Vittorio De Sica (1901-1974) est un réalisateur, scénariste et acteur italien, figure majeure du néoréalisme. Son film *Le Voleur de bicyclette* (1948) est considéré comme un chef-d'œuvre du cinéma mondial.
Vittorio De Sica(1901 — 1974)
Vittorio De Sica
Italie, France, royaume d'Italie
6 min de lecture
Questions fréquentes
Faits marquants
- Né le 7 juillet 1901 à Sora (Italie), mort le 13 novembre 1974 à Neuilly-sur-Seine (France)
- Débute comme acteur de théâtre et de cinéma dans les années 1920-1930
- Réalise *Sciuscià* (1946), récompensé d'un Oscar d'honneur du meilleur film étranger
- Réalise *Le Voleur de bicyclette* (1948), manifeste du néoréalisme et Oscar d'honneur en 1950
- Remporte plusieurs Oscars du meilleur film en langue étrangère, dont *Hier, aujourd'hui et demain* (1964) et *Le Jardin des Finzi-Contini* (1971)
Œuvres & réalisations
Récit déchirant de deux cireurs de chaussures dans la Rome de l'après-guerre. Premier grand succès néoréaliste de De Sica, récompensé par un Oscar d'honneur.
Chef-d'œuvre absolu du néoréalisme : un homme cherche dans Rome le vélo volé dont dépend son emploi. Tourné avec des acteurs non professionnels.
Fable poétique et fantastique sur des pauvres d'un bidonville. Récompensé par le Grand Prix au Festival de Cannes.
Portrait sobre et bouleversant d'un vieux retraité solitaire et de son chien. Sommet du néoréalisme, mais critiqué par le pouvoir politique.
Drame sur une mère et sa fille pendant la guerre, qui valut à Sophia Loren l'Oscar de la meilleure actrice, une première pour un rôle non anglophone.
Comédie en trois épisodes avec Sophia Loren et Marcello Mastroianni, couronnée par l'Oscar du meilleur film étranger.
Comédie dramatique napolitaine, de nouveau portée par le duo Loren–Mastroianni, grand succès international.
Drame sur une famille juive italienne face aux lois raciales fascistes. Ours d'or à Berlin et Oscar du meilleur film étranger.
Anecdotes
Pour *Le Voleur de bicyclette*, le puissant producteur américain David O. Selznick proposa de financer le film à condition que la vedette Cary Grant tienne le rôle principal. De Sica refusa et choisit Lamberto Maggiorani, un véritable ouvrier d'usine sans expérience d'acteur, pour incarner Antonio Ricci. Il voulait des visages vrais, pas des stars.
L'enfant Bruno, le petit garçon qui suit son père à travers Rome, fut joué par Enzo Staiola, que De Sica remarqua par hasard dans la rue alors qu'il observait le tournage. Sa démarche un peu lourde et son visage attentif séduisirent aussitôt le réalisateur.
De Sica était un joueur invétéré, passionné de jeux d'argent et souvent endetté. Pour éponger ses dettes et financer ses films d'auteur, peu rentables au box-office, il acceptait de tourner comme acteur dans de nombreuses comédies populaires.
À la sortie d'*Umberto D.* (1952), qui montrait la détresse d'un vieux retraité sans ressources, le sous-secrétaire d'État Giulio Andreotti accusa publiquement De Sica d'avoir rendu « un mauvais service à sa patrie » en étalant la misère de l'Italie. Le cinéaste assuma pleinement son regard sur les humbles.
Avant de devenir le maître du néoréalisme, De Sica fut une grande vedette du cinéma italien des années 1930, idole féminine des « téléphones blancs », ces comédies élégantes et légères tournées dans des décors luxueux, à mille lieues des rues pauvres qu'il filmerait plus tard.
Sources primaires
Le Voleur de bicyclette est un des premiers exemples de cinéma pur : plus d'acteurs, plus d'histoire, plus de mise en scène, c'est-à-dire enfin, dans l'illusion esthétique parfaite de la réalité, plus de cinéma.
Si l'on combat le mal en en montrant crûment les aspects les plus durs, De Sica a rendu un mauvais service à sa patrie, que l'on connaît aussi pour bien d'autres choses que ses misères.
Le rêve le plus profond du néoréalisme, c'est de raconter quatre-vingt-dix minutes de la vie d'un homme à qui il n'arrive rien.
Lieux clés
Petite ville du Latium où naît Vittorio De Sica en 1901, dans une famille modeste qui connaîtra des difficultés financières.
Ville où De Sica passe une partie de sa jeunesse et qui marque sa sensibilité ; le sud populaire de l'Italie inspirera nombre de ses films, comme Mariage à l'italienne.
Cœur de la carrière de De Sica et décor du Voleur de bicyclette, tourné dans ses rues et ses quartiers populaires d'après-guerre.
Grands studios de cinéma de Rome, fondés en 1937. Symbole du cinéma italien, ils côtoient le néoréalisme qui, lui, préférait filmer dehors, dans la rue.
Commune de la banlieue parisienne où Vittorio De Sica meurt en 1974, à l'âge de 73 ans.
Objets typiques

Vélo indispensable au héros du Voleur de bicyclette pour garder son emploi de colleur d'affiches. Son vol déclenche toute l'intrigue et symbolise la fragilité des pauvres dans l'Italie d'après-guerre.

Le néoréalisme sort la caméra des studios pour filmer dans les rues, parmi la foule réelle. De Sica tournait en décors naturels, au plus près de la vie quotidienne.

Dans Le Voleur de bicyclette, Antonio colle une affiche du film américain Gilda avec Rita Hayworth juste avant qu'on lui vole son vélo. L'image du rêve hollywoodien contraste avec la misère du personnage.

Objet emblématique des comédies italiennes des années 1930, dites « téléphones blancs », dans lesquelles De Sica fut une vedette élégante. Le téléphone blanc, signe de luxe, symbolisait un cinéma de divertissement coupé du réel.

Outil qui marque le début de chaque prise et synchronise l'image et le son. De Sica, exigeant, multipliait parfois les prises pour obtenir le naturel de ses acteurs amateurs.

De Sica reçut quatre récompenses de l'Académie américaine, dont deux Oscars d'honneur pour Sciuscià et Le Voleur de bicyclette, à une époque où la catégorie du meilleur film étranger n'existait pas encore officiellement.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Cinéaste-acteur infatigable, De Sica commençait souvent sa journée par des repérages dans les rues de Rome, à la recherche de décors naturels et de visages authentiques. Il aimait observer les passants, persuadé qu'un vrai ouvrier jouait mieux la misère qu'une star.
Après-midi
L'après-midi se passait sur le plateau ou en extérieur, à diriger avec patience des acteurs souvent amateurs. De Sica leur montrait lui-même les gestes, mimant chaque scène, multipliant les prises pour obtenir un naturel parfait.
Soir
Le soir, l'élégant De Sica fréquentait les salons mondains, les théâtres et, surtout, les casinos. Joueur passionné, il y perdait des sommes qui le poussaient à enchaîner les tournages d'acteur pour renflouer ses comptes.
Alimentation
Comme beaucoup d'Italiens de son temps, il appréciait la cuisine méditerranéenne, les pâtes et les plats simples du sud. Mais sa vie sociale le menait aussi vers les bonnes tables des restaurants romains et des palaces.
Vêtements
Réputé pour son élégance, De Sica portait costumes bien coupés, cravates soignées et chapeaux, gardant l'allure du séducteur de comédie qui l'avait rendu célèbre dans les années 1930.
Habitat
Il vivait principalement à Rome, capitale du cinéma italien, et séjournait souvent à l'étranger pour ses tournages et coproductions. Ses dernières années le menèrent jusqu'en région parisienne.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Sciuscià (Le Garçon aux semelles d'or)
1946
Le Voleur de bicyclette
1948
Miracle à Milan
1951
Umberto D.
1952
La Ciociara
1960
Mariage à l'italienne
1964






