Cinéaste, dramaturge et acteur allemand, figure majeure du Nouveau cinéma allemand. En une carrière fulgurante d'une quinzaine d'années, il réalise plus de quarante films qui dissèquent la société ouest-allemande de l'après-guerre.
Rainer Werner Fassbinder(1945 — 1982)
Rainer Werner Fassbinder
Allemagne de l'Ouest
7 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 31 mai 1945 à Bad Wörishofen, peu après la fin de la Seconde Guerre mondiale
- Cofonde l'antiteater à Munich en 1968, troupe de théâtre expérimental
- Réalise « Le Mariage de Maria Braun » (1979), grand succès international
- Tourne la fresque télévisée « Berlin Alexanderplatz » (1980), adaptée d'Alfred Döblin
- Meurt le 10 juin 1982 à Munich, à seulement 37 ans, après avoir signé plus de 40 films
Œuvres & réalisations
Son premier long métrage, austère et stylisé, qui annonce son cinéma personnel.
Film sur un travailleur immigré rejeté dans un quartier de Munich, où Fassbinder aborde déjà le racisme ordinaire.
Huis clos cruel sur l'amour et la domination, adapté de sa propre pièce de théâtre.
Histoire d'amour entre une Allemande âgée et un jeune travailleur immigré marocain ; un de ses films les plus célèbres sur le racisme.
Portrait d'une femme dans l'Allemagne d'après-guerre, premier volet de sa trilogie sur la RFA et grand succès international.
Série télévisée monumentale de plus de quinze heures adaptée du roman d'Alfred Döblin, considérée comme un chef-d'œuvre.
Drame en noir et blanc sur une ancienne star déchue, récompensé par l'Ours d'or à Berlin.
Son dernier film, très stylisé, adapté d'un roman de Jean Genet, sorti après sa mort.
Anecdotes
En une quinzaine d'années seulement, Fassbinder réalise plus de quarante films, tournant parfois quatre ou cinq longs métrages dans la même année. Il dormait peu et travaillait avec une troupe d'acteurs fidèles qui le suivaient de film en film, comme l'actrice Hanna Schygulla. Ce rythme effréné est resté légendaire dans l'histoire du cinéma.
À 22 ans, dans le Munich bouillonnant de 1968, il prend la tête d'une petite compagnie théâtrale qu'il rebaptise l'« antiteater ». Cette troupe vivait et travaillait presque en communauté, et beaucoup de ses membres le suivirent ensuite au cinéma. C'est là que Fassbinder apprend à diriger des acteurs et à monter un spectacle très vite, avec peu de moyens.
En 1980, il adapte pour la télévision « Berlin Alexanderplatz », un énorme roman d'Alfred Döblin, sous la forme d'une série de plus de quinze heures (treize épisodes et un épilogue). Lors de la diffusion, de nombreux téléspectateurs protestèrent en trouvant les images trop sombres. L'œuvre est aujourd'hui considérée comme l'un de ses sommets.
Fassbinder admirait les mélodrames du réalisateur germano-américain Douglas Sirk, dont les films jouaient sur les émotions et les couleurs flamboyantes. Bouleversé, il lui consacre un essai enthousiaste en 1971 et s'en inspire pour son propre style. Son film « Tous les autres s'appellent Ali » reprend ainsi l'histoire du film de Sirk « Tout ce que le ciel permet ».
En février 1982, son film « Le Secret de Veronika Voss » remporte l'Ours d'or au Festival de Berlin, la plus haute récompense du cinéma allemand. Quelques mois plus tard seulement, le 10 juin 1982, Fassbinder meurt à Munich à seulement 37 ans, d'un mélange de cocaïne et de somnifères, alors qu'il préparait déjà de nouveaux projets.
Sources primaires
Douglas Sirk a fait les films les plus tendres que je connaisse : ce sont les films de quelqu'un qui aime les êtres humains et ne les méprise pas comme nous le faisons.
Je voudrais construire une maison avec mes films. Certains sont les caves, d'autres les murs, d'autres encore les fenêtres. Mais j'espère qu'à la fin ce sera une maison.
Le cinéma doit donner aux gens le courage de vivre, leur montrer qu'on peut changer les choses, et que la peur empêche d'aimer.
Lieux clés
Petite ville thermale de Bavière où Rainer Werner Fassbinder naît le 31 mai 1945, quelques semaines après la fin de la guerre.
Ville où Fassbinder grandit en partie, fonde son « antiteater » et installe son équipe de cinéma. C'est aussi là qu'il meurt en 1982.
Capitale alors divisée par le mur, décor et sujet de plusieurs de ses films ; c'est là qu'est tournée et primée une partie de son œuvre, dont « Berlin Alexanderplatz ».
Ville de Rhénanie où Fassbinder passe une partie de son enfance et de son adolescence avant de se tourner vers le théâtre et le cinéma.
Objets typiques

Outil central du réalisateur, utilisé pour filmer sur pellicule à une époque sans numérique. Fassbinder tournait vite, souvent en équipe légère et avec peu de prises.

Film en celluloïd sur lequel s'impressionnaient les images avant l'ère numérique. Chaque bobine était précieuse et coûteuse, ce qui obligeait à tourner avec discipline.

Appareil sur lequel on coupait et collait la pellicule pour assembler le film, image après image. Le montage donnait au film son rythme et son sens.

Outil avec lequel Fassbinder rédigeait ses pièces de théâtre et ses scénarios, parfois en quelques jours. Il écrivait énormément, en plus de réaliser et de jouer.

Vêtement devenu une sorte de signature de Fassbinder, associé à son image rebelle et à la contre-culture des années 1970. Elle faisait partie de son allure publique.

Petit panneau claqué devant la caméra au début d'une prise pour synchroniser l'image et le son et noter le numéro du plan. Objet emblématique des tournages.
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Vie quotidienne
Matin
Fassbinder dormait souvent peu et se levait pour rejoindre une équipe déjà au travail. Les matinées de tournage commençaient tôt, avec l'installation des décors, des lumières et des caméras.
Après-midi
L'après-midi se passait à tourner des scènes les unes après les autres, parfois à un rythme très rapide pour économiser la précieuse pellicule. Il dirigeait ses acteurs de près, exigeant et passionné.
Soir
Le soir, il écrivait des scénarios, montait ses films ou retrouvait sa troupe d'acteurs et d'amis. Les soirées se prolongeaient souvent tard, mêlant travail, discussions et fête.
Alimentation
Sa vie irrégulière laissait peu de place à des repas réguliers : café, cigarettes en grand nombre et repas pris sur le pouce rythmaient ses journées. Cette hygiène de vie épuisante a contribué à sa mort précoce.
Vêtements
On l'identifiait à une allure décontractée et provocante, souvent vêtu d'une veste de cuir, d'un jean et de baskets, loin des costumes officiels. Ce style affichait son appartenance à la contre-culture des années 1970.
Habitat
Il vivait surtout à Munich, dans des appartements qui servaient aussi de lieux de travail et de rendez-vous pour sa troupe. Sa vie privée et sa vie professionnelle étaient presque inséparables.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Les Larmes amères de Petra von Kant
1972
Le Mariage de Maria Braun
1979
Berlin Alexanderplatz
1980
Le Secret de Veronika Voss (Die Sehnsucht der Veronika Voss)
1982






