Rachel Wall(1760 — 1789)

Rachel Wall

États-Unis

6 min de lecture

MilitaireSociétéTemps modernesFin du XVIIIe siècle, dans l'Amérique des treize colonies devenues les États-Unis après l'indépendance (1783), sur fond de commerce maritime atlantique et de piraterie côtière.

Rachel Wall (vers 1760-1789) est considérée comme la première femme pirate née en Amérique. Avec son mari, elle écuma les côtes de Nouvelle-Angleterre depuis l'île Essex, attirant les navires par de fausses détresses. Pendue à Boston en 1789, elle fut l'une des dernières femmes exécutées dans le Massachusetts.

Questions fréquentes

Rachel Wall (vers 1760-1789) est souvent présentée comme la première femme pirate née en Amérique. Ce qui la rend singulière, c'est qu'elle menait une double vie : l'été, elle écumait les côtes de Nouvelle-Angleterre avec son mari George en utilisant un stratagème de fausse détresse ; l'hiver, elle travaillait comme domestique à Boston. Contrairement à des figures comme Anne Bonny, venues d'Europe, Rachel est née en Pennsylvanie et son histoire est étroitement liée à la jeune nation américaine. Sa pendaison en 1789 sur le Boston Common fait d'elle la dernière femme exécutée dans le Massachusetts, un jalon judiciaire qui ajoute à sa notoriété.

Faits marquants

  • Née vers 1760 en Pennsylvanie, elle s'enfuit avec le pêcheur George Wall et bascule dans la piraterie au début des années 1780
  • Le couple opérait au large de l'île Essex (Massachusetts) en simulant des navires en détresse pour piller les bateaux secourus
  • On lui attribue la capture d'une douzaine de navires et la mort de plusieurs marins
  • Arrêtée pour vol avec violence, elle est jugée à Boston et reconnue coupable
  • Pendue le 8 octobre 1789, elle est l'une des dernières femmes exécutées dans le Massachusetts et la première femme pirate née en Amérique

Œuvres & réalisations

Le stratagème de la fausse détresse (1781-1782)

Méthode de piraterie consistant à feindre un naufrage pour attirer les sauveteurs ; elle est restée le fait d'armes le plus célèbre attribué à Rachel Wall.

Réputation de première femme pirate née en Amérique (XVIIIe siècle)

Surnom qui fit entrer Rachel Wall dans l'histoire de la piraterie atlantique et la distingue des pirates féminines venues d'Europe.

Dying Confession de Rachel Wall (1789)

Placard imprimé de ses « dernières paroles », à la fois objet de dévotion populaire et source primaire essentielle pour les historiens.

Dernière femme exécutée dans le Massachusetts (1789)

Sa pendaison marque la fin des exécutions de femmes dans cet État, ce qui en fait un jalon de l'histoire judiciaire américaine.

Figure du folklore maritime de Nouvelle-Angleterre (XIXe-XXIe siècle)

Son histoire a nourri légendes, récits et ouvrages sur les pirates des côtes du Massachusetts et du New Hampshire.

Anecdotes

Au large des Isles of Shoals, Rachel et son mari George avaient mis au point un piège redoutable : après une tempête, ils endommageaient volontairement le gréement de leur goélette, et Rachel, seule sur le pont, appelait à l'aide les navires de passage. Quand les marins venaient porter secours, ils étaient dépouillés. Selon sa confession, le couple aurait ainsi pillé une douzaine de bateaux entre 1781 et 1782.

Rachel Wall est souvent présentée comme la première femme pirate née sur le sol américain, vers 1760 en Pennsylvanie. Contrairement aux pirates de carrière, elle ne navigua que quelques étés et revenait vivre à Boston comme domestique le reste de l'année, menant ainsi une double vie.

Le crime qui la mena au gibet n'était pas la piraterie, mais un vol de rue : on l'accusa en 1789 d'avoir agressé une jeune femme nommée Margaret Bender et de lui avoir arraché son bonnet à Boston. Elle fut jugée pour « vol de grand chemin » (highway robbery), un délit alors passible de la peine de mort.

Comme le voulait l'usage de l'époque, ses « dernières paroles » furent imprimées sur un placard vendu le jour de l'exécution. Elle y avouait de nombreux péchés et même la piraterie, mais clamait son innocence pour le vol qui la condamnait et jurait n'avoir jamais tué personne.

Le 8 octobre 1789, Rachel Wall fut pendue sur le Boston Common aux côtés de deux hommes, William Smith et William Dunogan. Elle entra dans l'histoire comme la dernière femme exécutée dans le Massachusetts.

Sources primaires

Life, Last Words and Dying Confession of Rachel Wall (placard imprimé, Boston) (1789)
I acknowledge myself to have been guilty of a great many crimes, such as Sabbath-breaking, stealing, lying, disobedience to parents, and almost every other sin a person could commit, except murder.
Life, Last Words and Dying Confession of Rachel Wall (sur l'accusation de vol) (1789)
As for the crime of robbery, for which I am now to suffer, I am entirely innocent.
Registres de la Supreme Judicial Court du Massachusetts — acte d'accusation pour vol de grand chemin (septembre 1789)
Rachel Wall est mise en accusation pour avoir, à Boston, dépouillé par violence une jeune femme de son bonnet et de ses effets sur la voie publique.
Comptes rendus de la presse de Boston sur l'exécution (octobre 1789)
Le jeudi 8 octobre, Rachel Wall, William Smith et William Dunogan, condamnés pour vol de grand chemin, ont été exécutés sur le Common de Boston devant une grande foule.

Voir aussi