Premchand(1880 — 1936)

Munshi Premchand

Raj britannique

6 min de lecture

LettresÉcrivain(e)JournalisteXXe siècleInde coloniale britannique du début du XXe siècle, marquée par la montée du mouvement nationaliste indien et les réformes sociales.

Premchand (1880-1936) est l'un des plus grands écrivains de langues hindi et ourdou. Romancier et nouvelliste, il est considéré comme le père du roman social moderne en hindi, dépeignant la vie des paysans et des opprimés de l'Inde coloniale.

Questions fréquentes

Premchand (1880-1936), de son vrai nom Dhanpat Rai, est considéré comme le père du roman social moderne en hindi et en ourdou. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a été le premier à donner une voix aux paysans, aux opprimés et aux femmes de l'Inde coloniale, dans une langue simple et accessible. Son chef-d'œuvre, Godaan (1936), est une peinture poignante de l'exploitation rurale. Contrairement à beaucoup d'écrivains de son temps, il ne s'adressait pas à une élite lettrée mais au peuple, ce qui fait de lui un auteur fondateur de la littérature engagée indienne.

Faits marquants

  • Né en 1880 près de Bénarès (Varanasi) dans une famille modeste, sous domination britannique
  • Écrit d'abord en ourdou sous le pseudonyme 'Nawab Rai' avant d'adopter le nom 'Premchand'
  • Son recueil de nouvelles 'Soz-e-Watan' (1908) est censuré et brûlé par les autorités coloniales pour son contenu patriotique
  • Publie 'Godan' (Le Don d'une vache, 1936), son chef-d'œuvre sur la misère paysanne, l'année de sa mort
  • Meurt en 1936, laissant une œuvre d'une douzaine de romans et plus de 300 nouvelles

Œuvres & réalisations

Soz-e-Watan (Lamentation pour la patrie) (1908)

Recueil de nouvelles patriotiques saisi et brûlé par les Britanniques, à l'origine de son pseudonyme.

Sevasadan (1919)

Premier grand roman en hindi, consacré à la condition des femmes et aux travers de la société.

Shatranj ke Khiladi (Les Joueurs d'échecs) (1924)

Nouvelle célèbre sur la décadence de l'aristocratie d'Awadh, adaptée au cinéma par Satyajit Ray en 1977.

Rangbhoomi (1925)

Vaste roman dont le héros est un mendiant aveugle face à l'industrialisation et au pouvoir.

Nirmala (1928)

Roman dénonçant le système de la dot et les mariages mal assortis imposés aux jeunes filles.

Gaban (Le Détournement) (1931)

Roman sur la cupidité, la corruption et les illusions de la classe moyenne indienne.

Godaan (Le Don d'une vache) (1936)

Son chef-d'œuvre : la peinture poignante de l'exploitation du paysan Hori dans l'Inde rurale.

Kafan (Le Linceul) (1936)

L'une de ses nouvelles les plus célèbres et les plus sombres sur la misère et la dignité.

Anecdotes

En 1908, le jeune écrivain publie sous le nom de « Nawab Rai » un recueil de nouvelles patriotiques, Soz-e-Watan. Alarmées par ce ton nationaliste, les autorités britanniques convoquent l'auteur, saisissent près de cinq cents exemplaires et les brûlent. Pour continuer à écrire sans être inquiété, il adopte alors le pseudonyme sous lequel il deviendra célèbre : Premchand.

En 1921, Premchand occupe un poste sûr et bien payé d'inspecteur adjoint des écoles. Mais après avoir entendu Gandhi appeler les Indiens à la non-coopération avec le pouvoir colonial, il démissionne pour suivre son idéal, renonçant à la sécurité financière. Il consacrera désormais sa vie à l'écriture et à l'enseignement.

À une époque où une veuve pouvait difficilement se remarier, Premchand épousa Shivrani Devi, une jeune veuve, défiant les conventions sociales de son temps. Ce geste reflétait les idées de réforme qu'il défendait dans ses romans, où il dénonçait l'oppression des femmes et le poids des traditions.

En 1934, attiré par le cinéma naissant, Premchand part travailler à Bombay et écrit le scénario du film Mazdoor (« L'Ouvrier »), qui prend la défense des travailleurs. Le film inquiète tant les autorités et les patrons d'usine qu'il est interdit dans plusieurs villes. Déçu par le monde du cinéma, l'écrivain regagne Bénarès au bout d'un an.

Quelques mois avant sa mort, en 1936, Premchand préside à Lucknow la première conférence de l'Association des écrivains progressistes. Affaibli et endetté, il y prononce un discours célèbre affirmant que la littérature doit défendre les humbles et les opprimés. Il s'éteint le 8 octobre de la même année, peu après avoir achevé son chef-d'œuvre, Godaan.

Sources primaires

Soz-e-Watan (Lamentation pour la patrie) (1908)
Recueil de nouvelles exaltant l'amour de l'Inde et le sacrifice pour la patrie, dont le ton patriotique conduisit les Britanniques à le saisir et à le brûler.
Discours présidentiel à l'Association des écrivains progressistes (Le But de la littérature) (1936)
« Nous devrons changer notre critère du beau. L'écrivain ne peut rester indifférent au sort des humbles et des opprimés : il en est l'avocat. »
Godaan (Le Don d'une vache) (1936)
« Hori n'avait qu'un rêve : posséder une vache, signe de prospérité et de dignité dans son village. » Le roman suit ce paysan écrasé par les dettes et les puissants.
Kafan (Le Linceul) (1936)
« Au pied de la hutte, près d'un feu mourant, le père et le fils restaient assis, tandis qu'à l'intérieur la jeune femme se mourait en couches. »

Lieux clés

Lamhi

Village proche de Bénarès où Premchand naît en 1880 dans une modeste famille de Kayasthas.

Bénarès (Varanasi)

Ville sacrée sur le Gange où il vécut, installa son imprimerie et mourut le 8 octobre 1936.

Gorakhpur

Ville où Premchand enseigna et travailla dans l'administration scolaire, et où il entendit l'appel de Gandhi.

Allahabad (Prayagraj)

Ville où il poursuivit ses études et passa ses examens universitaires malgré la pauvreté.

Lucknow

Capitale culturelle de l'Awadh où il présida en 1936 la première conférence des écrivains progressistes.

Bombay (Mumbai)

Métropole où Premchand travailla pour le cinéma en 1934-1935 et écrivit le scénario du film Mazdoor.

Voir aussi