Militante abolitionniste et suffragiste afro-américaine du XIXe siècle. Elle parcourut l'Europe pour sensibiliser le public à la cause anti-esclavagiste, et s'installa en Italie où elle devint médecin.
Sarah Parker Remond(1824 — 1894)
Sarah Parker Remond
États-Unis
8 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1824 à Salem, Massachusetts, dans une famille afro-américaine libre et engagée contre l'esclavage
- À partir de 1856, elle entreprit une tournée de conférences en Grande-Bretagne et en Irlande pour mobiliser l'opinion européenne contre l'esclavage américain
- Elle fut l'une des premières femmes afro-américaines à obtenir un diplôme de médecine, à Florence en 1868
- Elle s'installa définitivement en Italie où elle exerça comme médecin jusqu'à sa mort en 1894
- Elle milita également pour le droit de vote des femmes, croisant les luttes abolitionnistes et suffragistes
Œuvres & réalisations
Série de dizaines de conférences publiques données à travers la Grande-Bretagne, l'Irlande et l'Écosse, au cours desquelles Sarah témoignait des réalités de l'esclavage américain. Ses interventions contribuèrent à orienter l'opinion publique britannique contre la Confédération sudiste.
Formation médicale suivie à Florence, couronnée par un diplôme en 1868. Sarah devint ainsi l'une des premières femmes afro-américaines à obtenir un titre médical reconnu en Europe.
Pendant plus de vingt ans, Sarah Parker Remond exerça comme médecin à Rome, soignant une clientèle internationale et incarnant pour les générations suivantes la possibilité d'un double accomplissement intellectuel et professionnel pour les femmes noires.
Sarah signa et contribua à des pétitions adressées au gouvernement américain et aux gouvernements européens pour demander l'abolition de l'esclavage et empêcher la reconnaissance de la Confédération, démontrant l'impact diplomatique de son activisme.
Anecdotes
En 1853, Sarah Parker Remond achète une place pour un concert à l'Howard Athenæum de Boston, mais se voit refuser l'entrée en raison de sa couleur de peau. Loin de se laisser intimider, elle porte l'affaire en justice et remporte le procès, obtenant 500 dollars de dommages et intérêts — une victoire rare pour une femme noire dans l'Amérique d'avant-guerre.
À partir de 1858, Sarah sillonne le Royaume-Uni, l'Irlande et l'Écosse pour dénoncer l'esclavage américain devant des centaines d'auditeurs. Ses conférences furent si convaincantes que plusieurs historiens estiment qu'elle contribua à empêcher la Grande-Bretagne de reconnaître diplomatiquement la Confédération sudiste durant la guerre de Sécession.
Après la guerre civile, Sarah ne rentre pas aux États-Unis. Elle s'inscrit à l'école de médecine liée à l'hôpital Santa Maria Nuova de Florence, en Italie, et obtient son diplôme en 1868, devenant l'une des premières femmes afro-américaines à exercer la médecine en Europe.
Issue d'une famille de Noirs libres de Salem, Massachusetts, Sarah grandit dans un foyer profondément engagé contre l'esclavage. Son frère Charles Lenox Remond était déjà un orateur abolitionniste renommé avant elle, et toute la famille militait au sein de l'American Anti-Slavery Society.
Installée à Rome après ses études, Sarah Parker Remond y exerça la médecine pendant des décennies et épousa un citoyen italien, Lazzaro Pintor, en 1877. Elle vécut dans la Ville Éternelle jusqu'à sa mort en 1894 et fut enterrée au cimetière protestant du Testaccio.
Sources primaires
Miss Remond spoke for nearly two hours on the condition of the enslaved population of the Southern States, dwelling particularly on the sufferings of women held in bondage, and was greeted throughout with the closest attention and warm applause.
Miss Remond is among the most effective advocates of the anti-slavery cause we have had among us; her testimony as a free coloured woman from America carries an authority no white lecturer could match.
Sarah Parker Remond addressed a large and sympathetic audience at the Rotunda, urging British and Irish citizens to use all moral influence to prevent recognition of the Southern Confederacy by European powers.
We learn that our friend Miss S. P. Remond continues her labours in England with great acceptance; her lectures in the principal towns have been numerously attended and have done much to enlighten the British public.
Lieux clés
Ville de naissance de Sarah Parker Remond en 1824. La famille Remond y était bien implantée dans la communauté afro-américaine libre et Salem fut le berceau de son engagement abolitionniste.
Principale base de Sarah lors de ses tournées européennes à partir de 1858. Elle y noua des liens avec les cercles abolitionnistes et quakers britanniques et suivit des cours au Bedford College for Women.
Étape importante de sa tournée européenne où elle donna plusieurs conférences très remarquées. L'Irlande, elle-même marquée par l'oppression et la famine, accueillit son message avec une empathie particulière.
Ville où Sarah Parker Remond effectua ses études de médecine à l'hôpital Santa Maria Nuova, obtenant son diplôme en 1868. Florence symbolise sa reconversion et son émancipation définitive.
Ville où Sarah s'installa définitivement pour exercer la médecine, se marier en 1877 et mourir en 1894. Elle y est enterrée au cimetière protestant du Testaccio.
Objets typiques

Les militants comme Sarah distribuaient des brochures illustrant les conditions de vie des esclaves lors de leurs conférences. Ces imprimés circulaient ensuite dans tout le Royaume-Uni et alimentaient le débat public contre l'esclavage américain.

Document essentiel pour Sarah lors de ses voyages en Europe, son passeport attestait paradoxalement de sa liberté dans un pays où des millions de personnes de sa communauté étaient réduites en esclavage. L'obtenir en tant que femme noire libre n'allait pas de soi dans l'Amérique des années 1850.

Une fois diplômée en Italie, Sarah Parker Remond exerça avec les instruments habituels du praticien du XIXe siècle : stéthoscope, lancettes et fioles de remèdes. Sa trousse symbolisait une double conquête, celle du diplôme et celle de la reconnaissance professionnelle pour une femme noire.

Sarah entretenait une abondante correspondance avec les figures du mouvement abolitionniste de deux continents, notamment William Lloyd Garrison et les Quakers britanniques. Ces lettres constituaient le réseau militant de l'époque, permettant de coordonner les campagnes transatlantiques.

Pour ses interventions publiques, Sarah portait des tenues sobres et dignes conformes aux codes bourgeois de l'époque victorienne. Sa mise soignée contredisait les stéréotypes racistes et imposait le respect d'un public qui parfois n'avait jamais rencontré de femme noire libre et instruite.

Lors de ses périples britanniques et irlandais, Sarah consignait ses conférences, les réactions du public et ses rencontres avec les abolitionnistes locaux. Ces carnets constituent aujourd'hui une source précieuse pour les historiens qui reconstituent son itinéraire militant en Europe.
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Vie quotidienne
Matin
Durant sa période de militantisme en Angleterre, Sarah commençait sa journée en lisant la presse britannique et américaine pour suivre l'évolution de la situation esclavagiste. Elle rédigeait ensuite sa correspondance avec les abolitionnistes des deux côtés de l'Atlantique avant de se préparer pour ses engagements publics.
Après-midi
Ses après-midis étaient souvent consacrés à des réunions avec les sociétés anti-esclavagistes locales ou à des visites chez des familles quakers qui l'hébergeaient. À Florence, pendant ses études, ce temps était dédié aux cours théoriques et aux stages pratiques dans les salles de l'hôpital.
Soir
Le soir était le temps fort de l'activité de Sarah : elle donnait fréquemment des conférences dans des salles paroissiales, des Mechanics' Institutes ou des chapelles, devant des centaines d'auditeurs. Après son installation à Rome comme médecin, les soirées devenaient l'occasion de rencontres avec la communauté expatriée anglophone et la bourgeoisie italienne.
Alimentation
Voyageuse dans l'Angleterre victorienne puis dans l'Italie du Risorgimento, Sarah adoptait les habitudes alimentaires locales — rôtis et puddings outre-Manche, pasta et légumes en Italie. Les repas pris en commun lors des réunions militantes avaient une dimension conviviale importante, les tables partagées renforçant les solidarités entre militants.
Vêtements
Sarah portait des robes à crinoline puis à tournure selon la mode victorienne, aux tons sobres — noirs, gris ou bordeaux — qui conféraient sérieux et respectabilité à une conférencière qui devait en permanence déjouer les préjugés raciaux. Elle soignait particulièrement sa mise pour imposer le respect lors de ses apparitions publiques.
Habitat
Durant ses années britanniques, Sarah était souvent logée chez des familles quakers sympathisantes dans des maisons bourgeoises confortables d'Édimbourg, Manchester ou Londres. À Rome après son mariage, elle vivait dans un appartement de la ville, à l'image des professionnels de la classe moyenne italienne de l'époque.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Tournée de conférences anti-esclavagistes au Royaume-Uni et en Irlande
1858-1865
Études de médecine à l'hôpital Santa Maria Nuova de Florence
1866-1868
Pratique médicale à Rome
1868-1894
Participation aux campagnes de pétitions transatlantiques
1859-1863






