombres, marque du renoncement aux biens du monde. L'iconographie le représente souvent enveloppé d'un manteau rouge, le visage barbu et les grands yeux écarquillés.
Habitat
Il vivait dans le dénuement, entre la cellule monastique, la grotte de méditation et les abris de fortune du moine errant. Une simple natte, un bol et son bâton suffisaient à son existence.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Fondation du bouddhisme Chan
VIe siècle
Traité des deux entrées et des quatre pratiques
VIe siècle
La contemplation du mur (biguan)
VIe siècle
Transmission de la lignée à Huike
VIe siècle
Origine légendaire des arts martiaux Shaolin
VIe siècle (récit tardif)
Les quatre pratiques
VIe siècle






