Rainer Werner Fassbinder(1945 — 1982)

Rainer Werner Fassbinder

Allemagne de l'Ouest

7 min de lecture

SpectacleArts visuelsRéalisateur/triceDramaturgeActeur/triceXXe siècleAllemagne de l'Ouest (RFA) des années 1960-1970, à l'époque du Nouveau cinéma allemand et du « miracle économique » d'après-guerre

Cinéaste, dramaturge et acteur allemand, figure majeure du Nouveau cinéma allemand. En une carrière fulgurante d'une quinzaine d'années, il réalise plus de quarante films qui dissèquent la société ouest-allemande de l'après-guerre.

Questions fréquentes

Rainer Werner Fassbinder était un cinéaste, dramaturge et acteur allemand, figure majeure du Nouveau cinéma allemand des années 1960-1970. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'en une carrière fulgurante de 15 ans, il a réalisé plus de 40 films qui dissèquent la société ouest-allemande d'après-guerre, abordant des thèmes comme le racisme, l'oppression et la mémoire du nazisme. Son importance tient à sa capacité à mêler un style visuel très personnel à une critique sociale radicale, influençant des générations de cinéastes.

Faits marquants

  • Né le 31 mai 1945 à Bad Wörishofen, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale
  • Cofonde l'antiteater à Munich en 1968, troupe de théâtre expérimental
  • Réalise « Le Mariage de Maria Braun » (1979), grand succès international
  • Tourne la fresque télévisée « Berlin Alexanderplatz » (1980), adaptée d'Alfred Döblin
  • Meurt le 10 juin 1982 à Munich, à seulement 37 ans, après avoir signé plus de 40 films

Œuvres & réalisations

L'amour est plus froid que la mort (Liebe ist kälter als der Tod) (1969)

Son premier long métrage, austère et stylisé, qui annonce son cinéma personnel.

Katzelmacher (1969)

Film sur un travailleur immigré rejeté dans un quartier de Munich, où Fassbinder aborde déjà le racisme ordinaire.

Les Larmes amères de Petra von Kant (1972)

Huis clos cruel sur l'amour et la domination, adapté de sa propre pièce de théâtre.

Tous les autres s'appellent Ali (Angst essen Seele auf) (1974)

Histoire d'amour entre une Allemande âgée et un jeune travailleur immigré marocain ; un de ses films les plus célèbres sur le racisme.

Le Mariage de Maria Braun (1979)

Portrait d'une femme dans l'Allemagne d'après-guerre, premier volet de sa trilogie sur la RFA et grand succès international.

Berlin Alexanderplatz (1980)

Série télévisée monumentale de plus de quinze heures adaptée du roman d'Alfred Döblin, considérée comme un chef-d'œuvre.

Le Secret de Veronika Voss (Die Sehnsucht der Veronika Voss) (1982)

Drame en noir et blanc sur une ancienne star déchue, récompensé par l'Ours d'or à Berlin.

Querelle (1982)

Son dernier film, très stylisé, adapté d'un roman de Jean Genet, sorti après sa mort.

Anecdotes

En une quinzaine d'années seulement, Fassbinder réalise plus de quarante films, tournant parfois quatre ou cinq longs métrages dans la même année. Il dormait peu et travaillait avec une troupe d'acteurs fidèles qui le suivaient de film en film, comme l'actrice Hanna Schygulla. Ce rythme effréné est resté légendaire dans l'histoire du cinéma.

À 22 ans, dans le Munich bouillonnant de 1968, il prend la tête d'une petite compagnie théâtrale qu'il rebaptise l'« antiteater ». Cette troupe vivait et travaillait presque en communauté, et beaucoup de ses membres le suivirent ensuite au cinéma. C'est là que Fassbinder apprend à diriger des acteurs et à monter un spectacle très vite, avec peu de moyens.

En 1980, il adapte pour la télévision « Berlin Alexanderplatz », un énorme roman d'Alfred Döblin, sous la forme d'une série de plus de quinze heures (treize épisodes et un épilogue). Lors de la diffusion, de nombreux téléspectateurs protestèrent en trouvant les images trop sombres. L'œuvre est aujourd'hui considérée comme l'un de ses sommets.

Fassbinder admirait les mélodrames du réalisateur germano-américain Douglas Sirk, dont les films jouaient sur les émotions et les couleurs flamboyantes. Bouleversé, il lui consacre un essai enthousiaste en 1971 et s'en inspire pour son propre style. Son film « Tous les autres s'appellent Ali » reprend ainsi l'histoire du film de Sirk « Tout ce que le ciel permet ».

En février 1982, son film « Le Secret de Veronika Voss » remporte l'Ours d'or au Festival de Berlin, la plus haute récompense du cinéma allemand. Quelques mois plus tard seulement, le 10 juin 1982, Fassbinder meurt à Munich à seulement 37 ans, d'un mélange de cocaïne et de somnifères, alors qu'il préparait déjà de nouveaux projets.

Sources primaires

R. W. Fassbinder, essai « Imitation of Life. Sur les films de Douglas Sirk », revue Fernsehen und Film (février 1971)
Douglas Sirk a fait les films les plus tendres que je connaisse : ce sont les films de quelqu'un qui aime les êtres humains et ne les méprise pas comme nous le faisons.
R. W. Fassbinder, propos d'entretien sur son œuvre (années 1970)
Je voudrais construire une maison avec mes films. Certains sont les caves, d'autres les murs, d'autres encore les fenêtres. Mais j'espère qu'à la fin ce sera une maison.
R. W. Fassbinder, à propos du cinéma et des sentiments (1974)
Le cinéma doit donner aux gens le courage de vivre, leur montrer qu'on peut changer les choses, et que la peur empêche d'aimer.

Lieux clés

Bad Wörishofen (Bavière)

Petite ville thermale de Bavière où Rainer Werner Fassbinder naît le 31 mai 1945, quelques semaines après la fin de la guerre.

Munich

Ville où Fassbinder grandit en partie, fonde son « antiteater » et installe son équipe de cinéma. C'est aussi là qu'il meurt en 1982.

Berlin

Capitale alors divisée par le mur, décor et sujet de plusieurs de ses films ; c'est là qu'est tournée et primée une partie de son œuvre, dont « Berlin Alexanderplatz ».

Cologne

Ville de Rhénanie où Fassbinder passe une partie de son enfance et de son adolescence avant de se tourner vers le théâtre et le cinéma.

Voir aussi