Philosophe et théologien danois (1813-1855), considéré comme le père de l'existentialisme. Critique du système hégélien et du christianisme institutionnel, il place l'existence individuelle, le choix et la foi au cœur de sa pensée.
Søren Kierkegaard(1813 — 1855)
Søren Kierkegaard
Royaume de Danemark
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« La vie ne peut être comprise qu'en regardant en arrière, mais elle ne peut être vécue qu'en regardant en avant.»
« L'angoisse est le vertige de la liberté.»
Faits marquants
- Né en 1813 à Copenhague dans une famille luthérienne marquée par la piété et la mélancolie du père
- Rupture de ses fiançailles avec Regine Olsen en 1841, événement décisif pour son œuvre
- Publie 'Ou bien... ou bien' (Enten-Eller) en 1843, puis 'Le Concept de l'angoisse' et 'Crainte et tremblement'
- Mène à la fin de sa vie une violente polémique contre l'Église officielle danoise (1854-1855)
- Meurt en 1855 à Copenhague à 42 ans, son œuvre n'étant redécouverte qu'au XXe siècle
Œuvres & réalisations
Œuvre majeure opposant le stade esthétique et le stade éthique de l'existence ; elle lança sa renommée.
Méditation sur le sacrifice d'Abraham et le « saut de la foi », au cœur de sa réflexion religieuse.
Essai philosophique explorant la notion de répétition comme catégorie de l'existence.
Analyse de l'angoisse comme « vertige de la liberté », pionnière pour la psychologie et l'existentialisme.
Court traité sur la foi, la vérité et le paradoxe de l'incarnation, signé Johannes Climacus.
Vaste réponse aux « Miettes », où il développe l'idée que « la subjectivité est la vérité » et critique Hegel.
Étude du désespoir comme maladie spirituelle du « moi », parmi ses textes les plus profonds.
Série de pamphlets de combat contre l'Église officielle danoise, publiés peu avant sa mort.
Anecdotes
Kierkegaard a publié la plupart de ses grands livres sous des pseudonymes farfelus comme Johannes de Silentio, Victor Eremita ou Climacus. Ce n'était pas pour se cacher, mais pour faire parler plusieurs « voix » qui défendaient des visions de la vie opposées, laissant le lecteur choisir lui-même.
En 1841, il rompit ses fiançailles avec Regine Olsen, qu'il aimait pourtant profondément. Cette rupture douloureuse hanta toute son œuvre : il pensait que sa vocation de penseur et sa mélancolie étaient incompatibles avec le mariage, et Regine resta une figure centrale de ses écrits.
À Copenhague, Kierkegaard fut la cible d'un journal satirique, Le Corsaire, qui le caricatura cruellement à cause de ses jambes inégales et de son allure. Devenu la risée des passants dans la rue, il en tira une réflexion sur la souffrance d'être incompris de la foule.
À la fin de sa vie, il dépensa presque toute sa fortune héritée pour mener seul une violente campagne de pamphlets contre l'Église officielle danoise, qu'il jugeait tiède et hypocrite. Il s'effondra dans la rue en 1855 et mourut quelques semaines plus tard, à 42 ans, quasiment ruiné.
Son père, marchand enrichi, était rongé par la culpabilité d'avoir jadis maudit Dieu et commis une faute de jeunesse. Kierkegaard parlait d'une « écharde dans la chair » familiale et d'un « grand tremblement de terre » intérieur qui marqua profondément sa vision angoissée de l'existence.
Sources primaires
Marie-toi, tu le regretteras ; ne te marie pas, tu le regretteras aussi ; marie-toi ou ne te marie pas, tu le regretteras dans les deux cas.
La foi est précisément ce paradoxe que l'individu est plus haut que l'universel.
L'angoisse est le vertige de la liberté.
La vie ne peut être comprise qu'en regardant en arrière, mais elle ne peut être vécue qu'en regardant en avant.
Lieux clés
Ville natale de Kierkegaard, où il passa presque toute sa vie, écrivit son œuvre et mourut. Il aimait y marcher et observer ses habitants.
Où Kierkegaard étudia la théologie et la philosophie et soutint en 1841 sa thèse sur le concept d'ironie chez Socrate.
Kierkegaard s'y rendit en 1841-1842 après sa rupture avec Regine pour suivre les cours du philosophe Schelling et commencer à rédiger « Ou bien… ou bien ».
Cathédrale de Copenhague liée à la vie religieuse de la ville ; Kierkegaard y fut confronté à l'Église d'État qu'il critiquait avec véhémence.
Lieu où Kierkegaard fut inhumé en 1855, dans le caveau familial. Ses funérailles donnèrent lieu à des tensions avec l'Église officielle.
Objets typiques

Kierkegaard rédigeait souvent debout, marchant entre plusieurs pupitres sur lesquels reposaient des manuscrits différents. Cet objet symbolise sa production littéraire fébrile et intense.

Instruments de l'immense œuvre manuscrite de Kierkegaard, qui remplit des milliers de pages de journaux et de livres en une dizaine d'années seulement.

Kierkegaard tenait un vaste journal intime où il notait pensées, prières et réflexions. Ces cahiers sont aujourd'hui une source essentielle pour comprendre sa pensée.

Grand marcheur, Kierkegaard arpentait les rues de Copenhague en discutant avec les passants, ce qu'il appelait ses « bains de foule ». Sa canne accompagnait ces promenades quotidiennes.

Théologien de formation, Kierkegaard plaçait l'Écriture au centre de sa foi et la lisait sans cesse, opposant le christianisme du Nouveau Testament à l'Église officielle de son temps.

Série de feuillets polémiques que Kierkegaard publia et diffusa lui-même à la fin de sa vie pour attaquer l'Église d'État danoise.
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Vie quotidienne
Matin
Kierkegaard se levait pour écrire très tôt, souvent debout à l'un de ses pupitres, dans un appartement bourgeois de Copenhague. Sa plume courait à un rythme fébrile, produisant en quelques heures des pages destinées à ses livres ou à son journal.
Après-midi
L'après-midi, il sortait marcher longuement dans les rues de la ville, ce qu'il appelait ses « bains de foule ». Il y abordait des gens de toutes conditions, observait les passants et nourrissait sa réflexion au contact du peuple.
Soir
Le soir, il retournait à sa table de travail pour relire, corriger et consigner ses pensées dans ses journaux. Il fréquentait parfois le théâtre, qu'il adorait, glissant entre deux actes pour entretenir l'illusion d'une vie oisive.
Alimentation
Issu d'une famille aisée, Kierkegaard mangeait correctement et appréciait le café, qu'il préparait, dit-on, de façon extravagante en remplissant la tasse de sucre. Sa santé fragile et sa vie irrégulière nuisaient toutefois à son équilibre.
Vêtements
Il s'habillait à la mode bourgeoise de Copenhague : redingote, gilet, chapeau haut-de-forme et canne. Sa silhouette un peu voûtée et ses jambes inégales le rendaient reconnaissable et furent moquées par les caricaturistes.
Habitat
Grâce à l'héritage paternel, il vivait dans des appartements confortables qu'il changeait souvent, encombrés de livres et de manuscrits. À la fin de sa vie, ses dépenses et sa campagne contre l'Église épuisèrent presque entièrement sa fortune.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Ou bien… ou bien (Enten-Eller)
1843
Crainte et Tremblement
1843
La Répétition
1843
Le Concept de l'angoisse
1844
Miettes philosophiques
1844
Post-scriptum définitif et non scientifique
1846
La Maladie à la mort
1849






