Déesse-lionne de la mythologie égyptienne antique, Sekhmet incarne à la fois la destruction guerrière et la puissance guérisseuse. Fille de Rê, elle est la protectrice du pharaon sur le champ de bataille et la patronne des médecins. Son culte, attesté dès l'Ancien Empire, était particulièrement vivace à Memphis.
Sekhmet
Sekhmet
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« « Je suis celle dont le souffle brûle comme le feu du désert. » (parole attribuée à Sekhmet par la tradition mythologique égyptienne, Textes des Sarcophages)»
Faits marquants
- Attestée dès l'Ancien Empire (vers 2700 av. J.-C.) dans les textes religieux et les représentations iconographiques
- Selon le mythe de la Destruction de l'Humanité (Livre de la Vache Céleste), Rê l'envoya punir les hommes ; elle fut arrêtée par la ruse de la bière teintée de sang
- Son principal centre de culte était Memphis, où elle était associée à Ptah et Nefertoum (triade memphite)
- Les prêtres de Sekhmet exerçaient également comme médecins et guérisseurs, unissant pouvoir de destruction et de guérison
- Plus de 700 statues de Sekhmet furent érigées par Amenhotep III (vers 1380 av. J.-C.) dans le temple de Moutt à Karnak
Œuvres & réalisations
Récit central du mythe de Sekhmet, narrant comment elle fut envoyée par Rê pour punir les hommes rebelles. Ce mythe fondateur illustre la toute-puissance destructrice et la nécessité de l'apaisement rituel.
Ensemble de plus de 700 statues en granit noir représentant Sekhmet, commandées par Amenhotep III. Dispersées aujourd'hui dans les plus grands musées du monde, elles constituent l'un des programmes statuaires les plus ambitieux de l'Égypte ancienne.
Ensemble de textes chantés et récités lors des cérémonies annuelles de pacification de la déesse. Ces hymnes, conservés sur papyrus et parois de temples, témoignent de la richesse de son culte sur plus de deux millénaires.
Corpus de prescriptions médicales et magiques transmis sous l'autorité de Sekhmet. Ces textes fondent une tradition médicale sacrée où la guérison relève autant du rite que de la pratique clinique.
Inscriptions et reliefs représentant Ramsès II sous la protection de Sekhmet lors de la bataille de Qadesh. Ces scènes consacrent le rôle de la déesse comme protectrice suprême du pharaon au combat.
Anecdotes
Selon le mythe de la Destruction de l'humanité, Rê envoya Sekhmet pour punir les hommes qui s'étaient rebellés contre lui. La déesse-lionne se déchaîna avec une telle violence que Rê lui-même craignit qu'elle n'anéantisse toute l'humanité. Pour l'arrêter, les dieux inondèrent les champs de bière teintée en rouge, imitant du sang. Sekhmet, trompée, but tout le liquide et s'endormit, sauvant ainsi l'humanité.
Chaque année, lors de la fête du Nouvel An égyptien, les prêtres de Memphis organisaient un rituel appelé 'l'apaisement de Sekhmet'. Des centaines de statues de la déesse étaient ointes d'huile parfumée et des hymnes lui étaient chantés pendant plusieurs jours afin d'éloigner les épidémies et les malheurs pour l'année à venir. Ce rituel témoigne du double visage de Sekhmet : à la fois source de maladie et seule capable de guérir.
Amenhotep III, pharaon du Nouvel Empire (vers 1388-1351 av. J.-C.), fit ériger plus de sept cents statues de Sekhmet à Thèbes, la plupart dans le temple funéraire de Medinet Habou et dans le complexe de Karnak. Ce nombre extraordinaire visait à multiplier les intercessions divines pour protéger le pharaon et l'Égypte tout entière contre les forces du chaos.
Sekhmet était considérée comme la patronne des médecins et des chirurgiens égyptiens, qui portaient le titre de 'prêtres de Sekhmet'. Ils invoquaient la déesse avant chaque intervention, car on croyait que les maladies étaient ses 'flèches' et que seule elle pouvait les rappeler. Cette dualité entre destruction et guérison faisait d'elle une figure ambivalente et redoutée.
Sources primaires
Rê dit : 'Appelle pour moi mon œil, ainsi que Shou, Tefnout, Geb et Nout, ainsi que les pères et mères qui étaient avec moi quand j'étais encore dans le Noun.' Et l'œil de Rê descendit sous la forme de Hathor-Sekhmet pour châtier les hommes.
Salut à toi, Sekhmet-Bastet, grande de magie, maîtresse des deux terres, œil de Rê, toi qui parcours les chemins du feu et qui envoies les flèches de la maladie, mais qui tiens aussi dans ta main le remède.
Le roi est Sekhmet, il s'élance comme la flamme, il frappe comme la lionne, aucun dieu ne peut s'opposer à lui car il est le fils de Rê, protégé par la grande déesse aux deux visages.
Ces formules ont été trouvées dans les écrits du temple de Sekhmet, patronne des médecins. Avant toute intervention, le praticien invoquera la déesse-lionne afin qu'elle daigne retirer ses flèches de maladie du corps du patient.
Lieux clés
Cité principale du culte de Sekhmet, où se trouvait son grand temple lié à celui de Ptah. Memphis était le cœur religieux et politique de l'Égypte pendant l'Ancien Empire.
Site où Amenhotep III fit ériger des centaines de statues de Sekhmet, dont beaucoup sont encore visibles aujourd'hui. Ce complexe témoigne de l'importance de son culte au Nouvel Empire.
Temple funéraire d'Amenhotep III où de nombreuses statues de Sekhmet ont été retrouvées. Ce site illustre la volonté royale de s'assurer la protection permanente de la déesse.
Nécropole royale de l'Ancien Empire où les Textes des Pyramides, premiers documents mentionnant Sekhmet, ont été découverts gravés sur les parois des chambres funéraires.
Temple de l'époque ptolémaïque où des représentations de Sekhmet syncrétisée avec Hathor sont préservées, témoignant de la continuité de son culte jusqu'à l'ère gréco-romaine.
Objets typiques

Instrument de musique à percussion utilisé dans les rituels d'apaisement de Sekhmet. Le son du sistrum était censé calmer la fureur de la déesse et éloigner les forces néfastes.

Sceptre à tête d'animal fantastique symbolisant le pouvoir et la domination divine. Sekhmet est souvent représentée le tenant, signe de son autorité sur la guerre et la maladie.

Coiffe caractéristique de Sekhmet, rappelant son statut de fille de Rê et d'œil du soleil. L'uræus, cobra dressé, symbolise la protection royale et le feu destructeur.

Sekhmet est représentée dans des centaines de statues en granit, assise ou debout, à tête de lionne. Ces statues étaient placées dans les temples pour concentrer sa puissance protectrice.

Symbole égyptien de la vie éternelle que Sekhmet porte parfois dans la main, soulignant sa double nature : déesse de mort et de guérison, capable d'ôter et de donner la vie.

Dans les textes liturgiques, les maladies envoyées par Sekhmet sont appelées ses 'flèches'. Les prêtres-médecins utilisaient des formules magiques pour symboliquement retirer ces flèches du corps des malades.
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Vie quotidienne
Matin
Dans les temples qui lui sont dédiés, l'aube est consacrée à l'ouverture rituelle du naos : les prêtres brisent le sceau de la nuit, lavent et parfument la statue de la déesse, lui offrent des aliments et récitent des hymnes pour accueillir le soleil levant. Ce rituel d'éveil marque la victoire quotidienne de Rê sur les ténèbres, à laquelle Sekhmet participe en tant qu'œil du soleil.
Après-midi
Les prêtres-médecins consacrent l'après-midi à recevoir les malades qui viennent chercher la guérison dans le temple. Des consultations mêlant diagnostic médical et invocation rituelle se tiennent dans des salles spéciales. Des offrandes d'huile, de lait et de fleurs de lotus sont déposées devant les statues de Sekhmet pour obtenir sa faveur guérisseuse.
Soir
Le soir, des libations de bière et de vin sont offertes à Sekhmet lors de rituels destinés à 'apaiser sa fureur' pour la nuit à venir. Des musiciens jouent du sistrum et des chanteurs entonnent des hymnes de pacification. Le grand prêtre scelle à nouveau le naos, confiant le temple et ses fidèles à la protection nocturne de la déesse.
Alimentation
Les offrandes alimentaires faites à Sekhmet comprennent de la viande crue (en rapport avec sa nature de prédateur), du lait de vache, de la bière rouge rappelant le sang du mythe, et des galettes de pain. Les prêtres chargés de son culte observaient des régimes purificatoires stricts incluant jeûnes et abstinences avant les grandes cérémonies.
Vêtements
Sekhmet est représentée vêtue d'une longue robe fourreau en lin rouge, couleur du feu et du sang, serrée à la taille par une ceinture dorée. Sa coiffe est un disque solaire surmonté d'un uræus en or. Les prêtresses en charge de son culte portaient des robes blanches lors des rituels d'apaisement, symbole de pureté face à la force de la déesse.
Habitat
Le temple de Sekhmet à Memphis, adossé au sanctuaire de Ptah, est une forteresse de grès et de granit aux colonnes immenses. L'enceinte comprend un lac sacré, des salles hypostyles, des magasins à offrandes et un sanctuaire intérieur (naos) dans l'obscurité duquel trône la statue cultuelle. Seule la lumière filtrée par d'étroites fentes dans la pierre illumine le visage de pierre de la déesse.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Style monumental de l'art égyptien antique : silhouette hiératique à tête de lionne en robe rouge, coiffée du disque solaire, sur fond de grès ocre gravé de hiéroglyphes, avec des accents en lapis-lazuli et feuille d'or.
Ambiance sonore
L'atmosphère sonore d'un temple de Sekhmet mêle percussions rituelles des sistrums, chants de prêtres, crépitement des lampes à huile et parfums d'encens, ponctués d'un souffle de vent du désert évoquant le rugissement de la lionne.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Cycle mythologique de la Destruction de l'humanité
Attesté vers 1350 av. J.-C. (origine plus ancienne)
Statues colossales d'Amenhotep III
Vers 1370 av. J.-C.
Hymnes liturgiques à Sekhmet (rituels d'apaisement)
Du Moyen Empire à la période ptolémaïque
Formules médicales des prêtres-médecins de Sekhmet
Vers 1550 av. J.-C. (Papyrus d'Ebers)
Reliefs du temple de Karnak (campagnes militaires)
Vers 1274 av. J.-C. (règne de Ramsès II)






