Premchand (1880-1936) est l'un des plus grands écrivains de langues hindi et ourdou. Romancier et nouvelliste, il est considéré comme le père du roman social moderne en hindi, dépeignant la vie des paysans et des opprimés de l'Inde coloniale.
Premchand(1880 — 1936)
Munshi Premchand
Raj britannique
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1880 près de Bénarès (Varanasi) dans une famille modeste, sous domination britannique
- Écrit d'abord en ourdou sous le pseudonyme 'Nawab Rai' avant d'adopter le nom 'Premchand'
- Son recueil de nouvelles 'Soz-e-Watan' (1908) est censuré et brûlé par les autorités coloniales pour son contenu patriotique
- Publie 'Godan' (Le Don d'une vache, 1936), son chef-d'œuvre sur la misère paysanne, l'année de sa mort
- Meurt en 1936, laissant une œuvre d'une douzaine de romans et plus de 300 nouvelles
Œuvres & réalisations
Recueil de nouvelles patriotiques saisi et brûlé par les Britanniques, à l'origine de son pseudonyme.
Premier grand roman en hindi, consacré à la condition des femmes et aux travers de la société.
Nouvelle célèbre sur la décadence de l'aristocratie d'Awadh, adaptée au cinéma par Satyajit Ray en 1977.
Vaste roman dont le héros est un mendiant aveugle face à l'industrialisation et au pouvoir.
Roman dénonçant le système de la dot et les mariages mal assortis imposés aux jeunes filles.
Roman sur la cupidité, la corruption et les illusions de la classe moyenne indienne.
Son chef-d'œuvre : la peinture poignante de l'exploitation du paysan Hori dans l'Inde rurale.
L'une de ses nouvelles les plus célèbres et les plus sombres sur la misère et la dignité.
Anecdotes
En 1908, le jeune écrivain publie sous le nom de « Nawab Rai » un recueil de nouvelles patriotiques, Soz-e-Watan. Alarmées par ce ton nationaliste, les autorités britanniques convoquent l'auteur, saisissent près de cinq cents exemplaires et les brûlent. Pour continuer à écrire sans être inquiété, il adopte alors le pseudonyme sous lequel il deviendra célèbre : Premchand.
En 1921, Premchand occupe un poste sûr et bien payé d'inspecteur adjoint des écoles. Mais après avoir entendu Gandhi appeler les Indiens à la non-coopération avec le pouvoir colonial, il démissionne pour suivre son idéal, renonçant à la sécurité financière. Il consacrera désormais sa vie à l'écriture et à l'enseignement.
À une époque où une veuve pouvait difficilement se remarier, Premchand épousa Shivrani Devi, une jeune veuve, défiant les conventions sociales de son temps. Ce geste reflétait les idées de réforme qu'il défendait dans ses romans, où il dénonçait l'oppression des femmes et le poids des traditions.
En 1934, attiré par le cinéma naissant, Premchand part travailler à Bombay et écrit le scénario du film Mazdoor (« L'Ouvrier »), qui prend la défense des travailleurs. Le film inquiète tant les autorités et les patrons d'usine qu'il est interdit dans plusieurs villes. Déçu par le monde du cinéma, l'écrivain regagne Bénarès au bout d'un an.
Quelques mois avant sa mort, en 1936, Premchand préside à Lucknow la première conférence de l'Association des écrivains progressistes. Affaibli et endetté, il y prononce un discours célèbre affirmant que la littérature doit défendre les humbles et les opprimés. Il s'éteint le 8 octobre de la même année, peu après avoir achevé son chef-d'œuvre, Godaan.
Sources primaires
Recueil de nouvelles exaltant l'amour de l'Inde et le sacrifice pour la patrie, dont le ton patriotique conduisit les Britanniques à le saisir et à le brûler.
« Nous devrons changer notre critère du beau. L'écrivain ne peut rester indifférent au sort des humbles et des opprimés : il en est l'avocat. »
« Hori n'avait qu'un rêve : posséder une vache, signe de prospérité et de dignité dans son village. » Le roman suit ce paysan écrasé par les dettes et les puissants.
« Au pied de la hutte, près d'un feu mourant, le père et le fils restaient assis, tandis qu'à l'intérieur la jeune femme se mourait en couches. »
Lieux clés
Village proche de Bénarès où Premchand naît en 1880 dans une modeste famille de Kayasthas.
Ville sacrée sur le Gange où il vécut, installa son imprimerie et mourut le 8 octobre 1936.
Ville où Premchand enseigna et travailla dans l'administration scolaire, et où il entendit l'appel de Gandhi.
Ville où il poursuivit ses études et passa ses examens universitaires malgré la pauvreté.
Capitale culturelle de l'Awadh où il présida en 1936 la première conférence des écrivains progressistes.
Métropole où Premchand travailla pour le cinéma en 1934-1935 et écrivit le scénario du film Mazdoor.
Objets typiques

Outil d'écriture taillé dans un roseau et trempé dans l'encre, utilisé pour écrire en ourdou comme en hindi.

Petit récipient contenant l'encre dans lequel l'écrivain trempait sa plume de roseau.

Carnet où Premchand consignait ses nouvelles et ses romans, retravaillant longuement ses brouillons.

Rouet à filer le coton, devenu sous l'impulsion de Gandhi le symbole de l'autosuffisance indienne et du refus du textile britannique.

Pièce de tissu de coton filé à la main, drapée autour des jambes ; vêtement traditionnel devenu signe d'engagement nationaliste.

Premchand fonda sa propre imprimerie à Bénarès pour publier ses revues et ses livres, malgré de lourdes difficultés financières.

Lampe employée pour écrire la nuit dans les villages indiens, avant l'arrivée de l'électricité.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Levé tôt, Premchand consacrait volontiers le début de la journée à l'écriture, sa plume et son encrier posés sur une table basse. Durant ses années de fonctionnaire, il partait inspecter les écoles du district, parfois sur de longues distances.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre ses tâches d'enseignant ou d'éditeur, la lecture et la correction de ses manuscrits. Il recevait des amis écrivains avec qui il discutait de littérature et de la situation politique de l'Inde.
Soir
Le soir, à la lueur d'une lampe à huile, il poursuivait la rédaction de ses romans et de ses nouvelles, souvent tard dans la nuit. Il aimait fumer le hookah et passer du temps en famille.
Alimentation
Son alimentation était simple et largement végétarienne, typique de l'Inde du Nord : galettes de blé (roti), riz, lentilles (dal) et légumes. Le thé rythmait ses journées de travail.
Vêtements
Il portait le vêtement modeste des lettrés indiens : dhoti de coton, longue tunique (kurta) et parfois un calot. Engagé dans le mouvement nationaliste, il privilégiait le khadi, étoffe filée à la main.
Habitat
Il vécut dans une maison de village en briques et en terre à Lamhi, puis dans des logements modestes à Gorakhpur et à Bénarès. Son foyer fut souvent grevé de dettes, notamment à cause de son imprimerie.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Soz-e-Watan (Lamentation pour la patrie)
1908
Sevasadan
1919
Rangbhoomi
1925
Gaban (Le Détournement)
1931
Godaan (Le Don d'une vache)
1936






