Suzanne Wenger(1915 — 2009)
Suzanne Wenger
Autriche
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Artiste autrichienne installée au Nigeria, elle devint prêtresse de la religion yoruba et consacra sa vie à restaurer le bois sacré d'Osun à Osogbo, qu'elle peupla de sculptures monumentales. Son œuvre fusionne art moderne européen et spiritualité africaine.
Questions fréquentes
Faits marquants
- Née en 1915 à Graz (Autriche), formée à l'art moderne à Vienne
- S'installe au Nigeria en 1950 et s'initie à la religion yoruba
- À partir des années 1950-1960, restaure et reconstruit le bosquet sacré d'Osun-Osogbo avec des sculptures monumentales
- Le bois sacré d'Osun-Osogbo est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005
- Décédée en 2009 à Osogbo (Nigeria)
Œuvres & réalisations
Œuvre majeure de sa vie : sauver et réenchanter la forêt sacrée, devenue patrimoine mondial de l'UNESCO.
Mouvement qu'elle anima avec des artisans locaux pour créer les sculptures monumentales du bosquet.
Statues colossales en ciment incarnant les divinités yoruba, fusion d'art moderne et de tradition africaine.
Réhabilitation et décoration de nombreux sanctuaires dédiés aux divinités de la ville.
Ouvrage avec Gert Chesi présentant sa vie et la spiritualité yoruba à un public international.
Étoffes teintes à l'indigo qu'elle créa en s'appropriant un savoir-faire yoruba traditionnel.
Anecdotes
Née à Graz en Autriche en 1915, Suzanne Wenger fréquenta l'École des arts appliqués de Vienne et fit partie de l'avant-garde artistique viennoise. Avec la montée du nazisme, son groupe d'artistes, le « Art Club », fut considéré comme dégénéré, ce qui la poussa à chercher ailleurs un terrain de liberté créatrice.
En 1950, elle arriva au Nigeria avec son mari, le linguiste allemand Ulli Beier. Une grave tuberculose faillit l'emporter, mais sa rencontre avec un prêtre yoruba, Ajagemo, bouleversa sa vie : il l'initia aux mystères de la religion traditionnelle et elle décida d'y consacrer son existence.
Wenger devint prêtresse (« Iya Osun ») des divinités yoruba, un honneur rarissime pour une Européenne. Les habitants d'Osogbo l'appelaient « Adunni Olorisha », celle qui est chérie par les dieux, reconnaissant en elle une véritable initiée et non une simple observatrice.
Face aux bulldozers et aux missionnaires qui menaçaient le bois sacré d'Osun, elle organisa avec des artisans locaux la construction de sculptures monumentales en ciment et en argile pour protéger le site. Ce mouvement, le « New Sacred Art », transforma la forêt en un sanctuaire impossible à raser.
En 2005, le bosquet sacré d'Osun-Osogbo qu'elle avait passé un demi-siècle à restaurer fut inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. Elle mourut à Osogbo en 2009, à 94 ans, considérée comme une figure spirituelle majeure par toute une communauté.
Sources primaires
Pour moi, l'art n'est pas une décoration mais une manière d'entrer en relation avec les forces invisibles qui habitent ce lieu.
Les dieux yoruba ne sont pas des idoles : ils sont des présences vivantes dans la forêt, l'eau et la pierre.
Le bosquet, désormais considéré comme le séjour de la déesse de la fertilité Osun, est l'un des derniers vestiges de la forêt primaire du sud du Nigeria.
Lieux clés
Ville natale de Suzanne Wenger, où elle naquit en 1915 avant de se former à l'art.
Capitale où elle étudia les arts appliqués et participa à l'avant-garde de l'Art Club.
Forêt sacrée dédiée à la déesse Osun, qu'elle restaura et peupla de sculptures pendant un demi-siècle. Classée à l'UNESCO en 2005.
Ville yoruba où Wenger vécut, devint prêtresse et anima le mouvement artistique d'Osogbo. Elle y mourut en 2009.
Grande ville du Sud-Ouest où elle séjourna à son arrivée au Nigeria avec Ulli Beier.
