Rachel Wall (vers 1760-1789) est considérée comme la première femme pirate née en Amérique. Avec son mari, elle écuma les côtes de Nouvelle-Angleterre depuis l'île Essex, attirant les navires par de fausses détresses. Pendue à Boston en 1789, elle fut l'une des dernières femmes exécutées dans le Massachusetts.
Rachel Wall(1760 — 1789)
Rachel Wall
États-Unis
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née vers 1760 en Pennsylvanie, elle s'enfuit avec le pêcheur George Wall et bascule dans la piraterie au début des années 1780
- Le couple opérait au large de l'île Essex (Massachusetts) en simulant des navires en détresse pour piller les bateaux secourus
- On lui attribue la capture d'une douzaine de navires et la mort de plusieurs marins
- Arrêtée pour vol avec violence, elle est jugée à Boston et reconnue coupable
- Pendue le 8 octobre 1789, elle est l'une des dernières femmes exécutées dans le Massachusetts et la première femme pirate née en Amérique
Œuvres & réalisations
Méthode de piraterie consistant à feindre un naufrage pour attirer les sauveteurs ; elle est restée le fait d'armes le plus célèbre attribué à Rachel Wall.
Surnom qui fit entrer Rachel Wall dans l'histoire de la piraterie atlantique et la distingue des pirates féminines venues d'Europe.
Placard imprimé de ses « dernières paroles », à la fois objet de dévotion populaire et source primaire essentielle pour les historiens.
Sa pendaison marque la fin des exécutions de femmes dans cet État, ce qui en fait un jalon de l'histoire judiciaire américaine.
Son histoire a nourri légendes, récits et ouvrages sur les pirates des côtes du Massachusetts et du New Hampshire.
Anecdotes
Au large des Isles of Shoals, Rachel et son mari George avaient mis au point un piège redoutable : après une tempête, ils endommageaient volontairement le gréement de leur goélette, et Rachel, seule sur le pont, appelait à l'aide les navires de passage. Quand les marins venaient porter secours, ils étaient dépouillés. Selon sa confession, le couple aurait ainsi pillé une douzaine de bateaux entre 1781 et 1782.
Rachel Wall est souvent présentée comme la première femme pirate née sur le sol américain, vers 1760 en Pennsylvanie. Contrairement aux pirates de carrière, elle ne navigua que quelques étés et revenait vivre à Boston comme domestique le reste de l'année, menant ainsi une double vie.
Le crime qui la mena au gibet n'était pas la piraterie, mais un vol de rue : on l'accusa en 1789 d'avoir agressé une jeune femme nommée Margaret Bender et de lui avoir arraché son bonnet à Boston. Elle fut jugée pour « vol de grand chemin » (highway robbery), un délit alors passible de la peine de mort.
Comme le voulait l'usage de l'époque, ses « dernières paroles » furent imprimées sur un placard vendu le jour de l'exécution. Elle y avouait de nombreux péchés et même la piraterie, mais clamait son innocence pour le vol qui la condamnait et jurait n'avoir jamais tué personne.
Le 8 octobre 1789, Rachel Wall fut pendue sur le Boston Common aux côtés de deux hommes, William Smith et William Dunogan. Elle entra dans l'histoire comme la dernière femme exécutée dans le Massachusetts.
Sources primaires
I acknowledge myself to have been guilty of a great many crimes, such as Sabbath-breaking, stealing, lying, disobedience to parents, and almost every other sin a person could commit, except murder.
As for the crime of robbery, for which I am now to suffer, I am entirely innocent.
Rachel Wall est mise en accusation pour avoir, à Boston, dépouillé par violence une jeune femme de son bonnet et de ses effets sur la voie publique.
Le jeudi 8 octobre, Rachel Wall, William Smith et William Dunogan, condamnés pour vol de grand chemin, ont été exécutés sur le Common de Boston devant une grande foule.
Lieux clés
Région où Rachel naquit vers 1760 dans une famille presbytérienne, avant de fuir vers la côte avec George Wall.
Petit archipel rocheux au large du New Hampshire et du Maine, depuis lequel le couple Wall guettait et piégeait les navires après les tempêtes.
Grand port de Nouvelle-Angleterre où Rachel vécut et travailla comme domestique entre ses campagnes de piraterie.
Quartier aisé de Boston où Rachel servit comme domestique, à deux pas des navires qu'elle dévalisait parfois dans le port.
Vaste pré public de Boston, lieu des pendaisons : Rachel Wall y fut exécutée le 8 octobre 1789.
Objets typiques

Voilier rapide à deux mâts, très répandu en Nouvelle-Angleterre, idéal pour surprendre les navires marchands puis fuir le long des côtes découpées.
📷 CC BY-SA 3.0 · Wikimedia Commons ↗
Lanterne agitée la nuit sur le pont pour simuler un navire en perdition. C'était l'appât principal du piège tendu par les Wall aux sauveteurs.

Sabre court et large, arme de prédilection des pirates pour l'abordage dans les espaces étroits d'un bateau.
📷 CC BY-SA 3.0 fr · Wikimedia Commons ↗
Arme à feu à un seul coup, longue à recharger ; les pirates en portaient souvent plusieurs à la fois pour ne pas être pris au dépourvu.
📷 CC BY-SA 2.0 fr · Wikimedia Commons ↗
Coiffe de tissu portée par les femmes du XVIIIe siècle. C'est le vol d'un tel bonnet à Boston qui valut à Rachel sa condamnation à mort.

Feuille imprimée vendue le jour des exécutions, relatant la vie et les « dernières paroles » du condamné. Celui de Rachel Wall reste notre principale source.

Structure de bois dressée pour les pendaisons publiques, comme celle du Boston Common où Rachel fut exécutée devant la foule.
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Vie quotidienne
Matin
À Boston, en domestique, Rachel se levait tôt pour allumer le feu, tirer l'eau et préparer le déjeuner de la maisonnée de Beacon Hill. Les étés de piraterie, ses matinées se passaient plutôt aux Isles of Shoals, à scruter l'horizon après les tempêtes.
Après-midi
Les jours ordinaires étaient faits de tâches ménagères, de raccommodage et de courses au marché du port. En mer, le couple réparait et déguisait les avaries de la goélette pour rendre le piège crédible.
Soir
Le soir, à Boston, on partageait un souper modeste, parfois suivi de prières dans la tradition presbytérienne. Au large, c'est la nuit que se jouait la ruse mortelle, à la lueur du fanal agité sur le pont.
Alimentation
L'alimentation était celle des gens de mer de Nouvelle-Angleterre : morue salée, galette de marin (biscuit), bouillie de maïs, poisson frais et légumes-racines. Le rhum et le cidre accompagnaient souvent les repas.
Vêtements
Rachel portait la tenue simple d'une femme du peuple : longue jupe, corsage lacé, tablier et coiffe de lin (bonnet). En mer, on préférait des vêtements de laine plus résistants à l'humidité et au vent.
Habitat
À terre, elle logeait à l'étroit, dans les communs d'une maison ou près des quais de Boston. En campagne, sa « maison » était l'espace confiné d'une goélette ou les cabanes isolées battues par les vents des Isles of Shoals.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Le stratagème de la fausse détresse
1781-1782
Réputation de première femme pirate née en Amérique
XVIIIe siècle
Dying Confession de Rachel Wall
1789
Dernière femme exécutée dans le Massachusetts
1789
Figure du folklore maritime de Nouvelle-Angleterre
XIXe-XXIe siècle






