Remedios Varo (1908-1963) est une artiste peintre surréaliste d'origine espagnole, naturalisée mexicaine. Fuyant la guerre civile espagnole puis l'Europe en guerre, elle s'installe à Mexico où elle développe une œuvre onirique mêlant alchimie, sciences et mysticisme.
Remedios Varo(1908 — 1963)
Remedios Varo Uranga
Espagne
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1908 à Anglès (Catalogne, Espagne), formée à l'Académie San Fernando de Madrid
- Fuit la guerre civile espagnole et rejoint les cercles surréalistes à Paris dans les années 1930
- S'exile à Mexico en 1941 pour échapper à l'occupation nazie, où elle se lie d'amitié avec Leonora Carrington
- Développe à partir des années 1950 son style mature : scènes oniriques aux figures longilignes mêlant science, alchimie et magie
- Meurt prématurément en 1963 à Mexico, au sommet de sa reconnaissance artistique
Œuvres & réalisations
Panneau central d'un triptyque montrant des jeunes filles enfermées dans une tour qui brodent le monde lui-même ; œuvre emblématique sur l'enfermement et la création.
Volet du triptyque représentant l'évasion à bord d'une embarcation fantastique, symbole d'émancipation et de quête de liberté.
Une figure mi-femme mi-chouette donne vie à des oiseaux qu'elle peint : allégorie de l'acte créateur reliant art, nature et alchimie.
Tableau teinté d'humour critique sur la mode de la psychanalyse, où une femme jette un masque dans un puits.
Une figure compose une partition en piquant objets et plantes sur une portée musicale, illustrant la quête d'un ordre secret du monde.
Premier volet du triptyque autobiographique montrant des pensionnaires quittant un couvent à bicyclette, sous la conduite d'une religieuse.
Texte parodique illustré et sculpture en os, fausse étude scientifique sur l'évolution humaine, montrant son humour érudit.
Anecdotes
Enfant, Remedios Varo accompagnait son père ingénieur hydraulique sur ses chantiers à travers l'Espagne et l'Afrique du Nord. Il lui apprit le dessin technique et la perspective, et l'encourageait à recopier ses plans : cette précision quasi scientifique se retrouvera plus tard dans ses tableaux peuplés de machines étranges.
À Paris, dans les années 1930, Remedios Varo fréquenta le groupe surréaliste d'André Breton aux côtés de son compagnon le poète Benjamin Péret. Elle participa aux jeux collectifs comme le « cadavre exquis », où chaque artiste dessine une partie d'une figure sans voir ce que les autres ont fait.
Fuyant l'avancée des troupes nazies, Varo fut internée un temps en France au début de la Seconde Guerre mondiale avant de pouvoir embarquer en 1941 pour le Mexique, qui accueillait alors de nombreux réfugiés espagnols et européens.
Au Mexique, Remedios Varo noua une amitié profonde avec la peintre britannique Leonora Carrington. Les deux femmes partageaient une passion pour l'alchimie, les sciences occultes, les contes et la cuisine expérimentale, inventant ensemble des recettes fantaisistes presque magiques.
Varo travaillait avec une lenteur méticuleuse, préparant ses panneaux comme les maîtres anciens et utilisant parfois des techniques inhabituelles : elle soufflait sur la peinture fraîche ou pressait des matières pour créer des textures, mêlant la rigueur du dessin technique appris de son père à l'imaginaire le plus libre.
Sources primaires
Varo y exprime son univers mêlant humour, sciences et mysticisme, écrivant des lettres adressées à des destinataires inventés et décrivant des mondes imaginaires régis par des lois étranges.
Varo décrit son triptyque comme l'histoire d'une jeune fille s'échappant d'un pensionnat-couvent : un récit autobiographique transposé sur la quête d'émancipation et de liberté.
Sous le pseudonyme d'un savant imaginaire, Varo invente une parodie de traité d'anthropologie retraçant l'évolution d'un « homme-roue », mêlant érudition feinte et fantaisie absurde.
Lieux clés
Village natal de Remedios Varo, où elle naît en 1908 dans une famille d'ingénieur.
École des beaux-arts où Varo reçoit une formation académique rigoureuse dans les années 1920.
Ville où elle rejoint le mouvement surréaliste à la fin des années 1930 avant de fuir la guerre.
Terre d'exil et d'épanouissement artistique où Varo vit de 1941 à sa mort et réalise l'essentiel de son œuvre.
Ville où elle séjourne à la fin des années 1940, travaillant comme illustratrice scientifique pour une campagne sanitaire.
Objets typiques

Varo peignait surtout à l'huile sur des panneaux durs (masonite) soigneusement préparés, avec de fins pinceaux permettant un rendu minutieux proche des maîtres anciens.

Compas, règles et équerres hérités de l'apprentissage auprès de son père ingénieur, qui donnent à ses machines imaginaires une précision d'épure.

Livres sur l'alchimie, la mystique et les sciences occultes qui nourrissaient son imaginaire de transformations et de quêtes spirituelles.

Motif récurrent de ses tableaux : tours et cellules d'où s'échappent ses personnages, symboles d'enfermement et d'émancipation hérités de son éducation au couvent.

Engins hybrides — embarcations, capsules, mécanismes à roues — qui peuplent ses toiles et illustrent sa fascination pour la science et le voyage intérieur.

Ustensiles de laboratoire alchimique qu'elle représentait souvent, où ses figures distillent, mélangent et transmutent la matière comme des savantes magiciennes.
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Vie quotidienne
Matin
Dans son atelier de Mexico, Varo commençait souvent la journée par le dessin préparatoire, traçant avec une précision d'ingénieur les machines et figures de ses futurs tableaux. Elle aimait le silence et la concentration des matinées pour préparer ses panneaux.
Après-midi
L'après-midi se passait à peindre lentement à l'huile, couche après couche, ou à expérimenter des textures inhabituelles. Elle recevait parfois ses amis artistes exilés pour discuter d'art, de science et d'ésotérisme.
Soir
Le soir, Varo lisait des ouvrages d'alchimie, de mystique ou de psychologie, et inventait avec son amie Leonora Carrington des recettes et des jeux fantaisistes. Elle notait ses rêves, source d'inspiration pour ses œuvres.
Alimentation
Comme beaucoup d'exilés européens à Mexico, elle mêlait cuisine espagnole et saveurs mexicaines. Avec Leonora Carrington, elle aimait préparer des plats expérimentaux, presque des « potions », inspirés de recettes mi-sérieuses mi-magiques.
Vêtements
Varo portait des vêtements simples et pratiques d'atelier, souvent sombres, qui contrastaient avec l'extravagance colorée de ses tableaux. Sa chevelure abondante et son regard intense marquaient les photographies de l'époque.
Habitat
Elle vivait dans une maison-atelier modeste de Mexico, encombrée de livres, de chats, de plantes et d'objets curieux. Cet intérieur foisonnant et plein d'animaux nourrissait directement le bestiaire fantastique de sa peinture.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Bordando el manto terrestre (Brodant le manteau terrestre)
1961
La huida (La Fuite)
1961
Creación de las aves (Création des oiseaux)
1957
Armonía (Harmonie)
1956
Hacia la torre (Vers la tour)
1960






