Sekhmet

Sekhmet

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MythologieMilitaireReligieux/seChef militaireMédecinAvant J.-C.Égypte antique — du IIIe millénaire avant J.-C. jusqu'à la période ptolémaïque (IVe siècle av. J.-C.), voire romaine

Déesse-lionne de la mythologie égyptienne antique, Sekhmet incarne à la fois la destruction guerrière et la puissance guérisseuse. Fille de Rê, elle est la protectrice du pharaon sur le champ de bataille et la patronne des médecins. Son culte, attesté dès l'Ancien Empire, était particulièrement vivace à Memphis.

Questions fréquentes

Sekhmet est une déesse-lionne égyptienne, fille du dieu solaire . Ce qu'il faut retenir, c'est qu'elle incarne à la fois la destruction guerrière et la puissance guérisseuse. Protectrice du pharaon au combat, elle est aussi la patronne des médecins, car on croyait qu'elle envoyait les maladies mais pouvait aussi les retirer. Son nom signifie « la puissante ».

Citations célèbres

« « Je suis celle dont le souffle brûle comme le feu du désert. » (parole attribuée à Sekhmet par la tradition mythologique égyptienne, Textes des Sarcophages) »

Faits marquants

  • Attestée dès l'Ancien Empire (vers 2700 av. J.-C.) dans les textes religieux et les représentations iconographiques
  • Selon le mythe de la Destruction de l'Humanité (Livre de la Vache Céleste), Rê l'envoya punir les hommes ; elle fut arrêtée par la ruse de la bière teintée de sang
  • Son principal centre de culte était Memphis, où elle était associée à Ptah et Nefertoum (triade memphite)
  • Les prêtres de Sekhmet exerçaient également comme médecins et guérisseurs, unissant pouvoir de destruction et de guérison
  • Plus de 700 statues de Sekhmet furent érigées par Amenhotep III (vers 1380 av. J.-C.) dans le temple de Moutt à Karnak

Œuvres & réalisations

Cycle mythologique de la Destruction de l'humanité (Attesté vers 1350 av. J.-C. (origine plus ancienne))

Récit central du mythe de Sekhmet, narrant comment elle fut envoyée par Rê pour punir les hommes rebelles. Ce mythe fondateur illustre la toute-puissance destructrice et la nécessité de l'apaisement rituel.

Statues colossales d'Amenhotep III (Vers 1370 av. J.-C.)

Ensemble de plus de 700 statues en granit noir représentant Sekhmet, commandées par Amenhotep III. Dispersées aujourd'hui dans les plus grands musées du monde, elles constituent l'un des programmes statuaires les plus ambitieux de l'Égypte ancienne.

Hymnes liturgiques à Sekhmet (rituels d'apaisement) (Du Moyen Empire à la période ptolémaïque)

Ensemble de textes chantés et récités lors des cérémonies annuelles de pacification de la déesse. Ces hymnes, conservés sur papyrus et parois de temples, témoignent de la richesse de son culte sur plus de deux millénaires.

Formules médicales des prêtres-médecins de Sekhmet (Vers 1550 av. J.-C. (Papyrus d'Ebers))

Corpus de prescriptions médicales et magiques transmis sous l'autorité de Sekhmet. Ces textes fondent une tradition médicale sacrée où la guérison relève autant du rite que de la pratique clinique.

Reliefs du temple de Karnak (campagnes militaires) (Vers 1274 av. J.-C. (règne de Ramsès II))

Inscriptions et reliefs représentant Ramsès II sous la protection de Sekhmet lors de la bataille de Qadesh. Ces scènes consacrent le rôle de la déesse comme protectrice suprême du pharaon au combat.

Anecdotes

Selon le mythe de la Destruction de l'humanité, Rê envoya Sekhmet pour punir les hommes qui s'étaient rebellés contre lui. La déesse-lionne se déchaîna avec une telle violence que Rê lui-même craignit qu'elle n'anéantisse toute l'humanité. Pour l'arrêter, les dieux inondèrent les champs de bière teintée en rouge, imitant du sang. Sekhmet, trompée, but tout le liquide et s'endormit, sauvant ainsi l'humanité.

Chaque année, lors de la fête du Nouvel An égyptien, les prêtres de Memphis organisaient un rituel appelé 'l'apaisement de Sekhmet'. Des centaines de statues de la déesse étaient ointes d'huile parfumée et des hymnes lui étaient chantés pendant plusieurs jours afin d'éloigner les épidémies et les malheurs pour l'année à venir. Ce rituel témoigne du double visage de Sekhmet : à la fois source de maladie et seule capable de guérir.

Amenhotep III, pharaon du Nouvel Empire (vers 1388-1351 av. J.-C.), fit ériger plus de sept cents statues de Sekhmet à Thèbes, la plupart dans le temple funéraire de Medinet Habou et dans le complexe de Karnak. Ce nombre extraordinaire visait à multiplier les intercessions divines pour protéger le pharaon et l'Égypte tout entière contre les forces du chaos.

Sekhmet était considérée comme la patronne des médecins et des chirurgiens égyptiens, qui portaient le titre de 'prêtres de Sekhmet'. Ils invoquaient la déesse avant chaque intervention, car on croyait que les maladies étaient ses 'flèches' et que seule elle pouvait les rappeler. Cette dualité entre destruction et guérison faisait d'elle une figure ambivalente et redoutée.

Sources primaires

Le Livre de la Vache du Ciel (Texte mythologique) (Vers 1350 av. J.-C. (Nouvel Empire, attesté dans les tombes royales))
Rê dit : 'Appelle pour moi mon œil, ainsi que Shou, Tefnout, Geb et Nout, ainsi que les pères et mères qui étaient avec moi quand j'étais encore dans le Noun.' Et l'œil de Rê descendit sous la forme de Hathor-Sekhmet pour châtier les hommes.
Hymnes à Sekhmet (Papyrus de Berlin) (Période ptolémaïque (IIIe-Ier siècle av. J.-C.))
Salut à toi, Sekhmet-Bastet, grande de magie, maîtresse des deux terres, œil de Rê, toi qui parcours les chemins du feu et qui envoies les flèches de la maladie, mais qui tiens aussi dans ta main le remède.
Textes des Pyramides (Vers 2400-2200 av. J.-C. (Ancien Empire, pyramides de Saqqara))
Le roi est Sekhmet, il s'élance comme la flamme, il frappe comme la lionne, aucun dieu ne peut s'opposer à lui car il est le fils de Rê, protégé par la grande déesse aux deux visages.
Papyrus médical d'Ebers (Vers 1550 av. J.-C. (XVIIIe dynastie))
Ces formules ont été trouvées dans les écrits du temple de Sekhmet, patronne des médecins. Avant toute intervention, le praticien invoquera la déesse-lionne afin qu'elle daigne retirer ses flèches de maladie du corps du patient.

Lieux clés

Memphis (Mit Rahina), Égypte

Cité principale du culte de Sekhmet, où se trouvait son grand temple lié à celui de Ptah. Memphis était le cœur religieux et politique de l'Égypte pendant l'Ancien Empire.

Karnak (complexe d'Amon-Rê), Louxor

Site où Amenhotep III fit ériger des centaines de statues de Sekhmet, dont beaucoup sont encore visibles aujourd'hui. Ce complexe témoigne de l'importance de son culte au Nouvel Empire.

Medinet Habou, Louxor

Temple funéraire d'Amenhotep III où de nombreuses statues de Sekhmet ont été retrouvées. Ce site illustre la volonté royale de s'assurer la protection permanente de la déesse.

Saqqara, Égypte

Nécropole royale de l'Ancien Empire où les Textes des Pyramides, premiers documents mentionnant Sekhmet, ont été découverts gravés sur les parois des chambres funéraires.

Dendera, Haute-Égypte

Temple de l'époque ptolémaïque où des représentations de Sekhmet syncrétisée avec Hathor sont préservées, témoignant de la continuité de son culte jusqu'à l'ère gréco-romaine.

Voir aussi