Yayoi Kusama est une artiste plasticienne japonaise née en 1929 à Matsumoto. Pionnière de l'art psychédélique et du pop art, elle est connue pour ses œuvres obsessionnelles à motifs de pois et ses installations immersives en miroirs. Elle vit volontairement depuis 1977 dans un hôpital psychiatrique à Tokyo, tout en continuant à créer.
Yayoi Kusama(1929 — ?)
Yayoi Kusama
Japon
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Questions fréquentes
Citations célèbres
« L'art est une façon de survivre.»
« Ma vie est un pois perdu parmi des milliers d'autres pois.»
Faits marquants
- Née le 22 mars 1929 à Matsumoto, préfecture de Nagano, Japon
- S'installe à New York en 1958 et fréquente les milieux de l'avant-garde (Andy Warhol, Donald Judd)
- Organise des happenings et performances contestataires contre la guerre du Vietnam dans les années 1960
- Retourne au Japon en 1973 et s'installe volontairement dans un établissement psychiatrique en 1977
- Devient l'une des artistes vivantes les plus cotées au monde au XXIe siècle, notamment grâce à ses Infinity Mirror Rooms
Œuvres & réalisations
Série de toiles monumentales entièrement recouvertes à la main d'un réseau obsessionnel de petits arcs formant des filets. Ces œuvres fondatrices établissent le principe de répétition infinie qui caractérise toute son œuvre.
Fauteuil recouvert de centaines de formes phalliques en tissu blanc bourré de ouate. Cette sculpture d'accumulation provocatrice est l'une des premières à matérialiser la compulsion répétitive au cœur de sa démarche.
Première 'Infinity Mirror Room' : une pièce entière tapissée de miroirs, au sol couvert de phallus rouges à pois blancs. Le visiteur se retrouve entouré de son propre reflet multiplié à l'infini, expérience à la fois inquiétante et fascinante.
Installation à la Biennale de Venise composée de 1 500 sphères en acier inoxydable disposées dans un jardin. Kusama les vendait illégalement à 2 dollars pièce, dénonçant la marchandisation de l'art — elle fut expulsée par les organisateurs.
Salle immersive entourée de miroirs sur ses quatre faces et sur le sol (plan d'eau), parsemée de centaines de petites lumières suspendues. L'expérience crée une sensation de flottement dans un univers infini de lumières.
Série de grandes peintures colorées présentant des formes végétales et organiques en pois multicolores sur fond noir. Exposée au Gagosian Gallery, elle marque l'apogée de son retour triomphal sur la scène internationale.
Sculptures de tulipes géantes à pois blancs et noirs installées à l'extérieur du Musée Matsumoto. Cette œuvre monumentale dans sa ville natale symbolise la réconciliation de Kusama avec le Japon qui l'avait longtemps ignorée.
Anecdotes
Dès l'enfance, Yayoi Kusama était sujette à des hallucinations : elle voyait les fleurs lui parler et les motifs se multiplier à l'infini autour d'elle. Pour tenter de maîtriser ces visions terrifiantes, elle commença à les reproduire obsessionnellement sur le papier — c'est ainsi que naquirent ses célèbres motifs de pois.
En 1958, Kusama écrivit une lettre à Georgia O'Keeffe, artiste américaine qu'elle admirait, lui demandant conseil pour percer à New York. O'Keeffe lui répondit et l'encouragea. Kusama traversa l'océan avec quelques tableaux cousus dans ses vêtements, n'ayant presque aucun argent.
Dans les années 1960, Kusama organisa des 'happenings' provocateurs à New York, notamment sur les marches du Congrès américain, où elle peignait des pois sur des manifestants nus en signe de protestation contre la guerre du Vietnam. Ces actions lui valurent autant la célébrité que des démêlés avec la police.
En 1977, alors qu'elle aurait pu mener une carrière internationale confortable, Kusama choisit volontairement d'intégrer un hôpital psychiatrique à Tokyo. Elle y réside encore aujourd'hui, traversant la rue chaque matin pour rejoindre son atelier et créer sans relâche. Elle explique que l'art est sa seule thérapie.
En 2014, une de ses toiles 'Infinity Nets' se vendit aux enchères pour plus de 7 millions de dollars, faisant d'elle l'artiste vivante la plus chère au monde. Pourtant, elle continue de peindre à la main, couvrant des toiles immenses de ses pois inlassablement répétés, comme une méditation visuelle sans fin.
Sources primaires
I, Kusama, am the modern Alice in Wonderland. The polka dot has the form of the sun, which is a symbol of the energy of the whole world and our living life, and also the form of the moon, which is calm. Round, soft, colorful, senseless and unknowing. Polka dots become movement.
I am a young Japanese artist who has just come to the United States. I am a poor artist and I work very hard painting... Would you be so kind as to give me some advice on how to promote my work in this new country?
Our earth is like one polka dot among a million stars in the cosmos. Polka dots are a way to infinity. When we obliterate nature and our bodies with polka dots, we become part of the unity of our environment.
Art-making is my reason for existence and my way of expressing my feelings. I paint myself into existence. Without art, I might not be here at all.
Lieux clés
Ville natale de Kusama, entourée de montagnes, où elle grandit dans une famille conservatrice. C'est là que se manifestèrent ses premières hallucinations et que naquit sa vocation artistique malgré l'opposition de sa mère.
Kusama y vécut de 1958 à 1973 et y connut son apogée créatif, côtoyant Andy Warhol, Donald Judd et Claes Oldenburg. C'est à New York qu'elle inventa ses happenings, ses sculptures d'accumulation et ses premières Infinity Rooms.
Situé en face de l'hôpital psychiatrique où elle réside, cet atelier est le cœur de sa production actuelle. Elle s'y rend chaque jour pour peindre, entourée de son équipe, produisant des séries de grands formats.
Kusama y participa à plusieurs reprises, notamment en 1966 où elle vendit illégalement 1 500 boules d'or dans les jardins, et en 1993 où elle représenta officiellement le Japon, obtenant une consécration internationale.
Ouvert en 2017 dans le quartier de Shinjuku, ce musée est entièrement consacré à son œuvre. Il accueille des expositions permanentes et temporaires de ses peintures, sculptures et installations immersives.
Objets typiques

Kusama travaille avec des pinceaux très fins pour tracer ses inlassables réseaux de points et de filets. Ces outils simples sont à l'origine de toiles monumentales qui peuvent nécessiter des mois de travail répétitif.

Ses 'Infinity Nets' sont peintes sur des toiles parfois de plusieurs mètres, entièrement recouvertes à la main d'un seul motif répété. La taille de la toile amplifie l'effet hypnotique de la répétition obsessionnelle.

Élément central de ses 'Infinity Mirror Rooms', les miroirs permettent de démultiplier à l'infini lumières, pois et silhouettes. Kusama les utilise pour matérialiser ses hallucinations et abolir les frontières entre le corps et l'espace.

Pour ses installations participatives, Kusama fournit au public des pastilles autocollantes rondes à apposer sur les murs, les objets et parfois les autres visiteurs. Ce geste collectif transforme l'espace entier en œuvre d'art vivante.

Signature visuelle immédiatement reconnaissable, la perruque rouge portée par Kusama lors de ses performances et apparitions publiques est devenue une icône. Elle fait partie intégrante de son identité artistique construite depuis les années 1960.

Depuis l'enfance, Kusama remplit des carnets de dessins compulsifs pour exorciser ses hallucinations. Ces archives intimes témoignent de l'origine thérapeutique de son art et constituent une source documentaire précieuse pour comprendre sa démarche.
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Vie quotidienne
Matin
Depuis son installation volontaire à l'hôpital psychiatrique Seiwa en 1977, Kusama se lève tôt le matin dans sa chambre sobre. Elle prend un petit-déjeuner léger, puis traverse la rue pour rejoindre son atelier privé de Shinjuku, une routine immuable qui structure sa journée et lui procure un sentiment de sécurité.
Après-midi
L'après-midi est consacré au travail intensif : Kusama peint assise ou debout devant ses grandes toiles, armée de ses pinceaux fins, reproduisant inlassablement ses motifs de pois et de filets. Elle est entourée d'assistants qui préparent les toiles et gèrent la logistique, mais la peinture elle-même reste toujours de sa main.
Soir
Le soir, Kusama rentre à l'hôpital, où elle dîne et se repose. Elle note parfois ses idées et rédige des textes poétiques dans ses carnets. Elle a également publié des romans et des recueils de poèmes, preuve que son activité créatrice ne s'arrête jamais vraiment, même hors de l'atelier.
Alimentation
Kusama suit un régime simple et sans excès, cohérent avec sa vie à l'hôpital. Elle apprécie la cuisine japonaise traditionnelle — riz, légumes, poisson — et évite les repas trop chargés qui pourraient perturber sa concentration. La régularité des repas fait partie du cadre rassurant qu'elle s'est construit.
Vêtements
Kusama est célèbre pour ses tenues extravagantes entièrement couvertes de pois, qu'elle conçoit elle-même pour se fondre dans ses propres œuvres. Sa perruque rouge vive est sa signature la plus reconnaissable. En dehors des apparitions publiques, elle porte des vêtements confortables dans les mêmes tonalités colorées.
Habitat
Depuis 1977, Kusama réside volontairement dans un hôpital psychiatrique à Tokyo, par choix et non par contrainte. Sa chambre est simple, presque monastique. Ce cadre institutionnel lui procure la stabilité et la sécurité dont elle a besoin pour créer. Elle décrit cet environnement comme la condition même de sa survie et de sa productivité artistique.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Style visuel
Univers visuel psychédélique et hypnotique dominé par les pois obsessionnels en couleurs saturées, les reflets infinis dans les miroirs et la répétition comme principe esthétique fondateur.
Ambiance sonore
Ambiance sonore entre le silence méditatif de l'atelier tokyoïte de Kusama — le geste répétitif du pinceau sur la toile — et le bourdonnement lumineux de ses salles aux miroirs infinis.
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Infinity Nets
À partir de 1958
Infinity Mirror Room — Phalli's Field
1965
Narcissus Garden
1966
Infinity Mirror Room — Fireflies on the Water
2002






