Cinéaste et théoricien soviétique, pionnier du langage cinématographique. Il a révolutionné l'art du film par sa théorie du montage des attractions, illustrée dans des œuvres comme Le Cuirassé Potemkine.
Sergueï Eisenstein(1898 — 1948)
Sergueï Eisenstein
Union soviétique, Empire russe
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« Le montage est l'art de produire un sens nouveau par la collision de deux images.»
Faits marquants
- Naît en 1898 à Riga, dans l'Empire russe.
- Réalise Le Cuirassé Potemkine en 1925, dont la célèbre scène de l'escalier d'Odessa.
- Réalise Octobre (1928) sur la révolution bolchevique de 1917.
- Développe la théorie du montage des attractions, fondement du langage cinématographique moderne.
- Tourne Ivan le Terrible (1944-1946) avant de mourir à Moscou en 1948.
Œuvres & réalisations
Premier long métrage d'Eisenstein, sur une grève ouvrière réprimée. Le héros n'y est plus un individu mais la masse, idée centrale de son cinéma.
Chef-d'œuvre sur la mutinerie de 1905 et sa célèbre scène de l'escalier d'Odessa. Souvent cité parmi les films les plus influents de l'histoire du cinéma.
Reconstitution épique de la révolution de 1917, commandée pour son dixième anniversaire. Eisenstein y pousse à l'extrême son montage « intellectuel ».
Film sur la collectivisation des campagnes et la modernisation agricole. Il illustre la mise du cinéma au service de la politique soviétique.
Vaste projet inachevé sur l'histoire et la culture mexicaines. Les bobines, confisquées, furent montées par d'autres bien plus tard.
Fresque historique sur le prince qui repoussa les chevaliers teutoniques au XIIIe siècle. Son premier film entièrement sonore, avec la musique de Prokofiev.
Diptyque sur le premier tsar de Russie : la première partie fut primée, la seconde interdite par Staline et sortie seulement en 1958.
Essais fondateurs (Le Montage des attractions, La Forme du film, Le Sens du film) qui ont profondément marqué la pensée du cinéma.
Anecdotes
La célèbre scène du massacre sur l'escalier d'Odessa, dans Le Cuirassé Potemkine, n'a jamais eu lieu dans la réalité : Eisenstein l'a entièrement inventée. La scène est devenue si puissante que beaucoup de spectateurs, encore aujourd'hui, croient qu'un vrai massacre s'est déroulé sur ces marches en 1905.
Pour les premières projections du Cuirassé Potemkine en 1925, Eisenstein a fait peindre à la main, image par image, le drapeau hissé sur le navire mutiné pour qu'il apparaisse en rouge vif sur la pellicule en noir et blanc. Ce drapeau rouge, dans un film muet, électrisait littéralement les salles.
En février 1947, Eisenstein et l'acteur Nikolaï Tcherkassov furent convoqués en pleine nuit au Kremlin par Staline en personne, mécontent de la deuxième partie d'Ivan le Terrible. Staline reprochait au film de montrer un tsar hésitant « comme Hamlet » et une garde rapprochée évoquant le Ku Klux Klan : le film fut interdit et ne sortit qu'en 1958, dix ans après la mort du cinéaste.
Invité à Hollywood par la Paramount au début des années 1930, Eisenstein ne tourna aucun film américain. Il partit alors filmer au Mexique un projet ambitieux, ¡Que viva México!, mais le financier Upton Sinclair coupa les vivres et confisqua les bobines : Eisenstein dut rentrer en URSS sans jamais pouvoir monter lui-même ces images.
Eisenstein dessinait sans cesse : il a laissé des milliers de croquis préparatoires pour ses films, certains d'une grande virtuosité. Grand érudit polyglotte, il puisait ses idées de montage aussi bien dans les estampes japonaises que dans les écrits de Marx ou les caricatures de Daumier.
Sources primaires
L'attraction est tout moment agressif du spectacle, c'est-à-dire tout élément qui soumet le spectateur à une action sensorielle ou psychologique vérifiée par l'expérience et calculée pour produire certains chocs émotionnels.
Le montage n'est pas une idée composée de plans successifs, mais une idée qui naît de la collision de deux plans indépendants l'un de l'autre. De la confrontation de deux fragments naît un concept.
Le tsar Ivan était un homme très cruel. On peut le montrer cruel. Mais il faut montrer pourquoi il fallait être cruel.
Je ne me souviens pas d'un temps où je ne dessinais pas. Le crayon m'a toujours accompagné, bien avant la caméra.
Lieux clés
Ville natale d'Eisenstein, alors port prospère de l'Empire russe. Il y grandit dans une famille d'ingénieur avant de partir étudier à Petrograd.
Port de la mer Noire où eut lieu la mutinerie du Potemkine en 1905. Eisenstein y tourna la fameuse séquence de l'escalier, devenu depuis « escalier Potemkine ».
Ancienne capitale impériale où Eisenstein tourna Octobre, reconstituant la prise du Palais d'Hiver de 1917 sur les lieux mêmes des événements.
Pays où Eisenstein tourna le projet inachevé ¡Que viva México! au début des années 1930. L'aventure se solda par la perte du contrôle de ses bobines.
Eisenstein y fut accueilli par la Paramount vers 1930, mais aucun de ses projets américains n'aboutit. Le contraste avec l'industrie hollywoodienne nourrit sa réflexion théorique.
Centre de sa carrière soviétique : théâtre du Proletkult, studios, enseignement au VGIK (école de cinéma). Il y mourut en 1948.
Objets typiques

Caméra à manivelle puis à moteur utilisée pour tourner les plans. Elle est l'outil de base avec lequel Eisenstein capte les fragments qu'il assemblera ensuite.

Bobines de film argentique que l'on coupe et recolle sur une table de montage. C'est là qu'Eisenstein mettait en pratique sa théorie du montage en choquant les plans entre eux.

Eisenstein dessinait des centaines d'esquisses pour préparer ses plans et cadrages. Ces dessins servaient de véritables story-boards avant le tournage.

Plaque de texte insérée entre les images pour donner dialogues, dates ou slogans dans le cinéma muet. Eisenstein s'en servait aussi comme mots d'ordre révolutionnaires.

La poussette d'enfant dévalant les marches dans Le Cuirassé Potemkine est devenue l'un des symboles les plus copiés du cinéma. Objet du quotidien transformé en image de terreur.

Sur les premières copies du Cuirassé Potemkine, le drapeau de la révolte fut colorié en rouge image par image. Emblème de la révolution dans un film en noir et blanc.
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Vie quotidienne
Matin
Lève-tôt et infatigable lecteur, Eisenstein commençait souvent la journée plongé dans des livres d'art, d'histoire ou de psychologie qui nourrissaient ses idées. Sur un tournage, les matinées étaient consacrées à régler minutieusement cadrages et éclairages.
Après-midi
L'après-midi se partageait entre le plateau, la table de montage et l'enseignement au VGIK, l'école de cinéma de Moscou, où il formait les jeunes réalisateurs. Il y disséquait des films plan par plan devant ses étudiants.
Soir
Le soir, Eisenstein écrivait ses essais théoriques, dessinait des centaines de croquis ou recevait des amis artistes pour discuter d'art et de cinéma. Le travail intellectuel ne s'arrêtait jamais vraiment.
Alimentation
Sa vie quotidienne suivait l'ordinaire soviétique des années 1920-1940, marqué par les pénuries et le rationnement, surtout pendant la guerre. Pendant ses voyages au Mexique et aux États-Unis, il découvrit des cuisines très différentes qu'il observait avec curiosité.
Vêtements
On le voit le plus souvent en costume sobre, chemise et cravate, à la mode urbaine de l'époque, parfois en tenue de travail sur le plateau. Sa silhouette reconnaissable tenait surtout à son abondante chevelure ébouriffée.
Habitat
Il vivait dans un appartement moscovite envahi de livres, de gravures et de souvenirs rapportés de ses voyages. Sa bibliothèque, immense, était son véritable atelier de pensée.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Octobre (Dix jours qui ébranlèrent le monde)
1928
¡Que viva México!
1931-1932
Ivan le Terrible
1944-1958






